En première ligne face aux crises, les dépenses des collectivités s'accroissent
César Armand
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En novembre dernier, pour protester contre les coupes budgétaires prévues par le gouvernement Barnier, les maires, réunis en congrès porte de Versailles, avaient revêtu un ruban noir par-dessus leur écharpe tricolore.
En 2024, les dépenses des élus locaux continuent d'augmenter, tandis que leurs recettes s'avèrent de moins en moins dynamiques. C’est du moins ce qui ressort du prérapport de l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGL).
EXCLUSIF. C'est un document que les collectivités attendent, chaque année, avec impatience en prévision des négociations avec le gouvernement sur la loi de finances : le prérapport de l'Observatoire des finances et de la gestion publique locale (OFGL). Ce document est réalisé sous la direction d'André Laignel, maire (PS) d'Issoudun, premier vice-président délégué de l'association des maires de France et président du Comité des finances locales (CFL). Cette instance, composée d'élus locaux et de hauts fonctionnaires, doit se réunir, ce mercredi 18 juin, pour plancher sur cette étude.
Une note synthétique, que La Tribune s'est procurée, qui a surtout l'avantage d'offrir une première photographie des finances locales en 2024, co-préparée par la direction générale des collectivités locales du ministère de l'Intérieur. D'emblée, l'édile André Laignel et son rapporteur Jean-Léonce Dupont, président (UDI) du département du Calvados, « souhaitent attirer l'attention des lecteurs sur la détérioration des situations financières des collectivités locales ».
Des dépenses de fonctionnement en augmentation
Et pour cause : les dépenses de fonctionnement ont, au global, augmenté de 3,9 % en 2024. Ces dernières couvrent la rémunération des agents (le principal poste de coûts), les intérêts des prêts souscrits auprès des banques, les dépenses d'entretien et de fourniture et divers frais de fonctionnement.
L'an dernier, la rémunération des agents a ainsi représenté 37 % des dépenses de fonctionnement et progressé de 4,4 %. Ce n'est rien d'autre que la résultante du dégel du point d'indice des fonctionnaires en année pleine et entière, c'est-à-dire la conséquence de l'augmentation des agents du service public décidée unilatéralement par l'État.
Pour ce qui est des intérêts des prêts souscrits auprès des banques, les charges financières ont progressé de 13,9 % comme en 2023 (+29,4 %) après une décennie de baisse. Là encore, l'explication est toute trouvée : l'accroissement des taux d'intérêt, depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine à l'hiver 2022, renchérit à la fois les nouveaux emprunts et la partie du stock de dette indexée.
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