Grève : pourquoi les fonctionnaires et les cheminots sont-ils dans la rue ?

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Au cortège des cheminots viennent s’ajouter le mouvement des syndicats de fonctionnaires (hôpitaux, enseignants, contrôleurs aériens...). Plus de 140 manifestations sont annoncées en France.
Au cortège des cheminots viennent s’ajouter le mouvement des syndicats de fonctionnaires (hôpitaux, enseignants, contrôleurs aériens...). Plus de 140 manifestations sont annoncées en France. (Crédits : Reuters)
La fonction publique se mobilise, ce jeudi 22 mars, dans le cadre d'une journée d'action et de grève qui affectera les transports, mais aussi d'autres services publics. Qu'ils soient cheminots, aide-soignants, contrôleurs aériens ou professeurs, tous protestent contre les projets de réforme de l'exécutif. Tour d'horizon des revendications des manifestants.

Ils sont sur le pied de guerre. Les cheminots, bien sûr, prêts à donner le coup d'envoi de leur "grève en pointillés", soit deux jours de grève sur cinq à partir du 3 avril et jusqu'à fin juin. Mais aussi les infirmiers, les aides-soignants, les agents administratifs, les personnels de santé, les contrôleurs aériens et même les retraités, échaudés par l'augmentation de 1,7 point de la contribution sociale généralisée (CSG).

Bien qu'Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, réfute le scénario d'une "convergence des luttes", la mobilisation s'annonce d'une ampleur sans précédant. Il s'agit d'ailleurs du premier gros test social du quinquennat pour Emmanuel Macron qui, à la suite de l'annonce de nombreuses réformes, notamment sur le ferroviaire français, l'assurance-chômage et dans le milieu hospitalier, a mis toute la fonction publique en alerte. La période d'agitation sociale s'ouvre donc et les revendications pleuvent.

Les fonctionnaires : se battre pour le pouvoir d'achat

Sept syndicats sur neuf (CFTC, CFE-CGC, CGT, FAFP, FO, FSU et Solidaires) ont appelé à la grève, ce jeudi, pour protester contre la réforme de la fonction publique et surtout défendre leur pouvoir d'achat.

La réforme prévoit notamment un recours accru aux contractuels, la mise en place d'une rémunération au mérite, l'instauration d'un plan de départs volontaires, ainsi que la fusion de certaines instances représentatives du personnel, à l'instar du secteur privé. À cela s'ajoute la suppression de 120.000 emplois d'agents publics d'ici la fin du quinquennat, dont 50.000 dans la fonction publique de l'État.

"C'est une attaque en règle jamais égalée sur tous les éléments statutaires de la fonction publique", a dit à Reuters le secrétaire général de la FGF-FO, Christian Grolier.

Les syndicats dénoncent également les mesures qui ont affecté leur pouvoir d'achat, comme le gel du point d'indice et le rétablissement d'un jour de carence en cas d'arrêt maladie.

Le gouvernement a engagé des concertations avec les acteurs du secteur sur une période d'un an. Ces rencontres devraient aboutir à un projet de loi au printemps 2019.


Les cheminots et la RATP : défendre le statut

Acquis historique pour les uns, privilège pour les autres, le statut des cheminots, c'est leur combat. Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF (CGT-Cheminots, l'UNSA-ferroviaire, SUD-Rail et CFDT Cheminots), ont déjà annoncé un mouvement de grève de deux jours sur cinq, à partir du 3 avril et jusqu'au 28 juin.

Ils s'opposent à la réforme du système ferroviaire qui prévoit l'organisation de l'ouverture à la concurrence de la SNCF et une transformation de la gestion du personnel permettant l'arrêt des recrutements au statut de cheminot.

De fait, la RATP est également concernée par ces mesures.

"Le scénario du rapport 'Spinetta' contre les cheminots et leur statut n'est pas de nature à nous rassurer. L'avenir des cheminots est intimement lié au nôtre", estime la CGT RATP qui se dit inquiète d'une dynamique de privatisation des grandes entreprises publiques.

La RATP demande, elle, une augmentation des salaires, l'arrêt des suppressions de postes, de la sous-traitance et la multiplication des filiales ainsi que la création de métiers du numérique.

Autre point de friction, le gouvernement a également annoncé qu'il comptait présenter un projet de loi d'habilitation l'autorisant à légiférer par ordonnances, une méthode qui exacerbe la colère des organisations syndicales. L'idée est toutefois de remplacer les ordonnances par des amendements législatifs au fur et à mesure que la concertation avec les syndicats et le débat parlementaire avanceront, a précisé la ministre des Transports, Elisabeth Borne.

Lire aussi : La réforme à haut risque de la SNCF est lancée pour résister à l'ouverture à la concurrence


Les contrôleurs aériens : obtenir de meilleures conditions de travail

L'Usac-CGT, premier syndicat de l'aviation civile et deuxième parmi les contrôleurs aériens, est aussi de la partie. Elle se mobilisera ce 22 mars, ainsi que "les nuitées en amont et en aval de celle-ci".

Elle demande "une hausse sensible des recrutements de fonctionnaires afin d'assurer l'ensemble des missions de la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC) dans les meilleures conditions possibles de travail et dans l'intérêt des services rendus aux usagers".

30% des vols seront annulés jeudi au départ et à l'arrivée des aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle, Orly et Beauvais, a annoncé la DGAC.

Lire aussi : Le trafic aérien français devrait augmenter de 3,7% en 2018 (DGAC)


Les personnels hospitaliers : des moyens, vite !

Les personnels hospitaliers (infirmiers, aides-soignants, agents administratifs), soutenus par les médecins hospitaliers, protestent eux contre la réduction des moyens et des effectifs dans les hôpitaux publics. Avec 1,6 milliard d'euros d'économies pour 2018, ils dénoncent "une pénurie médicale organisée" avec la fermeture de lits, de services et la mise en oeuvre des Groupements hospitaliers de territoires (GHT).

Les personnels des maisons de retraite médicalisées (Ehpad) sont également appelés à se mobiliser, pour la troisième fois, afin de réclamer une hausse d'effectifs.

Lire aussi : Réforme de la santé: Buzyn nie vouloir faire des économies mais envisage de fermer certains hôpitaux


Dans l'énergie, ils n'en peuvent plus de la libéralisation

La Fédération CGT des mines-énergie (FNME) dénonce la fermetures de sites de production, l'ouverture à la concurrence des barrages hydrauliques, l'externalisation des centres d'appels et la suppression "massive" d'emplois.

"Le secteur énergétique d'aujourd'hui subit la libéralisation pilotée par Bruxelles et organisée par les gouvernements successifs", écrit-elle dans un communiqué.


À l'Unef, la réforme de l'université, ça ne passe pas

Le deuxième syndicat étudiant de France, l'Union nationale des étudiants de France (Unef), compte se mobiliser contre "la sélection à l'université et pour la liberté d'étudier". La réforme de l'enseignement supérieur prévoit, en autre, de mettre en place des "attendus" dans chaque filière universitaire.

Les enseignants, eux, refusent la perspective d'un bac "maison" qui se mettrait en place avec le contrôle continu. Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a indiqué, fin janvier, que son plan prévoit de réduire à cinq les épreuves terminales et d'introduire un grand oral. L'unef craint un creusement des inégalités.

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 26/03/2018 à 14:10 :
BONJOUR

LES FONCTIONNAIRES ET LES CHEMINOTS SONT

DANS LA RUE PARCEQU ILS BENEFICIENT ENCORE

DE PETITS PRIVILEGES

COMME LES JOURNALISTES

QUI SE GARDENT DE DECLARER QU ILS ONT DROIT

A DES ABATTEMENTS FISCAUX QUI EN FONT REVER

PLUS D UN

POURQUOI LA GRANDE PRESSE EN PARLE

T ELLE SI PEU ?

NOTAMMENT DANS L EMISSION

DE ME QUIN SUR ARTE
a écrit le 22/03/2018 à 21:21 :
deux jours de repos , trois travaillés , c'est un progrès qu'il faut encourager .
a écrit le 22/03/2018 à 20:13 :
Pourquoi est ce que c'est toujours les mêmes qui font grêves "Soit encore et toujours le fonctionnaires" qui ont la sécurité de l'emploi, des salaires au dessus du privé, plus de congé que dans le privé, des meilleures retraites...Et à ces fonctionnaires qui traitent les gens du privé comme des chiens lors de demandes de renseignements...Ils ont tous les droits...
Pourquoi ne vont -ils pas voir dans le privé comment cela ce passe; Je pense qu'il changerai d'avis sur les conditions de travail, de salaires, de congés, de pauses, de précarité et de tant de chômage et de mauvaises conditions de travail dans le privé...
Ils faut que les chômeurs, les petits salariés du privé, des gens qui font équipes, qui sont payés avec un lance pierre dans le privé, des mauvaises conditions de travail, de harcèlement du Boss se mobilise aujourd'hui et pour longtemps pour faire grève et le plus longtemps possible, et pour qu'on soit plus nombreux du secteur privé...
Alors mobilisons nous dans le secteur du petit privé.. A vous, à nous de nous faire entendre....
a écrit le 22/03/2018 à 18:25 :
Merci à la grève ! Enfin ils bossent !! La SNCF à bien fonctionner ! Ils avaient besoin des trains pour aller défiler !
a écrit le 22/03/2018 à 16:30 :
Et la meilleure solution c’est de créer une taxe et une commission adhoc composée d'élus, d’intellectuels philosophes hautement diplômés, de gens du secteur associatif.. avec de la démocratie participative afin de réfléchir....
Toute bravitude sera la bienvenue.
a écrit le 22/03/2018 à 12:55 :
Pour défendre leurs privilèges, comme d'habitude, aux frais des autres.
Réponse de le 22/03/2018 à 16:14 :
Change de métier si c'est si bien
Réponse de le 22/03/2018 à 17:01 :
de quels privilèges parlez-vous? si vous estimez que la fonction publique est privilégiée vous etes bien con de ne pas en faire partie...
Réponse de le 01/04/2018 à 20:23 :
CGT = EDM (entreprise de destruction massive). Quand les gens vont-ils s'en rendre compte ?
a écrit le 22/03/2018 à 12:46 :
Ramassis de fainéants et de privilégiés
Réponse de le 22/03/2018 à 14:30 :
Ramassis d'idioties et de généralités... Je suis dans la fonction publique et gagne 1 300 € par mois en ayant un bac+3. Mon métier me permettrait de gagner au moins 500€ de plus dans le privé. Comme beaucoup de fonctionnaires, je suis dans le public pour le service public et non par fainéantise... Nous ne sommes pas des privilégiés. Donc ce n'est pas la peine de vomir vos bassesses sur des gens qui essayent de défendre leur qualité de vie...
Réponse de le 22/03/2018 à 17:03 :
de quels privilèges parlez-vous? si vous estimez que la fonction publique est privilégiée vous êtes bien con de ne pas en faire partie...
a écrit le 22/03/2018 à 12:32 :
Content d'avoir fichu le camp. Quel foutoir.
Réponse de le 22/03/2018 à 14:29 :
Je vous parie n'importe quoi que d'une manière ou d'une autre l'État va céder en tout ou en partie aux revendications de la rue... c'est une tradition en franco-française comme les vacances en Août et les jours fériés.

Pour financer ces nouvelles dépenses, l'État devra bien aller chercher de nouveaux revenus quelque part, sinon dans la poche des contribuables, probablement faire plus de privatisations, vendre des participations dans des entreprises où il est actionnaire, et pire, aller encore se financer sur les marchés de l'emprunt et endetter encore davantage la France.

Dans le pays du chacun pour soi et de l'égotisme national, c'est le ''Jour de la marmotte'' et le scénario se répète encore et encore.
a écrit le 22/03/2018 à 10:40 :
Le titre aurait dû être : pourquoi la fonction publique et les services publics sont dans la rue.
Faut il rappeler que les agents de la Sncf et de la Ratp ne sont pas des fonctionnaires.
Incohérence des luttes mais pas convergence!
Merci pour la pagaille dans les trains.
a écrit le 22/03/2018 à 10:19 :
tous protestent contre la remise en cause de leurs rentes.........ce qui est pathetique et assez minable, c'est qu'ils jouent tous aux communistes, alors que dans les ex pays de l'est ils passaient apres la gamelle du chien, qu'au venezuela ou on applque avec zele l'egalitarisme pour tous, y a 62% de tres grande pauvrete, et qu'ils ont besoin des grands capitalistes pour payer leur rente pour ne pas finir comme dans les cas sus cites......ils gagent en moyenne 22.000 euros contre 20.000 dans le prive, je suggere donc un impot forfaitaire social de 10% pour reduire les inegalites, et je propose que les francais coupent la tete des rentiers qui refusnet la remise en cause de leurs methodes esclavagistes qui exploitent sur leur dos laborieux les employes du prive...............
Réponse de le 22/03/2018 à 11:20 :
"remise en cause de leurs rentes"...

Rentiers...

Oui, c'est sûr qu'ils s'agit de privilégiés...

Le plus marrant dans tout ça, pour ceux qui nous dirigent, c'est que l'on se tape dessus entre pauvres... Pendant ce temps là, on les laisse tranquille.

On tape sur les chomeurs, les rsaïstes, les migrants... Et on laisse tranquille les dizaines de milliards de fraude fiscale...
Réponse de le 22/03/2018 à 11:29 :
"ils gagent en moyenne 22.000 euros contre 20.000 dans le prive, je suggere donc un impot forfaitaire social de 10% pour reduire les inegalites"

Et sinon, pourquoi ne pas proposer d'augmenter de 10 % les salaires du privé ?

Pourquoi pensez directement à niveler par le bas et non à niveler par le haut ?
Cracheriez-vous sur 10 % d'augmentation ?

Pourquoi vouloir réduire de 10 % le salaires de certains qui sont loin d'être privilégiés, et donner des millions à ceux qui, de fait, sont privilégiés... Les multimillionnaires/milliardaires qui s'enrichissent sur le dos des autres, parfois ne ne faisant rien du tout...
Réponse de le 22/03/2018 à 12:52 :
Elle est belle la rente des personnels hospitaliers. Je vous félicite pour votre très belle mentalité. Je vous souhaite un beau séjour à l'hôpital peut-être qu'un aide soignant viendra vous torcher le cul entre deux parties de golf. On marche sur la tête
Réponse de le 22/03/2018 à 15:03 :
La part des cadres dans le public est supérieur à celle du privé d'où une moyenne plus élevée. Sacré churchil, c'est fou cette constance à passer pour un abr.tis sur internet...
Réponse de le 22/03/2018 à 16:57 :
Le gros des effectifs de la fonction publique sont des cadres: enseignants, magistrats, médecins, ou des professions assujetties à des conditions de travail dangereuses et/ou atypiques: police, gendarmerie, défense nationale, soignants, sécurité civile...

Normal qu'ils gagnent plus que la moyenne.
Réponse de le 22/03/2018 à 17:13 :
il ne s ' agit pas de politique mais de fiche de paye et d 'avenir...
a écrit le 22/03/2018 à 9:58 :
Personne ne pourra reprocher aux manifestants de reprocher aux serviteurs des riches qui sont au pouvoir d'avoir commencé par donner des milliards à ceux qui n'en ont pas besoin, et enlevé 5 euros par mois à ceux qui sont à 5 euros près.

Rien que cet empressement de montrer sa servitude, que l'on comprend de la part d'esclaves mais pas de gens que nous avons élus pour diriger le pays, ne peut que susciter une méfiance totale vis à vis de politiciens qui ne servent à rien.

Sans parler de leur attitude grotesque à l'international qui nous fait toujours plus passer pour des minables hein...

Vite un frexit, parce que le programme du mac n'est que celui du traité constitutionnel européen que nous avons refusé au référendum de 2005.

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