Passé par la production de contenus culturels puis le secteur des nouvelles technologies, Marc-François Mignot-Mahon est arrivé dans le monde de l'éducation pour « rendre à la société » ce qu'elle lui a donné. « Quand j'étais petit, on ne savait pas trop quoi faire de moi à l'école », confie-t-il à La Tribune. Il reconnaît avoir été très marqué par ses premières années de scolarité, dans une école qui rassemblait des profils de tout âge, « d'horizons très différents (...) et qui avaient le droit d'être qui ils étaient ». « J'ai adoré ça (...), il y avait de l'exigence et beaucoup d'hybridité ». Aujourd'hui, Marc-François Mignot-Mahon dirige le réseau d'éducation privée supérieure Galileo Global Education qui compte près de 130 000 étudiants et 55 partenaires comme l'ESG ou la Regent School London.
LA TRIBUNE - Pourquoi les compétences arrivent-elles sur le devant de la scène ?
MARC-FRANÇOIS MIGNOT-MAHON - Il y a un grand changement qui est en train de se faire dans l'éducation, c'est l'adaptation au monde. La complexification des outils, la mondialisation et l'accélération des mutations font que tous les métiers sont variés. Donc nous ne sommes plus capables de classifier les carrières selon des attributs historiques figés. Au contraire, il faut granulariser la description des emplois par les compétences.
De manière circonstancielle aussi, cette adaptabilité par les compétences est cristallisée par la crise économique. Le monde s'est arrêté par une décision unique dans l'histoire de l'humanité de stopper l'économie. Des individus compétents, qui étaient même en phase de succès, comme le tourisme ou les compagnies aériennes, ont été stoppés de manière exogène. Il est extrêmement important d'identifier en urgence leurs compétences et celles qui manquent ailleurs pour qu'ils puissent changer de secteur. Pour cela, il faut se former : c'est donc par les compétences et uniquement par les compétences que nous pouvons aller vite. Nous ne pourrons pas réinventer les emplois perdus.