Salaires : les cadres profitent de meilleures augmentations en 2018

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L’épargne salariale progresse pour la deuxième année consécutive, de l’ordre de 5% à 10% en 2018 selon Deloitte.
L’épargne salariale progresse pour la deuxième année consécutive, de l’ordre de 5% à 10% en 2018 selon Deloitte. (Crédits : REUTERS/Gonzalo Fuentes)
Les salaires des cadres du secteur privé devraient connaître une hausse de 2,5% en 2018, contre 2,2% pour les non-cadres, selon une récente étude de Deloitte. Les bonnes performances économiques de la France en 2017 expliquent en partie cette évolution.

Les indicateurs de l'emploi des cadres sont au vert. Alors que les embauches sont au plus haut, selon les derniers chiffres de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), la dernière (*) étude du cabinet Deloitte indique que les salaires des cadres français ont augmenté de 2,5% cette année et de 2,2% pour les non-cadres, en légère hausse par rapport à 2017 (valeur médiane). Les hausses les plus importantes concernent les rémunérations des cadres du troisième quartile (+4,7%) et celles des cadres supérieurs du troisième quartile également (+4,5%). La conjoncture française, très favorable en 2017 avec une croissance à 2,3%, a contribué à la hausse des salaires dans le privé.

> Lire aussi : Les embauches des cadres au plus haut. Oui, mais...

Baisse des cotisations

Pour expliquer cette hausse des rémunérations, qui comprennent les hausses générales et individuelles, les auteurs de l'étude soulignent que la suppression des cotisations salariales d'assurance-maladie de 0,75 % et la baisse des cotisations salariales d'assurance-chômage de 2,40 % à 0,95 % , qui seront totalement supprimées à partir du premier octobre prochain, ont permis d'améliorer les salaires du privé. Par ailleurs, l'inflation, qui en 2017 a été de 1,03%, a profité au pouvoir d'achat des salariés qui ont reçu une augmentation.

En revanche, en ce qui concerne les rémunérations variables individuelles (bonus), le cabinet note une légère baisse de 6% à 8%. La part du bonus dans la rémunération individuelle peut varier cette année entre 8% et 28% en fonction des niveaux de responsabilité. Enfin, l'étude de Deloitte précise que, après plusieurs années de baisse (2012 à 2017), l'épargne salariale progresse pour la deuxième année consécutive de l'ordre de 5 à 10%, "ce qui représente une hausse moyenne de 200 à 300 euros."

Discriminations salariales

Les inégalités salariales entre les hommes et les femmes dans les entreprises sont toujours aussi visibles malgré la persistance des débats et les moyens de communication déployés pour vanter quelques efforts. Selon le document, l'écart salarial entre les les hommes et les femmes reste de 3,3% (entre 1,9% et 5,3% selon le niveau de responsabilité). Cette différence est légèrement moins marquée dans les entreprises avec un chiffre d'affaires de plus de 1 milliard d'euros (3,1%).

Deloitte note également de sérieuses différences entre les régions françaises. L'écart entre l'Ile-de-France et les autres régions se maintient entre 5% et 6%. La taille de l'entreprise peut également être un facteur important pour expliquer les écarts de salaires.

"L'écart de rémunération observé est de l'ordre de 10 points en salaire de base entre les PME (moins de 50 millions d'euros de CA) et les grandes entreprises (plus de 1 milliard d'euros de CA)."

> Lire aussi : Atteindre l'égalité salariale en 2022 : mission impossible ?

Les entreprises favorables aux augmentations individuelles

Les résultats de l'enquête indiquent que les entreprises sont de plus en plus favorables aux hausses individuelles de rémunération. Pour 2018, 44% des entreprises interrogées envisagent des augmentations individuelles pour les non-cadres et elles sont 63% à prévoir de telles hausses pour les cadres.

"Moins d'une entreprise sur deux déclare cette année vouloir appliquer un mix d'augmentations individuelles et générales. Et même dans ce cas, la part individuelle représente entre la moitié et les deux tiers de l'augmentation."

L'amélioration de la conjoncture française et la nécessité de fidéliser les collaborateurs les plus performants ont incité les entreprises à favoriser des augmentations individuelles.

Des prévisions favorables

Malgré des prévisions de croissance revues à la baisse pour 2018 et un net ralentissement de l'activité française au cours du premier semestre, les chefs d'entreprise restent confiants pour cette année. Par rapport aux prévisions de l'automne dernier, les rédacteurs de l'étude expliquent que  les prévisions d'augmentation sont en légère reprise (entre 1,2% et 2%).

"Ces prévisions sont encourageantes car pour la première fois depuis 2015, les sociétés prévoient une augmentation de 2%" pour les non-cadres, les cadres et les cadres supérieurs. Deloitte souligne que "l'inflation (1,7% selon la dernière projection du gouvernement) plus haute que l'année dernière (1.03%) a probablement incité les entreprises à revoir leurs pratiques."

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(*) L'étude de rémunération 2018 de Deloitte repose sur l'analyse d'un million de bulletins de paie (plus de 400 entreprises) au sein des principaux secteurs d'activité (grande consommation, industrie de la santé, industrie de transformation, assurance, énergie, distribution...).

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Commentaires
a écrit le 01/09/2018 à 10:25 :
Avant ou après impots? Parce que 2.5% taxés à 30% ça fait moins que 2.2% taxés à 14% ce qui signifie que de fait les non cadres rattrapent les cadres en pouvoir d'achat.
a écrit le 31/08/2018 à 22:57 :
Sauf chez Orange ou aucune organisation syndicale, même les pseudo syndicats CFDT ET CGC c’est dire, n’a signé l’accord salarial 2018 tellement il est scandaleux, sauf pour les dirigeants : plan d’act Gratuites que pour eux, cadeau de 30000 euros cash et séminaires festifs « all over the world » en fonction des événements festifs planétaires
a écrit le 31/08/2018 à 15:37 :
Oui, c'est vrai , on nous parle des salaires des cadres du privé alors qu'en France , ils ne suivent pas l'inflation à tel point que la France est en train de devenir la base arrière du développement "offshore" des startups IT franco-américaine.
Mais certains en auront bien profité comme les grands patrons de ssii dont la fortune est unique en France par rapport à la taille du pays : "exception bien française" .
Réponse de le 01/09/2018 à 19:40 :
Exact Maxime, c'est d'autant plus un problème de payer mal les ingénieurs IT que cela a conduit à une baisse du niveau dans le secteur et au final, à une faible attractivité de la France par rapport aux USA.
Or , l'Europe a un besoin quasi vital de GAFAM européens face aux USA et à la Chine et cela passe évidemment par une revalorisation de leurs rémunérations par rapport notamment aux fonctions commerciales.
Il en va de la souveraineté de la zone Euro et de sa prospérité future.
Les SSII en France qui ont pourvu l'essentiel des compétences IT depuis une trentaine d'années, exception bien française, ont faire croire que la mutualisation allez aboutir à une baisse des coûts pour les entreprise clientes. Il n'en ai rien car une grande partie de la compétence recherchée reste l'expertise de consultants extérieurs , expertise qui ne bénéficie pas des économies d'échelles .
Je pense qu'au final , il est urgent pour les pouvoirs publics de limiter l'effet parasitaire de ce type de structure, en restreignant fortement la délégation de main d'oeuvre technique, comme en Allemagne.
Cela permettrait de revaloriser ses professions en évitant accessoirement à quelques grands patrons de SSII de littéralement se goinfrer sur le gras de consultants trop naïfs.....
a écrit le 30/08/2018 à 20:26 :
Cela fait trente ans que les salaires du privé connaissent une augmentation annuelle de cet ordre (disons entre 1,5 et 2,5%) basée sur la bonne blague d'une inflation qui ne dépasse pas ces chiffres. Les RH sont très forts pour expliquer que la faible inflation ne justifie donc en rien une révision des salaires, alors que justement l'indexation de ceux-ci a été abandonnée. Il n'y a donc rien de nouveau sous le soleil. Par ailleurs, il faudrait aussi voir combien de cadres seront réellement augmentés. Comparez les salaires en Allemagne ou en Suisse pour les cadres et reparlons en....
a écrit le 30/08/2018 à 14:16 :
augmentation payees avec les baisses de charges des bas salaires ??????,et eux ne supportent pas la CSG à 1,8 puiqu'elle est deductible ,,,,,,,

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