LA TRIBUNE - Ex-maire d'une commune de 12.000 habitants en Haute-Garonne, députée Renaissance et, depuis le 4 juillet 2022, secrétaire d'Etat chargée de la Ruralité. Quelle est votre feuille de route ?
DOMINIQUE FAURE - Je veux écouter et trouver des solutions pragmatiques pour les 22 millions de Français qui vivent sur 88% du territoire national considérés comme des territoires ruraux. Or la solution n'est pas unique. Il n'y a pas une ruralité mais des ruralités avec des spécificités propres à chacune - comme la montagne ou le littoral - et des problématiques différentes à chaque endroit. De nombreux habitants des territoires ruraux ont exprimé, en 2022, un vote de rejet à la présidentielle - car la vie y est plus dure et qu'ils ont le sentiment de n'être pas assez entendus - mais il y a aussi des ruralités heureuses et positives. Je la rencontre lors de mes déplacements. C'est pourquoi, je travaille, par exemple, avec Christophe Béchu sur la transition écologique dans les territoires ruraux, Marc Fesneau sur les problématiques agricoles, Agnès Firmin Le Bodo sur les déserts médicaux, Clément Beaune (Transports) sur les mobilités et Stanislas Guerini sur l'accès aux services publics afin, à la fois, de répliquer les solutions qui marchent, et de soutenir les territoires en souffrance dans la résolution de leurs problèmes.
Vous avez été première vice-présidente de Toulouse Métropole chargée de l'Economie, de l'Innovation et de l'Emploi de 2020 à 2022. Quelles sont vos priorités dans ces domaines ?
Lors des élections municipales et présidentielle, les Français n'ont pas eu le temps de percevoir et de reconnaître tout le travail accompli par le gouvernement. Jacqueline Gourault et Joël Giraud avaient pourtant mis en place un Agenda rural. Rendez-vous compte : 181 mesures en faveur de la ruralité, dotées de 10 milliards d'euros d'ici à fin 2022 ! On ne peut plus dire que les territoires ruraux ont été oubliés par l'Etat ! 15 jours après mon entrée au gouvernement, la Première ministre m'a demandé d'évaluer l'efficacité de cette politique au terme de trois ans de mise en œuvre. C'est pourquoi j'ai confié une mission d'évaluation à l'Inspection générale de l'Environnement et du Développement durable (IGEDD) pour un rendu prévu courant janvier 2023. En parallèle, j'ai lancé des ateliers de travail sur six thématiques complémentaires aux travaux du Conseil national de la refondation (CNR) : habitat, logement, mobilités ; culture, patrimoine, mémoires ; sports et vie associative ; sécurité, prévention et vie quotidienne des collectivités locales ; ruralités et Europe ; enfin, attractivité des territoires ruraux. Ces ateliers sont chargés de faire remonter des propositions pour améliorer le quotidien de nos concitoyens vivant dans les territoires ruraux d'ici courant janvier également afin de donner une suite à l'Agenda rural.