Les prix des carburants se rapprochent des 2 euros le litre

Les prix des carburants à la pompe sont à la hausse depuis le tout début de l'année et avoisinent pour certains les deux euros.
© Patricia Huchot-Boissier/ABACA via Reuters

Les prix des carburants à la pompe sont à la hausse depuis le tout début de l'année et avoisinent pour certains les deux euros.
© Patricia Huchot-Boissier/ABACA via Reuters
C'est une augmentation dont les automobilistes se seraient bien passés. Les prix des carburants à la pompe sont à la hausse depuis le tout début de l'année et avoisinent pour certains les deux euros. De quoi ranimer le spectre de 2022 où les prix avaient outrepassé ce seuil. A tel point que l'association « 40 millions d'automobilistes » a lancé une pétition en fin de semaine dernière pour réclamer un plafonnement des prix du carburant et garantir un tarif à 1,50 euro.
Dans le détail, le sans-plomb 95 avoisinait les 1,93 euros le litre le vendredi 12 avril, le sans-plomb 95-E10 atteignait 1,90 euro, le sans plomb 98 était à 1,98 euro et le Gazole se maintenait à 1,79 euro, d'après les données du ministère de la Transition écologique. A titre de comparaison, le SP 95 était à 1,80 euro tout début janvier, le SP 95-E10 à 1,77 euros, le SP98 à 1,86 et le gazole à 1,72 euro.
Plusieurs critères viennent jouer sur les prix à la pompe : le prix du pétrole brut, le taux de change, la marge de raffinage et les taxes. Actuellement, « les prix à la pompe sont essentiellement influencés par les variations du prix du brut », estime Olivier Gantois, président de l'Ufip énergies. Depuis le début de l'année, les prix évoluent globalement à la hausse. A tel point qu'ils ont même dépassé la barre des 90 dollars le baril au cours de la semaine dernière.
Une hausse qui découle en partie du contexte géopolitique. A la suite de la montée des tensions entre l'Iran et Israël, le prix du baril de Brent de la mer du Nord était autour des 91 dollars vers 17h40 vendredi dernier, et le baril de West Texas Intermediate (WTI) atteignait 87 dollars. Néanmoins, les attaques iraniennes en Israël n'ont à ce jour pas eu de répercussions sur les marchés.
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Outre la situation au Moyen-Orient, les prix du brut sont également influencés par le conflit entre la Russie et l'Ukraine. D'autant que la Russie fait partie des principaux producteurs de pétrole. Récemment, les attaques de drone ukrainiens sur des infrastructures pétrolières en Russie ont ainsi pu créer des tensions sur les marchés.
Le contexte géopolitique n'est cependant pas le seul déterminant des prix du baril. « La hausse du baril de brut est également dû à la consommation mondiale de pétrole brut qui est en augmentation, cette demande venant principalement d'Asie », pointe Olivier Gantois. En effet, d'après les chiffres de l'IAE, elle devrait atteindre un nouveau record en 2024, à 103,2 millions de barils par jour.
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Mais alors que la demande augmente d'un côté, les pays de l'Opep, l'organisation des pays exportateurs de pétrole, ainsi que la Russie, ont passé des accords pour maintenir de leurs côtés la production d'or noir. Ce que l'on appelle la « discipline de l'Opep ». Cette réduction permet donc à l'Opep, notamment l'Arabie Saoudite, de maintenir les cours du pétrole élevés. « La fourchette de prix du brut comprise entre 80 dollars et 90 dollars est idéale pour l'Opep » estime Thierry Bros, expert énergie et professeur à Sciences Po. Constat partagé par Olivier Gantois qui précise qu'« entre décembre 2022 et février 2025, le prix du baril n'est pas descendu en dessous de 75 dollars, ce qui est déjà un prix élevé ». De quoi maintenir encore in fine des prix à la pompe élevés...
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