Le gouvernement espère convaincre la gauche de ne pas censurer le budget 2025 en proposant une hausse de la flat tax. Mais ce relèvement de la fiscalité du capital serait loin de renflouer les caisses de l'Etat... Il pourrait, en outre, tendre les relations avec les entreprises.
C'est incontestablement un des dossiers brûlants de cette rentrée 2025. Pour séduire la gauche, le gouvernement de François Bayrou a remis sur la table une possible hausse de la flat tax (prélèvement forfaitaire unique). En effet, si dans un entretien accordé au Parisien ce lundi, la nouvelle ministre du Budget, Amélie de Montchalin, a exclu toute hausse d'impôt sur les ménages, les entreprises pourraient, en revanche, être concernées par une hausse du taux de cette taxe qui passerait de 30% actuellement à 33%.
Hausse du PFU : une main tendue à la gauche
Contesté à gauche, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) est un symbole de la politique économique de l'offre du premier quinquennat Macron avec la suppression de l'impôt sur la fortune (ISF). Mis en oeuvre en 2018, ce prélèvement est une forme de « bouclier » qui limite les prélèvements sur les revenus du capital à hauteur de 30% tout compris. Sur ce total, 17% correspondent à des cotisations sociales. Le reste (13%) s'applique au titre de l'impôt sur le revenu. En évoquant cette option, les ministres de Bercy espèrent éviter une motion de censure des députés socialistes à l'Assemblée nationale.
Pour en discuter au ministère des Finances, Eric Lombard (Economie) et Amélie de Montchalin (Comptes publics) avaient convié ce lundi Boris Vallaud, Patrick Kanner, Claude Raynal, Philippe Brun, Jérôme Guedj, tous membres du Parti socialiste, pour une heure d'échange au moment du déjeuner. Avant cette rencontre, Amélie de Montchalin avait appelé les groupes politiques « à faire des compromis ». A la sortie, les parlementaires ont rappelé qu'ils n'étaient pas « prêts à se vendre ». « Nous avons évoqué la justice fiscale, c'est heureux, mais il faut aller plus loin », a déclaré Olivier Faure, député et secrétaire national du PS.« Les échanges vont se poursuivre par des propositions », a souligné le responsable.