Colère des agriculteurs : le gouvernement Attal face au risque d'embrasement
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Le Premier ministre, Gabriel Attal.
STEPHANIE LECOCQ
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Le gouvernement Attal est assis sur un volcan. Quinze jours à peine après son entrée à Matignon, le chef du gouvernement a reçu ce lundi le principal syndicat agricole FNSEA. Objectif affiché, tenter d'endiguer la grogne des agriculteurs. À l'automne déjà, des éleveurs et céréaliers avaient retourné des milliers de panneaux sur tout le territoire, en signe de protestation contre la fin de la détaxe sur les carburants. Et depuis, la colère est montée d'un cran. En Europe, les agriculteurs ont organisé de vastes manifestations en Allemagne et aux Pays-Bas.
Dans le viseur, la politique agricole de la Commission européenne et le Green Deal bruxellois. Les conseillers de Matignon et de l'Elysée suivent de très près ces mouvements de contestation. La révolte des « gilets jaunes » de l'hiver 2018 est restée gravée dans les esprits. À l'époque, les rassemblements autour des ronds-points et les blocages avaient surpris toute la Macronie. Face à l'exacerbation du mouvement, le gouvernement avait dû mettre près de 20 milliards d'euros sur la table pour éteindre l'incendie. Six ans après cette contestation inédite, le nouveau gouvernement doit faire face à sa première crise.
Le premier syndicat agricole a déjà annoncé des mobilisations tout au long de la semaine. Ces appels pourraient générer des vagues de contestation dans d'autres secteurs. En effet, les agriculteurs ne sont pas les seuls à devoir encaisser la fin de la détaxe sur le gazole non routier (GNR) décidée à l'automne lors de la préparation du budget 2024.
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Les entreprises du BTP sont également concernées par la suppression de cette détaxe. Pressés dans un premier temps par ce relèvement de la fiscalité, les marins pêcheurs ont obtenu un répit jusqu'en juin 2024. Mais la question de la hausse des prix des carburants pour les professionnels dépendants de l'énergie fossile est loin d'être réglée. L'exécutif a prévu une sortie progressive de cette niche fiscale... jusqu'en 2030. De leur côté, les organisations professionnelles attendent toujours des solutions pour adopter des outils compatibles avec la transition écologique.