« Bonjour François. » Le portable du nouveau ministre de l'Économie et des Finances sonne au beau milieu de l'entretien avec La Tribune Dimanche, le 27 décembre en fin de journée. Au bout du fil, le Premier ministre, qui souhaite évoquer le dossier Mayotte. Arrivé à Bercy le 23 décembre à 23 heures, l'ex-numéro un de la Caisse des dépôts a laissé les siens partir en vacances sans lui et enchaîne les réunions. L'urgence ? Élaborer un projet de loi de finances qui échapperait cette fois à la censure.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Vous arrivez dans un pays sans budget. Comment parviendrez-vous à en construire un ?
ÉRIC LOMBARD — Par le dialogue. À la demande du Premier ministre, je vais appeler les partis politiques représentés à l'Assemblée nationale et au Sénat, ainsi que les groupes parlementaires, à venir dialoguer au ministère avec Amélie de Montchalin, la ministre des Comptes publics, et moi-même. Je les contacterai toutes et tous à partir de demain matin. En partageant les informations sur la réalité de la situation, je ferai tout mon possible pour qu'un budget soit adopté.
Allez-vous les recevoir individuellement ?
L'ordre de passage dépendra de leurs disponibilités, et la configuration sera celle qu'ils souhaitent. Il y a urgence. Nous présenterons au Premier ministre les résultats de ce dialogue pour qu'il se traduise en propositions du gouvernement. Ma porte restera ouverte jusqu'au 14 janvier, date du discours de politique générale. Et également ensuite.