L'UMP fixe ses règles pour sa première primaire

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Pour la première fois, l'UMP va organiser un primaire pour désigner son candidat à l'élection présidentielle.
Pour la première fois, l'UMP va organiser un primaire pour désigner son candidat à l'élection présidentielle. (Crédits : © Jacky Naegelen / Reuters)
Le bureau politique de l'UMP a examiné le 7 avril les conditions d'organisation de la primaire qui aura lieu en novembre 2016. Les détails ont leur importance...

Mardi 7 avril, Nicolas Sarkozy a réuni le bureau politique de l'UMP pour définitivement arrêter les règles de la fameuse primaire "de la droite et du centre" qui se déroulera fin novembre 2016 afin de choisir l'heureux élu qui défendra les couleurs de l'UMP et de l'UDI lors de la présidentielle de 2017.

Nicolas Sarkozy n' a jamais été un franc partisan de cette primaire. Mais dès son élection à la tête de l'UMP, en décembre 2014, il a été obligé de donner des gages à son principal concurrent d'alors, Bruno Le Maire, député de l'Eure, qui, lui, en défendait le principe mordicus. Ce qui est aussi le cas des anciens Premiers ministres Alain Juppé et François Fillon. Mais aussi de quelques caciques du parti comme Nathalie Kosciusko Morizet ou Xavier Bertrand.

L 'ex-chef de l'Etat a donc confié le soin au député Thierry Solaire - un proche de Bruno Le maire - de rédiger un rapport sur l'organisation de la primaire. Ses conclusions ont été remises à l'UMP la semaine dernière. Elles vont donc faire l'objet d'un débat interne ce 7 avril.

Dans son rapport, Thierry Solaire plaide pour une primaire très ouverte. Elle serait accessible à tous les électeurs s'acquittant d'un droit de 2 euros (la primaire socialiste avait fixé le droit à un euro) et qui adhérent à une charte de valeur inscrite comme suit :

"je partage les valeurs républicaines de la droite et du centre et je m'engage pour l'alternance afin de réussir le redressement de la France".

Le parrainage d'au moins 250 élus

pour se présenter, selon le rapport, les candidats devraient réunir la signature d'au moins 25 parlementaires et 250 élus répartis sur au moins 30 départements. Ils devront également obtenir le parrainage de 2.500 adhérents d'au moins 15 départements.

Déjà, Nathalie Kosciusko-Morizet et Xavier Bertrand avaient demandé à ce que les seuils de parrainages soient moins élevés. Ils ont été partiellement entendus puisque le seuil de parlementaires nécessaires a finalement été abaissé de 25 à 20.

Par ailleurs, il est expressément prévu que les candidatures ne sont pas réservées aux seuls membres de l'UMP. Ce qui signifie que des candidats issus de l'UDI, voire du MoDem pourront concourir. Mais, à ce stade, François Bayrou - déjà trois fois candidats à la présidentielle - ne semble pas intéressé.

Par ailleurs, quelques soient les résultats du scrutin, chaque candidat s'engage par écrit à "soutenir publiquement le candidat à la présidence de la République désigné à l'issue de la primaire et à prendre part à sa campagne".

Une règle qui fait grincer quelques dents. Ainsi, prenant les devants, Alain Juppé a prévenu dans un entretien à La Tribune: "si le scrutin est bidouillé je me présenterais au premier tour des présidentielles de 2017". Ambiance!

Par ailleurs, 10.000 bureaux de vote seront installés, dont la moitié sera répartie dans chaque circonscription électorale. Les 5.000 restants seront affectés dans le reste du territoire selon une pondération proportionnelle aux résultats obtenus par les candidats de droite et du centre au premier tour de la présidentielle en 2012. Il n'y aura pas de vote procuration, pour éviter de répéter le psychodrame qui avait agité le scrutin chaotique entre Jean-François Copé et François Fillon pour prendre la tête du parti en 2012.

Une Haute Autorité sera chargée de veiller à la bonne tenue du scrutin. Elle se chargera également de vérifier les comptes de campagne de chaque candidat.

Nicolas Sarkozy contraint de quitter la présidence de l'UMP prématurément?

Le premier tour de la primaire aura lieu le 20 novembre 2016 et le second  (nécessaire si aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour) le 27. La question s'est  posée de savoir quand Nicolas Sarkozy devra quitter la présidence de l'UMP pour respecter une équité avec les autres candidats. Les adversaires de Nicolas Sarkozy craignaient qu'il se débrouille  pour rester le plus longtemps en place, soit jusqu'au 20 septembre 2016, juste deux mois avant le scrutin et début de la campagne officielle. A priori,la date du dépôt des candidatures ayant été fixées au 9 septembre 2016, les membres de la direction de l'UMP qui souhaiteraient se déclarer candidats devront démissionner au plus tard le 8 septembre 2016. C'est notamment le cas de Nicolas Sarkozy mais aussi de Nathalie Kosciusko-Morizet. La liste définitive des candidats sera connue le 21 septembre.

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Commentaires
a écrit le 08/04/2015 à 17:14 :
On peut discuter sur le bien fondé de cette pratique, mais elle devrait avoir l'avantage de possiblement nous éviter le petit haineux.
Sachant que le procès de l'affaire Bygmalion est prévu pour 2021 (au mieux)
a écrit le 08/04/2015 à 10:45 :
l'organisation des primaires, que l'on tend à nous vendre comme le meilleur moyen d'ouverture de la vie politique, ne correspond pas à l'usage initial de la diversité de candidats et à son pluralisme. Elle tend à canaliser l'électeur dans un choix qui ne peut sortir des critères politiques d'un parti où d'un autre. Y -a-t-il un vrai usage démocratique en voulant faire signer une charte à des électeurs potentiels tout en affirmant que la participation est ouverte à tout le monde. Peut-on parler d'un fonctionnement électoral démocratique, lorsque ce dernier est soumis à une contribution.
L'orientation prise en ce sens oblige nécessairement à une recomposition et de distribution des postes en fonction d'un esprit partisan . Il interdit la possibilité de constituer une gouvernance qui emprunterait la force électorale des résultats de chacun des candidats, pour créer un nouvel équilibre. Nous entrons forcément dans un schéma directeur qui n'est pas d'usage purement démocratique ; ceci en fermant l'accès à ceux qui ne s'inscrivent pas dans une organisation ; certes préélectorale, mais qui conditionne la liberté de choix.
Réponse de le 08/04/2015 à 18:11 :
C'est un processus démocratique à l'intérieur d'un camp politique bien défini. Ceux qui n'adhèrent pas aux idéaux de la droite ne peuvent pas se sentir exclus !
Un scrutin à deux ronds, ce n'est quand même pas un système censitaire ! Soyons sérieux.
a écrit le 07/04/2015 à 18:41 :
Pour ces primaires vaut peut être mieux élire un candidat dont on est sûre qu'il sera éligible à la date des élections présidentielles. :)
Réponse de le 07/04/2015 à 20:45 :
Un repris de justice Ca vous ira !!
Rires !
a écrit le 07/04/2015 à 18:02 :
Les magouilles n'ont jamais cessé, avec la "primaire", elles vont redoubler... et ensuite elles continueront au niveau de l'Etat. Belle image. Ainsi va la France pendant que le FN progresse.
a écrit le 07/04/2015 à 17:50 :
Quelles "konneries" toutes ces primaires ...

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