Deux mois après le Ségur de la Santé, les hôpitaux toujours confrontés au manque de lits et d'effectifs

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(Crédits : Reuters)
Les 4.000 lits promis par les accords du Ségur ne sont pas encore arrivés dans les services. Depuis mars, aucune ouverture n'a par exemple été effectuée en Ile-de-France, où le taux d'occupation atteignait jeudi 35,3% (le seuil critique étant fixé à 30%).

Manque de lits et sous-effectifs chroniques: les hôpitaux sont toujours souffrants à l'heure où affluent vers eux de nouveaux des malades du Covid-19, notamment en réanimation.

Actuellement, la France dispose d'environ 5.000 lits dans les services de réanimation. Un peu plus de 1.200 sont aujourd'hui occupés par des malades du Covid. Rien à voir avec le mois d'avril où on a pu atteindre jusqu'à 7.000 patients en soins critiques, mais les services se remplissent à nouveau rapidement.

Respirateurs et médicaments indispensables à la réanimation (curares, hypnotiques) ont été stockés pour permettre la prise en charge de 29.000 malades au total, a annoncé dimanche le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Mais aucune ouverture immédiate de lit, que ce soit en réanimation ou ailleurs, n'a été annoncée. Les 4.000 lits promis par les accords du Ségur en juillet dernier ne sont pas encore arrivés dans les services. Or en 2019, 3.400 lits au total avaient été fermés, 100.000 en 20 ans.

Lire aussi : La santé en chantier : comment améliorer l'hôpital ?

« On se sent trahi »

Depuis le printemps, aucune ouverture pérenne n'a par exemple été effectuée en Ile-de-France, où le taux d'occupation des 1.200 lits de réanimation par les patients atteints de Covid-19 atteignait jeudi 35,3% (le seuil critique étant fixé à 30%). Selon l'ARS, les services de réa disposent de 100 lits de plus qu'avant la crise sanitaire, mais ce sont des lits empruntés à d'autres services pendant la première vague et non rendus.

"On se sent trahi. Le gouvernement reste sourd aux besoins. Pour 1.000 habitants, la France a 5,9 lits de réanimation, l'Allemagne en a 8. Pour 1.000 habitants, la France a 10 infirmières, l'Allemagne 13...", s'indigne Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI).

Interpellé sur le sujet dimanche, Olivier Véran a mis en avant le fait qu'on ne peut pas construire "des unités de réanimation du jour au lendemain" et que l'hôpital est capable "d'avoir des activités modulaires et de changer une activité en une autre".

Le manque de personnel pour ouvrir des lits

"Ce que nous devons faire, c'est empêcher les gens d'aller en réanimation, il est là l'enjeu !", a martelé le ministre en faisant allusion aux mesures de restriction mises en place par le gouvernement pour lutter contre la progression du virus.

Transformer blocs opératoires et salles de réveil en unités Covid permettrait de débloquer jusqu'à 12.000 lits "si c'était nécessaire à jour donné", a-t-il assuré.

Mais cela impliquerait à nouveau de reporter des opérations chirurgicales. La direction de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé dès la semaine dernière y être déjà contrainte. Même constat à Marseille.

L'absence d'ouverture de lits n'est pas la seule source d'exaspération des soignants. Car de toute façon, certains lits "restent fermés faute de personnel dans les hôpitaux, voire dans des services accueillant des patients atteints de Covid", alerte le Collectif inter-hôpitaux.

Si la France a, sur le papier, environ 5.000 lits de réa, selon un document du Conseil national professionnel médecine intensive réanimation cité par Le Figaro, 500 à 600 sont en permanence fermés par manque de personnel.

Avant la crise du Covid-19, au moins 500 postes d'infirmiers étaient ainsi vacants dans les établissements de l'AP-HP, où en 2019 près de 30% des postes de médecins hospitaliers n'avaient pas trouvé preneur. Mais depuis, une épidémie et une revalorisation des salaires obtenue lors des accords du Ségur sont passées par là. Sollicitée par l'AFP, l'AP-HP n'a pas fourni de nouveaux chiffres.

"Pour recruter il faut: 1- revaloriser les salaires 2- de meilleures conditions de travail 3- des effectifs adaptés à la charge de travail. Le Ségur de la santé répond en partie (au point) 1, très peu à 2 et 3", a tweeté jeudi Rémi Salomon, président de la commission médicale de l'AP-HP.

Lire aussi : Covid-19 : protégeons l'hôpital

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Commentaires
a écrit le 03/10/2020 à 9:24 :
Bah tant que l'on soigne les riches c'est le principal en oligarchie, vous n'avez toujours rien compris.

Si difficile que ça de publier cette vérité ?
a écrit le 02/10/2020 à 21:51 :
1200 lits de réanimation pour 12 millions d'habitants = 10 lits pour CENT MILLES habitants . c'est à peine croyable dans un pays qui dit avoir un des meilleurs services de santé du monde . pas étonnant de voir la panique actuelle du pouvoir politique et de ses hauts dignitaires fonctionnaires du ministère de la Santé . il va falloir un grand coup de balai pour sanctionner les responsables de cette situation .
Réponse de le 04/10/2020 à 10:34 :
ceci est une moyenne national
regardez de plus prêt et vous comprendrez mieux les vision des autorités
car certaine region qui serve de pilote sont équipé de 4 .fois de lit que paris
et le nivellement par le bas continue
vu avec la quelle le ministre de la sante a fait démonter les lits
installer au printemps confirme que ce ne sont que des promesses
et la réalité et bien la reduction de lit et d'effectif
a écrit le 02/10/2020 à 19:22 :
Ce constat est tout à fait normal et logique. Notre Jupiter ultralibéral omniscient et ses séides ont toujours dit qu'ils suspendaient les projets, lois, ordonnances et autres actions en cours concernant le système de santé, pas qu'ils les annulaient. Le meilleur exemple reste l'ARS grand est qui , aux dernières nouvelles, maintient son plan de fermetures d'établissements et de lits, ses suppressions d'effectifs à Mulhouse (si ma mémoire est bonne), en contradiction avec les discours tenus, notamment lors du limogeage de son ancien patron. Et le pire est à venir au nom du remboursement de la dette.
Macron est aporophobe, et déteste les français. Il fallait pas s'attendre à autre chose, et surtout pas à un changement de politique. Moi je suggère aux libanais, biélorusses et autres haut-karabagais de le garder.
a écrit le 02/10/2020 à 16:12 :
Tant que les Hôpitaux publiques auront une gestion calamiteuse avec des fonctionnaires qui passent leur temps à se plaindre, à faire grève avec un absentéisme culturel malgré une large augmentation de leur salaire ainsi que leur maintien de la semaine à 32h.Les hôpitaux seront un gouffre financier comme la sncf ratp. A quand un management du secteur marchand type clinique privé et contrat de droit privé pour en finir avec cette gabegie qui dure depuis des années.
Réponse de le 02/10/2020 à 18:29 :
Les hospitaliers en grève sont à leur poste de travail. Ils sont réquisitionnés. Donc à part faire comme en Finlande où ils ont tous demissionés, rien n'avancera. Et là bas ils ont été réintégrés, bizarre si ils ne sont pas utiles.
En attendant j'ai bien averti mes enfants qu'il vaut mieux travailler à l'étranger.
a écrit le 02/10/2020 à 15:51 :
lorsque le ministre de tutelle supprime des lits pendant le covid, disons que se poser ensuite la question relève de la folie douce !
a écrit le 02/10/2020 à 13:54 :
1200 lits en Ile de France en réanimation, dans une région qui compte 12 millions d'habitants, est-ce raisonnable ou malthusien et même eugéniste ? Quant à déterminer un seuil critique à 30% de ce total, vous imaginez si on appliquait la même démarche avec les limitations de vitesse ? On roulerait à 39 km/h au lieu de 130, 24 au lieu de 80, 15 au lieu de 50... Le rêve de certains, en fait !
a écrit le 02/10/2020 à 12:49 :
On nous avait promis 12 000 lits en réanimation et on en a toujours 5000. L'hôpital manque de bras pour cette épidémie etc ils n'arrivent pas à recruter Comme il y a une épidémie et il y a urgence les hôpitaux pourraient utiliser le CDI de mission créer par Hollande.
Mission qui dure le temps de l'épidémie évidemment en proposant des salaires très
supérieurs à la moyenne par exemple plus de 4000€ net pour une infirmière.
Il y a toujours des solutions mais sans réelle volonté rien n'est faisable.
a écrit le 02/10/2020 à 11:14 :
bien
les gens commencent a realiser ce qu'est un bottleneck
le personnel de rea rend son tablier, use par les milliers de macabets mis en sacs poubelle.........ouvrir des lits ca sert a rien, pour une fois veran a raison, faut eviter que les gens y aillent
concenrnant les salaires, l'aspect ridicule du pb, c'est que les bons syndicats ont bien negocie que la prime covid de presence soit versee a ceux qui etaient la.... mais aussi ( et surtout!!!!!!!!!) a ceux qui n'etaient pas la ( oui, car s'ils n'etaient pas la, c'etait pas du tout car ils avaient la trouille et qu'ils tiraient au cul, hein, c'est juste ' parce qu'ils n'en n'avaient pas la chance de pouvoir venir, eux')
donc negocier des salaires pour les gens au front pour que ceux qui n'y sont pas touchent autant sans se battre, ca fait hurler de rire
Réponse de le 02/10/2020 à 14:41 :
Et vous où étiez vous pendant le confinement? Bien au chaud je l'espère pour vous...Pas moi...
Réponse de le 02/10/2020 à 16:10 :
Depuis six mois de pandémie, le gouvernement n'a rien fait pour mettre notre système hospitalier ne serait-ce qu'au niveau du système allemand. Maintenant Veran nous dit que faute de lits de réanimation en nombre suffisant, il faut fermer les cafés et les restaurants. Donc oui, ouvrir des lits sert à quelque chose.
a écrit le 02/10/2020 à 8:46 :
Bah tant que les riches sont bien soignés et les derniers électeurs un minimum préservés, tout va bien.

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