EXCLUSIF. La parité dans les instances de direction prendrait a minima 50 ans selon des projections inédites de la Banque de France consultées par « La Tribune ».La féminisation de l'entrepreneuriat risque de prendre encore du temps. La France a certes musclé ses outils avec un arsenal juridique plus complet depuis une quinzaine d'années mais l'égalité professionnelle progresse très lentement à la tête des entreprises tricolores. Dans une note consultée par La Tribune, les économistes de la Banque de France ont calculé dans une modélisation qu'il faudrait 50 ans pour atteindre la parité dans les instances de direction si on prolongeait les tendances passées.
« Ce type de constat peut poser la question "d'un plafond de verre" en France pour atteindre la fonction de dirigeant, même dans les secteurs davantage féminisés », soulignent Nicoletta Berardi et Benjamin Bureau, chercheurs à l'Observatoire des Entreprises et coauteurs du billet « Accès des femmes à la direction d'entreprise : des avancées mais les freins persistent ».
Pour expliquer cette difficile progression, les économistes de la banque centrale rappellent que les contraintes familiales continuent de peser davantage sur la vie professionnelle des femmes que sur celle des hommes. Dans les sphères domestique et familiale, les inégalités de genre se réduisent plus lentement que dans la sphère professionnelle. Résultat, les femmes vont avoir tendance à se diriger vers des postes moins bien payés et qui offrent plus de disponibilité.
Un déséquilibre plus marqué dans les grands groupes...
Dans l'Hexagone, les femmes représentent près de la moitié de la population active (49 %), mais seulement 25 % des dirigeants d'entreprise. Par catégorie d'entreprise, la part des femmes à la tête des microentreprises (26 %) est supérieure à celle des PME (19 %) ou des grands groupes et des ETI (17 %). Du côté des grands groupes cotés en Bourse, la situation est encore pire.