Jour de "libération" fiscale : réponse aux critiques

Chaque année, l'Institut économique Molinari (IEM) publie un classement des pays selon le jour de "libération" fiscale, c'est-à-dire celui où les contribuables cessent de travailler pour les finances de Etat et retrouvent pleinement leur pouvoir d'achat. L'approche méthodologique soulève de nombreuses critiques. Cécile Philippe et Nicolas Marques, respectivement directrice générale et chercheur associé à l'IEM, y répondent.
(Crédits : CC0 Public Domain)

Depuis 7 ans, nous publions chaque été une étude sur la fiscalité du salarié moyen au sein de l'Union européenne (UE). C'est l'occasion d'analyser concrètement l'impact de la fiscalité sur le pouvoir d'achat des salariés moyens. Ce benchmark est devenu un rendez-vous annuel attendu. Ce n'est pas un hasard si le ministre des Finances belge se félicitait mardi que la dernière mouture du classement montre que son pays laisse la première place à la France, suite à la mise en place d'un ambitieux « tax shift ».

Si de nombreux commentateurs considèrent que ce travail « de bénédictin » apporte de la transparence sur une question complexe, d'autres s'interrogent sur sa pertinence.

A la fois, cotisant, contribuable et consommateur

Une partie des interrogations portent sur le calcul. Partant du principe que le salarié est à la fois un cotisant, un contribuable et un consommateur notre démarche intègre les charges sociales, l'impôt sur le revenu et la TVA. Le salarié moyen finance en effet, directement ou indirectement, tous ces prélèvements obligatoires. La prise en compte des charges sociales patronales continue de susciter des questions dans un grand journal français du soir. Pourtant, ces charges sont payées, comme les charges salariales, par l'employeur en contrepartie du travail du salarié. Précisons que le choix de l'institut Molinari n'est en aucun cas isolé. Toute une série de travaux internationaux dont « Taxing Wages » de l'OCDE font de même en intégrant les charges patronales.

D'autres critiques sont liées au cas type utilisé pour comparer les salariés de l'UE. Certains se demandent si le fait de choisir un salarié moyen a du sens. Pourtant à l'échelle des 28 pays de l'UE, même des plus petits, la moyenne est représentative. D'autres se demandent pourquoi les calculs sont faits pour un célibataire sans enfant et si cela pénalise la France au titre de l'impôt sur le revenu. Au-delà de la réalité statistique (les couples ne représentent que 32% des foyers fiscaux et 75% des foyers fiscaux ne déclarent pas d'enfants), cette interrogation passe à côté d'un des enseignements majeurs de l'étude. En France, l'impôt sur le revenu représente une très faible partie de la fiscalité sur le salarié moyen : 8% contre en moyenne 28% dans l'UE. Même en divisant cet impôt par deux, pour tenir compte de dispositions particulières, le salarié français resterait sur le podium de la fiscalité de l'UE, entre le belge et l'autrichien. Précisons au passage que, contrairement à une idée reçue, la France n'est pas le pays où l'impôt sur le revenu favorise le plus les familles avec enfants, loin de là.

Les bénéfices liés aux prestations publiques

Pour finir certains reprochent à l'étude de ne prendre en compte qu'un aspect, la fiscalité, en oubliant les bénéfices liés aux prestations publiques. L'argument est développé par Le Monde, l'Express et la Tribune. Pourtant une grande partie de l'étude est consacrée à cette question. Nous croisons par exemple nos résultats avec ceux des Nations unies, qui classent la France 9e rang de l'UE dans leur dernier Indice de développement humain (IDH), ou ceux de l'OCDE, qui positionne la France 11e sur 22 pays de l'UE dans sa dernière édition de Better Life. Ces travaux attestent que la France, en dépit de l'importance des prélèvements, n'est pas plus attractive en termes de bien-être. La qualité de vie semble meilleure dans plusieurs pays ayant une pression fiscale et sociale moindre. C'est le cas notamment de pays ayant une tradition sociale très proche de la nôtre comme l'Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas ou la Suède.

Cette critique passe sous silence une des questions essentielles posée par note étude, à savoir en avons-nous pour notre argent ? Et c'est bien dommage car, sauf à exiger que tout le monde signe un chèque en blanc aux pouvoirs publics, cette question est légitime. La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 ne prévoit-elle pas que tous les Citoyens ont le droit de constater la nécessité de la contribution publique et d'en suivre l'emploi ?

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Commentaires 5
à écrit le 28/07/2016 à 14:44
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Payer des impôts n'est pas un problème en soi : nombreux sont les citoyens français qui acceptent l'idée de payer pour une prestation rendu par un "prestataire non choisi" (l'Etat), notamment dans le domaine régalien. Ce que l'IM pourrait mettre en ...

à écrit le 28/07/2016 à 14:02
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on n'en a pas pour son argent et on vit pas bien en France !?! taux de fécondité le plus élevé d'Europe grâce au système social. la France a un très faible taux de pauvreté des retraités (4% dixit l'OCDE ; taux assez inférieur à la plupart des pays...

à écrit le 28/07/2016 à 12:34
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en avons-nous pour notre argent ? est effectivement le seule question pertinente, le concept de "jour de libération" étant stupide. Nous avons des besoins qui doivent être satisfaits et le canal est d'importance secondaire. Serions nous mieux soigné...

le 28/07/2016 à 13:55
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un seul besoin faire disparaitre ces fonctionnaires inutiles et rentiers qui nous coûtent les yeux de la tête quand ils ne nous tuent pas !!!!! le soins : nuls :ma fille est très malade et on l'a viré de l'hopital !!!! nous serons mieux protégés q...

à écrit le 28/07/2016 à 12:28
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La France est en échec sur toute la ligne, OK. Alors, on fait quoi maintenant ?

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