Enseignement : peu d'enseignants manquants en France mais des difficultés croissantes
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La pénurie d’enseignants est concentrée dans certaines académies comme Créteil et Versailles.
Tomas Stevens/ABACAPRESS.COM
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La pénurie d’enseignants est concentrée dans certaines académies comme Créteil et Versailles.
Tomas Stevens/ABACAPRESS.COM
Malgré les alertes récurrentes sur la crise du recrutement dans l'Education nationale, la France se distingue par un taux de postes vacants d'enseignants parmi les plus bas des pays de l'OCDE, selon le rapport annuel « Regards sur l'éducation 2025 » de l'organisation.
Le rapport révèle que 816 postes d'enseignants n'étaient pas pourvus au début de l'année scolaire 2021-2022, ce qui représente à peine 0,1 % du total des enseignants, un chiffre nettement inférieur à celui de la Suède, où le taux atteint 5 %, avec 6 704 postes non pourvus. L'Autriche et les Pays-Bas connaissent également des difficultés de recrutement bien plus importantes.
Cependant, cette relative bonne santé statistique cache une réalité plus complexe. L'OCDE note une augmentation significative du nombre de postes vacants dans l'Hexagone, passant à environ 2 500 actuellement. Cette tendance s'est accentuée après une réforme de la formation des enseignants qui a élevé le niveau de recrutement au master. Face à cette situation, le gouvernement, par l'intermédiaire de la ministre de l'Éducation, a lancé une nouvelle réforme visant à rendre le métier accessible dès le niveau bac+3.
(Avec AFP)
Le rapport de l'OCDE met en lumière une spécificité française : la pénurie d'enseignants n'est pas uniforme sur le territoire, mais se concentre sur quelques académies très spécifiques. Les académies de Créteil, Versailles, Mayotte et la Guyane sont particulièrement touchées, signalant une problématique de répartition plus que de volume global. Cette concentration géographique des difficultés de recrutement constitue un défi majeur pour l'équité du système éducatif.
Parallèlement à ces enjeux, l'OCDE observe un autre paradoxe : le faible taux de démission des enseignants français. Bien que ce taux ait augmenté ces dernières années, passant de 1 002 démissions en 2014-2015 à 2 836 en 2021-2022, il reste très faible comparé à d'autres pays européens comme la Lituanie, le Danemark, l'Estonie ou l'Angleterre, où les démissions peuvent atteindre jusqu'à 10 % par an. Cette faible mobilité professionnelle, ancrée dans la culture du pays, contribue à la stabilité du corps enseignant mais pourrait aussi masquer un manque d'attractivité pour les jeunes talents.
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En marge des questions de recrutement, le rapport met en évidence l'élévation globale du niveau d'éducation de la population française. L'étude confirme que plus d'un jeune sur deux en France détient désormais un diplôme de l'enseignement supérieur, et plus d'un sur quatre a obtenu un master. Ces chiffres sont en nette progression par rapport à 2019, où seulement 20 % des jeunes avaient un master, et se situent au-dessus de la moyenne de l'OCDE.

Malgré ces avancées, les analystes de l'OCDE pointent un paradoxe préoccupant. Le rapport fait état d'une stagnation, voire d'une diminution, des compétences essentielles des adultes, notamment en littératie (compréhension de l'écrit) et en numératie (compréhension mathématique). Cette « crise des compétences » touche l'ensemble des pays de l'OCDE, qui, malgré l'augmentation du niveau de formation, peinent à garantir l'acquisition de ces compétences fondamentales, un constat qui fait écho à la baisse des performances des élèves français observée dans les études Pisa.
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