Hervé Mariton ("Les Républicains") : "Certaines propositions économiques de mon parti ne sont pas sérieuses"

Hervé Mariton, député ("Les Républicains", ex-UMP ) de la Drôme et ex-candidat à la présidence de l'UMP face à Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire - il a obtenu 6,5% des suffrages - , livre pour La Tribune sa vision de la situation. Franc-tireur au sein de sa propre formation, il n'hésite pas à étriller certains comportements ou certaines décisions de ses "amis" politiques. Il regrette surtout que le parti "Les Républicains" n'investisse pas davantage le champ économique, au lieu de se focaliser sur les questions sociétales ou de souveraineté. Et ce, le jour même où le parti organise en quasi catimini une convention sur... l'Islam. S'il n'épargne pas la politique menée par le gouvernement, il reconnaît vouloir voter la loi Macron. Enfin, il n'exclut pas de se présenter à la primaire de droite à l'automne 2016.
Hervé Mariton (Les Républicains) souhaite que son parti investisse davantage le terrain économique
Hervé Mariton ("Les Républicains") souhaite que son parti investisse davantage le terrain économique (Crédits : Reuters)

LA TRIBUNE - Votre parti, "Les Républicains" (ex-UMP), n'est pas très présent sur le terrain économique, préférant porter les débats sur les question de souveraineté. Comment expliquez-vous cela?

HERVE MARITON - Les enjeux économiques sont très importants, ce ne sont certes pas  les seuls, mais ils sont primordiaux. Or, il y a à gauche comme à droite une tendance dangereuse à ne parler que des questions touchant à  la souveraineté ou au sociétal et à sous-investir le champ de l'économie. Il est exact que les questions économiques sont sous-estimées.

On a pourtant intérêt à avoir une offre très solide en matière de politique économique. Il faut: dresser un diagnostic incontestable de la situation très dégradée; du sérieux dans nos propositions et de l'audace dans l'action.

Or, ce n'est pas toujours le cas. Quand j'entends Nathalie Kosciusko-Morizet proposer de baisser en une seule année les impôts des Français à hauteur de 100 milliards d'euros, je dis que ce n'est pas sérieux. Quand j'étais responsable du projet de l'UMP [jusqu'en 2014, NDLR] j'avais proposé de réaliser 120 milliards d'euros d'économies sur la durée d'un quinquennat - dont 60 milliards auraient permis de financer une baisse des impôts sur la période -  c'était déjà audacieux. Nous nous devons de présenter une alternance qui s'inscrit dans le réel. Faire de la politique, c'est être sérieux, modeste et opérationnel.

La vie politique est trop théâtrale et cela nuit à notre projet économique. Quand Nicolas Sarkozy parle de la confiance il a raison car la confiance est essentiel pour le redressement économique. Mais la confiance, cela se construit...

Quelles ont les grands axes de votre vision de l'économie?

Je crois réellement à  l'autonomie de la société civile et la liberté des entreprises. Il nous faut donc un nouveau code du travail nettement allégé. Il faut aussi être attentif à l'égard des nouveaux mouvements à l'œuvre dans l'économie, comme l'économie collaborative. Il faut donc adapter les normes pour que ces nouvelles tendances  puissent s'épanouir, plutôt que de vouloir absolument les faire rentrer dans les clous.

Je souhaite aussi que les entreprises soient entièrement libres de négocier la durée du travail dont elles ont besoin. Il faut aussi favoriser la prise de risque. "Une économie sans risque est une économie sans croissance", a dit Jean Tirole, le prix Nobel d'économie. Je fais mienne cette maxime. Je prône aussi une baisse de la fiscalité des ménages et des entreprises. A cet égard je ne suis absolument pas partisan de la retenue à la source qui aurait notamment, parmi beaucoup d'autres inconvénients, un effet anesthésiant. Les Français ne verraient même plus combien ils paient d'impôts.

Il faut aussi assumer d'aller au vent du grand large. Or, il y a trop de méfiance. Par exemple je ne comprends pas les réticences d'une frange de mon parti contre le traité TTIP [projet de traité de partenariat avec les États-Unis, Ndlr]. Comme je ne comprends pas que l'on n'écoute pas ce qu'a à dire David Cameron sur l'Union européenne ou que l'on regrette ses propos, alors que dans le même temps on accepte d'écouter Alexis Tsípras en Grèce. D'ailleurs, a propos de la Grèce, j'assume un éventuel Grexit, l'acharnement thérapeutique à des limites.

Que pensez- vous de la loi Macron sur la libéralisation de l'économie?

Cette loi me va. Elle va permettre de simplifier des règles de droit, de libéraliser les transports, de simplifier des procédures. Sur le travail du dimanche, je trouve le texte équilibré. Tout comme je trouve intéressant l'idée d'instituer un barème pour les dommages et intérêts fixés par les prud'hommes. A la différence de Nicolas Sarkozy qui préfère un choc frontal avec la majorité en place, moi, je suis disposé à voter cette loi. Certes, il y a des absences dans le texte, par exemple, il manque des dispositions pour gommer les effets de seuils dans les entreprises. La loi Macron et un loi de micro économie et je crois à l'avenir de ce genre de texte.

Vous évoquez les seuils en entreprise mais il y a justement la loi Rebsamen sur le dialogue social dans les entreprises...

La loi Rebsamen a abîmé le sujet. Elle ne s'est pas assez attaquée aux effets de seuils, elle ne change finalement pas grand chose. Généraliser la "délégation unique du personnel", c'est insuffisant. Les effets de seuils, ce ne sont pas que les institutions représentatives du personnel mais aussi des taxes additionnelles, des actes administratifs supplémentaires, etc. Or, il n'y a rien là dessus.

Vous avez été candidat contre Nicolas Sarkozy à la présidence de l'UMP qui s'appelle maintenant "Les Républicains", que pensez-vous de ce changement de nom et comment vous sentez vous au sein de cette formation? Serez vous candidat à la Primaire de l'automne 2016?

Je n'étais pas favorable au changement de nom car je pense qu'une formation politique a besoin de continuité et de solidité. Mais je m'adapte puisque c'est fait. Me concernant, je pense avoir ma légitimité. J'ai rassemblé 6,5% des voix sur mon nom, autrement dit 10.000 militants m'ont accordé leurs suffrages. Avec mon mouvement "Droit au cœur", on travaille, on produit beaucoup de propositions, nous sillonnons la France. Nous, au moins, nous organisons de nombreuses conventions.

Quant à la primaire de l'automne 2016, pour l'instant, je ne m'autorise ni ne m'interdis rien. On verra.

Commentaires 22
à écrit le 07/06/2015 à 9:46
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encore un qui n'a rien à dire mais comme il veut qu'on parle de lui il dit n'importe quoi. Un politique aussi nul dans toute sa splendeur. On veut une suite c'est insoutenable cette attente.

à écrit le 05/06/2015 à 13:43
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L'exposé de M. Mariton a au moins la clarté de sa pensée économique. Il s'étonne que son parti n'ose développer ces propositions. Qu'il se rassure, il est en droite ligne de son parti. Mais ce dernier sait pertinemment que toute l'opinion publique r...

à écrit le 05/06/2015 à 12:54
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Beaucoup de ses propos sont plein de bon sens. Voter des lois proposées par l'adversaire politique est une des choses essentielles pour arriver a réformer notre pays. Surtout lorsque cet adversaire propose des changements qu'on aurait du proposer lor...

à écrit le 05/06/2015 à 11:26
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Une intervention libre et salutaire.

à écrit le 05/06/2015 à 11:15
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Enfin quelqu'un de bon sens ! Avec F Fillon, il est bien le seul...

à écrit le 05/06/2015 à 9:52
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Si il y a bien un domaine dans lequel depuis 40 ans les gaullistes et les gauchistes ont mené la même politique, c'est bien l'Economie: Etat tout puissant interventioniste et mauvais gestionnaire (dernier exemple Areva) Fiscalité et déficits toujours...

à écrit le 05/06/2015 à 9:13
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M.Mariton veut faire des propositions économiques ? Qu'il revoie un peu son droit européen ! Seule la Commission Européenne a ce pouvoir, de proposer des vraies réformes économiques et c'est bien ça le problème ! La Commission doit décider pour 28 et...

le 05/06/2015 à 19:13
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@LAOwcost : on a compris d'où vous venez et où vous voulez aller. Ceci est un espace d'échange d'idees, et non pas une tribune de propagande politique. Ce que vous dites de l'UE ne correspond pas aux traités. La politique économique n'est pas une pol...

à écrit le 05/06/2015 à 5:22
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Lui aussi un adepte du discours nous connaissons tous ses politiciens en short qui promettent de baisser les impôts et qui par magie vous explique ou non d’ailleurs lorsqu’ils sont au pouvoir que la meilleure!!! des actions n’est plus la baisse mais ...

à écrit le 04/06/2015 à 21:03
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En réalité la France a besoin de réformes libérales qui ne sont ni de gauche ni de droite (l'allocation universelle est de gauche mais est libérale...quant à la droite française, elle a toujours été colbertiste depuis Colbert justement). On peut dem...

à écrit le 04/06/2015 à 19:16
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Dur de croire que l'UMP fera la moindre réforme en 2017. Ils n'ont rien fait sous Chirac et Sarkozy, votent contre la loi Macron qui ne va pas assez loin mais est quand même un progrès....

le 04/06/2015 à 20:41
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En 2007 Sarko avait promis plein de choses 18 mois Apres c'était pratiquement rien et la crise n'était pas arrivé Ensuite il a fait des dettes et aucune réformes de fond meme les régimes spéciaux Ca a fini par coûter plus

à écrit le 04/06/2015 à 18:15
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Vivre à côté des centrales nucléaires de Cruas, de Tricastin ça n'arrange pas le cerveau des gens. Elles semblent générer en même temps que de l'électricité a haute tension, du "courant" néo-libéral à dose mortelle. Pauvre Monsieur Mariton.RIP chez l...

à écrit le 04/06/2015 à 18:01
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Mariton est un liberal pur et dur.....c'est un ideologue intransigeant. Dans la ville de CREST ville ou il exerce la fonction de maire on attend de lui qu'il oublie un peu les dogmes et qu'il ait des resultats sur le chomage notamment.

à écrit le 04/06/2015 à 17:01
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Enfin de l'honnêteté intellectuelle : çà nous change. Ce monsieur a mille fois raison : c'est çà le problème : à droite aussi, ils sont nuls en économie. Tellement nuls qu'ils s'opposent aux réformes libérales de Mr Macron. Quand on est simple con...

à écrit le 04/06/2015 à 16:55
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Le parti gaulliste etait un parti colbertiste/ keynesien et conservateur. Les conservateurs pas nostalgiques du liberalisme des annees 80 Reagan Thatcher vont au FN ou s abstiennent de voter. diminuer les impots = diminuer les retraites + diminuer...

le 04/06/2015 à 18:29
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Franchement si un politicien promettait de sabrer dans toutes ces aides je voterai pour lui ! Que les retraités ne puissent plus partir en croisiere, que le lapinisme ne soit plus encouragé (faire des chomeurs a haute doses est une idee geniale) et ...

le 04/06/2015 à 20:19
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+1. Ah, savais pas que NKM racontait des conneries !

à écrit le 04/06/2015 à 16:24
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pas grand chose de concret dans l interview. ecorner NKM qui ne represente qu elle est pas tres courageux. Sarkozy ment aussi et sera pas plus capable de redresser la france en 2017 qu en 2007 ! Sinon vulgate classique. croire que se livrer pied et ...

à écrit le 04/06/2015 à 16:16
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"Faire de la politique, c'est être sérieux, modeste et opérationnel" Hervé Mariton. Qu'on aimerait que ce soit vrai. Ca l'était sûrement plus du temps de la Grèce antique . A la lecture de ce genre de phrase, le décalage entre les politiques et le...

à écrit le 04/06/2015 à 16:08
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oui à son programme économique. non à son conservatisme sociétal. donc le terme liberal ne convient pas à Hervé Mariton dommage

à écrit le 04/06/2015 à 16:01
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Que Mr Mariton se rassure, les propositions économiques de feue l'UMP n'étaient pas cohérentes non plus. La preuve, il n'y a qu'à voir leur bilan. Tout n'a été et ne sera toujours que palabre, emberlificotage et enfumage, avec ou sans nouvelle appela...

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