Face à la pénurie, les plateformes de jobs étudiants en renfort de la lutte anti-Covid

Avec la pandémie, les offres d'emploi dans le secteur de la santé ont bondi de plus de 58% en un an, d'après une enquête de Pôle emploi réalisée au quatrième trimestre 2020. Pour répondre à ces besoins, les plateformes traditionnellement spécialisées sur les jobs étudiants se positionnent sur le créneau afin de fournir aux établissements de santé la main d'oeuvre manquante.
Pour prêter main forte aux établissements de santé, les plateformes de jobs étudiants proposent aux jeunes d'aider la campagne vaccinale.
Pour prêter main forte aux établissements de santé, les plateformes de jobs étudiants proposent aux jeunes d'aider la campagne vaccinale. (Crédits : LUCY NICHOLSON)

Comment « accélérer la vaccination » alors que la France manque de main d'œuvre médicale ? Rien que dans les hôpitaux, 27,4% des postes de médecins étaient déjà vacants au 1er janvier 2018, selon une étude du Centre National de Gestion. Or, avec la crise du Covid-19, la demande de recrutement dans ce secteur a explosé. Réalisation des tests PCR, accompagnement des personnages âgées... Les offres d'emploi dans le médical ont ainsi augmenté de 58,1% en un an, alors qu'elles ont diminué de 13,2% au total, révèle une enquête réalisée au 4ème trimestre 2020 par Pôle emploi. Face à l'urgence, plusieurs acteurs privés du marché de l'emploi veulent apporter leurs solutions dans la lutte anti-Covid. Staffme, StudentJob et Jobaviz... les plateformes de jobs étudiants cherchent à recruter les jeunes profils, en cursus médical ou non, pour les Ephad ou les hôpitaux.

Avec la pandémie, la pénurie de main d'oeuvre médicale s'est aggravée. Dans le détail, en un an, les offres d'emploi dans les soins paramédicaux ont augmenté de 84% et de 63,6% pour les praticiens médicaux, alors qu'elles ont chuté de 51,5% dans « l'hôtellerie - restauration - tourisme - loisirs », d'après Pôle emploi.

Lire aussi : Deux mois après le Ségur de la Santé, les hôpitaux toujours confrontés au manque de lits et d'effectifs

De même, les besoins en recrutement ont ainsi atteint des sommets. Ces métiers représentaient 2,1% du total des annonces au début de la pandémie, un niveau jamais égalé auparavant, révèle une enquête publiée par le site d'emplois Indeed à la fin mars 2020.

Médiateur pour 1.235 euros par mois

Particularité du Covid, les postes disponibles ne sont pas nécessairement spécialisés, tel le « conseiller téléphonique pour accompagner la prise de rendez-vous vaccination », ou le « chargé de communication vaccins », explique le site StudentJob, qui regroupe plus de 5.600 offres d'emplois, en quête de jeunes candidats pour participer à la campagne vaccinale. Ainsi, à la fin mars - début avril, leur nombre en recherche dans la médecine et la santé a doublé par-rapport à 2020, rapporte la plateforme à La Tribune.

De son côté, le site d'emplois étudiant du Crous, Jobaviz, qui compte près de 21.500 offres gratuites, a, lui, créé deux nouvelles rubriques : « Accompagnement sanitaire » et « accompagnement social et sanitaire ». Pour répondre à la demande des Ephad, le site permet aux jeunes d'accompagner les résidents ou d'aider le nettoyage des établissements paramédicaux. À côté de ces offres ouvertes à tous, la plateforme relaie aussi des annonces pour les étudiants en médecine : médiateur dans la lutte anti-Covid pour 1.235 euros nets par mois, accompagnement de la campagne vaccinale rémunéré 10,25 euros de l'heure... Au final, de quasiment zéro offre, le site en regroupe désormais près de 40 dans le secteur « Santé, social ».

Le privé pour combler le retard du gouvernement ?

Ces plateformes visent logiquement les étudiants en médecine qui sont des renforts précieux. Staffme l'a bien compris : le site, qui compte près de 300.000 membres, met en relation les laboratoires et les pharmacies avec des étudiants autorisés à vacciner, en plus de les solliciter pour la réalisation des tests. Ainsi, en un an de crise, le nombre de membres ayant un profil santé a augmenté de 500%, détaille la plateforme à La Tribune. Au total, 5.083 « staffers » ont aidé 608 pharmacies, laboratoires ou établissements de santé, soit 83 126 heures de prestation, indique-t-elle. Et alors que les offres médicales n'existaient quasiment pas avant la crise, ce domaine compte aujourd'hui pour plus de 20% du chiffre d'affaires du site, selon un communiqué du 7 avril.

De quoi tenir les promesses d'accélération sur la campagne de vaccination du gouvernement ? Pour rappel, 30 millions de premières doses doivent être administrées d'ici l'été, comme l'a annoncé Jean Castex le 5 mars. Pour y parvenir, le gouvernement a d'ailleurs appelé les professionnels de santé à venir prêter main forte aux établissements de santé. Lors de son allocution du 31 mars, Emmanuel Macron promettait aussi de « remettre des moyens » dans les hôpitaux et des « renforts supplémentaires » pour atteindre 10.000 lits en réanimation, contre 7.665 disponibles actuellement en France, selon les chiffres du ministère.

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Commentaire 1
à écrit le 13/04/2021 à 8:59
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"Tous les suivants du monde devraient se donner la main Voilà ce que la nuit je crie dans mon délire Au suivant au suivant Et quand je ne délire pas j'en arrive à me dire Qu'il est plus humiliant d'être suivi que suivant Au suivant au suivant U...

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