Lancée le 25 février dernier en France, la vaccination en entreprise avance à un rythme d'escargot. Les chiffres sont sans appel : avec un peu plus de 400.000 injections effectuées par les médecins du travail et 43.000 par les services de santé au travail, d'après les chiffres du ministère du Travail, la route est encore longue. Et ce alors que les SSTI, des « associations d'employeurs qui mutualisent des moyens pour préserver la santé des salariés », accompagnent près de 15 millions de salariés en France, selon Présanse, l'organisme qui réunit les 240 SSTI en France. Face à l'urgence de corriger cet échec, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, et Geoffroy Roux de Bézieux, président du MEDEF, se sont réunis ensemble. Une première.
« Nous souhaitons voir la vaccination dans les services de santé au travail très fortement accélérée », alors qu'ils « sont prêts à monter en puissance », a déclaré M. Roux de Bézieux au Centre médical interentreprises Europe (CMIE) qui a également évoqué « les silos de l'administration française ». Dans le détail, les deux organisations estiment que les services de santé au travail se sont heurtés à un triple-obstacle.
D'abord, beaucoup de salariés restent méfiants vis-à-vis du vaccin AstraZeneca depuis la suspension du vaccin à la mi-mars, a déploré le Medef. Ensuite, la vaccination en entreprise souffre d'un déficit de communication qui ne permet pas de toucher tous les salariés. Surtout, l'approvisionnement en vaccins est limité : un professionnel de santé des SSTI ne peut recevoir qu'une fiole de dix doses d'AstraZeneca par semaine, et une fiole de cinq doses de Janssen (Johnson & Johsnon), a rappelé Claudine Sulitzer, présidente du CMIE. « Il n'y a pas assez de doses », a-t-elle lâché . Ainsi, très peu de salariés ont déjà pu bénéficier de la vaccination au travail. A titre d'exemple, seulement 3.062 personnes ont été vaccinées depuis le début de la campagne par le CMIE, qui suit pourtant près de 380.786 salariés.