Grève : pourquoi les fonctionnaires et les cheminots sont-ils dans la rue ?
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Ils sont sur le pied de guerre. Les cheminots, bien sûr, prêts à donner le coup d'envoi de leur "grève en pointillés", soit deux jours de grève sur cinq à partir du 3 avril et jusqu'à fin juin. Mais aussi les infirmiers, les aides-soignants, les agents administratifs, les personnels de santé, les contrôleurs aériens et même les retraités, échaudés par l'augmentation de 1,7 point de la contribution sociale généralisée (CSG).
Bien qu'Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, réfute le scénario d'une "convergence des luttes", la mobilisation s'annonce d'une ampleur sans précédant. Il s'agit d'ailleurs du premier gros test social du quinquennat pour Emmanuel Macron qui, à la suite de l'annonce de nombreuses réformes, notamment sur le ferroviaire français, l'assurance-chômage et dans le milieu hospitalier, a mis toute la fonction publique en alerte. La période d'agitation sociale s'ouvre donc et les revendications pleuvent.
Sept syndicats sur neuf (CFTC, CFE-CGC, CGT, FAFP, FO, FSU et Solidaires) ont appelé à la grève, ce jeudi, pour protester contre la réforme de la fonction publique et surtout défendre leur pouvoir d'achat.
La réforme prévoit notamment un recours accru aux contractuels, la mise en place d'une rémunération au mérite, l'instauration d'un plan de départs volontaires, ainsi que la fusion de certaines instances représentatives du personnel, à l'instar du secteur privé. À cela s'ajoute la suppression de 120.000 emplois d'agents publics d'ici la fin du quinquennat, dont 50.000 dans la fonction publique de l'État.
Les syndicats dénoncent également les mesures qui ont affecté leur pouvoir d'achat, comme le gel du point d'indice et le rétablissement d'un jour de carence en cas d'arrêt maladie.
Le gouvernement a engagé des concertations avec les acteurs du secteur sur une période d'un an. Ces rencontres devraient aboutir à un projet de loi au printemps 2019.
Acquis historique pour les uns, privilège pour les autres, le statut des cheminots, c'est leur combat. Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF (CGT-Cheminots, l'UNSA-ferroviaire, SUD-Rail et CFDT Cheminots), ont déjà annoncé un mouvement de grève de deux jours sur cinq, à partir du 3 avril et jusqu'au 28 juin.
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Ils s'opposent à la réforme du système ferroviaire qui prévoit l'organisation de l'ouverture à la concurrence de la SNCF et une transformation de la gestion du personnel permettant l'arrêt des recrutements au statut de cheminot.
De fait, la RATP est également concernée par ces mesures.
La RATP demande, elle, une augmentation des salaires, l'arrêt des suppressions de postes, de la sous-traitance et la multiplication des filiales ainsi que la création de métiers du numérique.
Autre point de friction, le gouvernement a également annoncé qu'il comptait présenter un projet de loi d'habilitation l'autorisant à légiférer par ordonnances, une méthode qui exacerbe la colère des organisations syndicales. L'idée est toutefois de remplacer les ordonnances par des amendements législatifs au fur et à mesure que la concertation avec les syndicats et le débat parlementaire avanceront, a précisé la ministre des Transports, Elisabeth Borne.
L'Usac-CGT, premier syndicat de l'aviation civile et deuxième parmi les contrôleurs aériens, est aussi de la partie. Elle se mobilisera ce 22 mars, ainsi que "les nuitées en amont et en aval de celle-ci".
Elle demande "une hausse sensible des recrutements de fonctionnaires afin d'assurer l'ensemble des missions de la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC) dans les meilleures conditions possibles de travail et dans l'intérêt des services rendus aux usagers".
30% des vols seront annulés jeudi au départ et à l'arrivée des aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle, Orly et Beauvais, a annoncé la DGAC.
Les personnels hospitaliers (infirmiers, aides-soignants, agents administratifs), soutenus par les médecins hospitaliers, protestent eux contre la réduction des moyens et des effectifs dans les hôpitaux publics. Avec 1,6 milliard d'euros d'économies pour 2018, ils dénoncent "une pénurie médicale organisée" avec la fermeture de lits, de services et la mise en oeuvre des Groupements hospitaliers de territoires (GHT).
Les personnels des maisons de retraite médicalisées (Ehpad) sont également appelés à se mobiliser, pour la troisième fois, afin de réclamer une hausse d'effectifs.
La Fédération CGT des mines-énergie (FNME) dénonce la fermetures de sites de production, l'ouverture à la concurrence des barrages hydrauliques, l'externalisation des centres d'appels et la suppression "massive" d'emplois.
Le deuxième syndicat étudiant de France, l'Union nationale des étudiants de France (Unef), compte se mobiliser contre "la sélection à l'université et pour la liberté d'étudier". La réforme de l'enseignement supérieur prévoit, en autre, de mettre en place des "attendus" dans chaque filière universitaire.
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Les enseignants, eux, refusent la perspective d'un bac "maison" qui se mettrait en place avec le contrôle continu. Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a indiqué, fin janvier, que son plan prévoit de réduire à cinq les épreuves terminales et d'introduire un grand oral. L'unef craint un creusement des inégalités.
(Avec AFP et Reuters)
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