Éducation nationale : le gouvernement renonce aux 4.000 suppressions de postes
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François Bayrou s'est finalement dit « prêt à renoncer à cette proposition de suppression des 4.000 postes dans l'Éducation nationale ».
Benoit Tessier
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François Bayrou s'est finalement dit « prêt à renoncer à cette proposition de suppression des 4.000 postes dans l'Éducation nationale ».
Benoit Tessier
L'annonce, prévue par le précédent gouvernement dans son budget 2025, avait fait grand bruit auprès des enseignants. François Bayrou s'est finalement dit « prêt à renoncer à cette proposition de suppression des 4.000 postes dans l'Éducation nationale », lors de sa déclaration de politique générale devant le Sénat mercredi - au lendemain de celle prononcée devant les députés. Le Premier ministre répondait au chef de file des sénateurs PS, Patrick Kanner.
Il a toutefois averti qu'il y avait « un gros travail à faire sur l'attractivité » car « les postes que nous mettons au concours, nous n'arrivons pas à les remplir ». « Je sais (...) quelle est la faiblesse des salaires de l'Éducation nationale. Est-ce que nous pouvons redresser tout ça ? Je crois en tout cas que nous pouvons y travailler. Mais les enjeux budgétaires sont considérables », a ajouté le chef du gouvernement.
Devant les députés mardi, François Bayrou avait déjà affirmé qu'on « ne peut pas durablement imaginer que le nombre des élèves baisse sans qu'on adapte modérément ». Interrogé par le patron des députés PS, Boris Vallaud, il avait promis qu'il n'y aurait « pas un enseignant de moins devant les classes » et assuré qu'il n'y aurait « pas de baisse des postes mis aux concours pour le recrutement » en 2025.
De même, dans une interview au Parisien publié mercredi soir, la ministre de l'Éducation Élisabeth Borne, qui avait affirmé début janvier vouloir « se battre » pour maintenir les effectifs de l'éducation nationale, a de nouveau confirmé que le gouvernement allait « revenir » sur cette suppression. « Nous allons vers une stabilité des effectifs », a-t-elle déclaré. « Ce qui, dans le contexte de la baisse démographique, revient à augmenter le taux d'encadrement des élèves ».
« Et dans le même temps, nous allons créer 2.000 postes d'AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap) pour poursuivre la dynamique de l'école inclusive », a-t-elle promis. Elle a d'ailleurs assuré vouloir mettre « à l'agenda social » des discussions pour pouvoir proposer un « vrai parcours professionnel » à ces personnels.
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Invitée à chiffrer le coût de ces mesures, Élisabeth Borne a indiqué que revenir sur la suppression représentait « 150 millions d'euros en année pleine ». « Avec ces deux mesures, le budget de l'Éducation nationale est sanctuarisé, c'est un geste fort de la part du gouvernement pour l'école et nos enfants », a-t-elle dit.
L'exécutif esquisse ainsi un geste envers la gauche dont le renoncement aux suppressions de postes dans l'éducation nationale était l'un des éléments susceptibles de permettre un accord de non-censure avec le PS.
Revenir sur cette mesure est « une bonne nouvelle qui permet de sortir d'une logique purement comptable », s'est réjouie Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, jointe par l'AFP, en réaction aux propos de François Bayrou.
« C'est le résultat de nos actions et interventions dans le débat public pour montrer l'état de l'école et les effets désastreux qu'auraient eu ces suppressions », estime-t-elle tout en reconnaissant qu'« il y a aussi certainement beaucoup de choses qui se sont jouées dans des tractations autour de la non censure ».
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Elle juge toutefois qu'il ne s'agirait que d'un « premier pas » : « dans le second degré, il faut plus de 10.000 emplois pour retrouver le taux d'encadrement de 2017 » et pour que ces postes soient pourvus, « il faut vite reprendre le dossier des salaires et des carrières », conclut Sophie Vénétitay.
(Avec AFP)
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