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Incidents au Salon de l'agriculture : l'exécutif accuse des agriculteurs proches de l'extrême droite

latribune.fr

Publié le 26 février 2024 à 10:05 - Mis à jour le 26 février 2024 à 17:00

Samedi de nombreuses échauffourées et heurts entre manifestants et CRS n'ont eu de cesse de retarder l'inauguration de l'événement de plusieurs heures.

Samedi de nombreuses échauffourées et heurts entre manifestants et CRS n'ont eu de cesse de retarder l'inauguration de l'événement de plusieurs heures.

© Christophe PETIT TESSON / POOL / AFP

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Aux yeux du gouvernement, les heurts qui ont émaillé la venue du chef de l'Etat samedi au Salon de l'agriculture ont été causés par la Coordination rurale, un groupe d'agriculteurs proche du Rassemblement national. Une position balayée d'un revers de la main par ce dernier.

Après les heurts samedi lors de la visite du président de la République au Salon de l'agriculture, l'exécutif s'en prend à ceux qu'il considère comme les principaux responsables du désordre. Par la voix de sa porte-parole Prisca Thévenot, le gouvernement dénonce ce lundi l'attitude d'une « centaine d'agriculteurs ultra violents ».

«Nous avons eu une centaine d'ultra violents qui étaient là pour en découdre», a ainsi déclaré Prisca Thévenot sur RMC.Ces manifestants «n'étaient absolument pas représentatifs des agriculteurs» et tenaient des propos «extrêmement choquants» comme «on est chez nous», rappelant ceux entendus lors des meetings de l'extrême droite, a-t-elle jugé.

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Malmené au Salon de l'agriculture, Macron attaque le RN

Pour rappel, samedi de nombreuses échauffourées et heurts entre manifestants et CRS n'ont eu de cesse de retarder l'inauguration de l'événement de plusieurs heures. Le président de la République a finalement coupé le ruban tricolore à 13h30. Or, l'horaire initial était fixé à 9 heures.

Jamais une inauguration de ce salon par un chef de l'Etat n'était intervenue aussi tardivement, avec le hall principal, celui des animaux, fermé au public à l'ouverture. 

La veille, la proposition du président de la République de tenir un « grand débat » a été annulée après le refus de nombreux syndicats agricoles.

Macron persiste et signe

Les déclarations de Prisca Thévenot interviennent alors qu'Emmanuel Macron, dans les colonnes du Figaro, lui, accuse de manière délibérée la Coordination rurale d'être derrière les heurts de samedi.

« Malgré les discussions et les avancées, un syndicat a fait le choix de ne pas appeler au calme : c'est la Coordination rurale », assène-t-il, en assurant que « des décideurs locaux de la Coordination rurale sont engagés de manière très officielle au Rassemblement national ».

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«Le Salon a toujours brassé politiquement, ce n'est pas nouveau. Mais quand vous avez des centaines de gens avec des drapeaux réclamant le Frexit, ce ne sont pas des mouvements agricoles, c'est factuel», a-t-il estimé.

Dans cet entretien, Emmanuel Macron s'est aussi exprimé sur les prochaines élections européennes, qui se tiennent dans quelques mois seulement. Le chef de l'Etat compte s'engager dans ce « combat existentiel » et juge qu'il existe « un clivage européen » sur l'agriculture.

Pour lui, il y a d'un côté « une offre politique pour réformer l'Europe, la rendre plus souveraine, plus unie aux côtés de l'Ukraine, et défendre notre PAC ». Et de l'autre, « il y a des gens qui, avant, assumaient d'être pour le Frexit et qui maintenant veulent juste sortir de la zone euro ». Et de dénoncer : « Ce sont des transformistes ». Pour rappel, le terme « Frexit », comme le Brexit en Grande-Bretagne, signifie une sortie de la France de l'Union européenne.

Le président du RN réplique

Cette lecture est loin de faire l'unanimité. Sans surprise, l'eurodéputé et président du Rassemblement national Jordan Bardella, qui a entamé dimanche matin une visite de deux jours au salon, a rétorqué à l'adresse d'Emmanuel Macron : « Je pense qu'il n'a manifestement plus les capteurs du pays dont il est le président. Et sans doute ne se rend-il pas compte de la souffrance que provoque sa politique ».

Le jeune dirigeant du RN a par ailleurs assuré aux agriculteurs qu'il œuvrerait en faveur d'un « patriotisme économique » et qu'il comptait « changer de logiciel » au niveau européen, avec notamment la « sortie des accords de libre échange ».

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Au Salon de l'agriculture, de grandes concessions aux syndicats

Interrogée ce lundi matin sur BFMTV avant de se rendre au salon, l'agricultrice Céline Imart, numéro deux sur la liste de LR aux européennes, a accusé le chef de l'Etat de traiter la crise agricole « comme une grève à la SNCF », dénonçant des « mesurettes » qui ne s'inscrivent pas dans « le temps long ». Le chef de l'Etat « souffle sur les braises de la colère agricole depuis des mois » et attend maintenant que les agriculteurs lui proposent « des mesures de simplification », a ajouté celle qui est céréalière.

«Cirque médiatique»

De son côté, le Premier ministre s'est invité dimanche soir au Salon de l'agriculture. Une surprise. Faisant référence aux polémiques et heurts de samedi, Gabriel Attal a mis en garde contre le « cirque médiatique », « politique » et « militant ».

«Je veux aussi rappeler que ce salon appartient avant tout aux agriculteurs et aux Français. Et je rappelle que le Salon de l'agriculture doit être, cette année encore, la fête nationale et le succès populaire qu'il est depuis 60 ans pour les Français», a déclaré le Premier ministre, lors d'une courte allocution en arrivant sur place dimanche.

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Jordan Bardella, deux jours au Salon de l'agriculture

Et d'ajouter : « Notre ennemi, ce n'est pas l'étranger, c'est la loi du marché débridée ». Et « vous qui êtes des professionnels de l'agriculture, vous savez mieux que personne que cette exception agricole ne doit être en aucun cas une fermeture. Car renoncer à commercer, c'est condamner notre agriculture à sombrer », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a aussi critiqué les positions du Rassemblement national sur l'agriculture : « Les Français ne sont dupes de rien. Ni de l'instrumentalisation, ni du mensonge, ni de la poudre aux yeux. »

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Le prix plancher, solution de l'exécutif ?

Lors de sa visite au salon, le chef de l'Etat a sans relâche tenté de défendre l'action de son gouvernement à l'égard du monde rural : mobilisation de son Premier ministre et des préfets, suppression des taxes sur le GNR (gazole non routier) pour les agriculteurs, simplification des normes  - reconnaissant à plusieurs reprises que « c'était extrêmement compliqué mais qu'ils le feraient »... Le président Macron s'est aussi positionné comme le défenseur de l'Europe, qui chaque année permet à l'Hexagone de bénéficier de 10 milliards d'euros de subventions pour le secteur.

Mais sa principale annonce est, sans conteste, la mise en place d'un prix plancher « filière par filière ». « Il y aura un prix minimum, un prix plancher, en dessous duquel le transformateur ne peut pas acheter et le distributeur ne peut pas vendre », a ainsi promis Emmanuel Macron. Cette mesure est réclamé de longue date par les principaux syndicats agricoles. Mais elle va l'encontre des déclarations du ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, qui ces derniers jours avait écarté cette option.

(Avec AFP)

latribune.fr

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