L'accès au crédit reste délicat pour les TPE

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L'accès au crédit bancaire reste délicat pour les très petites entreprises
L'accès au crédit bancaire reste délicat pour les très petites entreprises (Crédits : © Dado Ruvic / Reuters)
Entre 2013 et 2014, les demandes de médiation de crédit ont reculé de 16%. Pourtant, toutes les entreprises ne sont pas logées à la même enseigne.

Certaines statistiques peuvent être trompeuses. Entre 2013 et 2014, les demandes de médiation de crédit ont reculé de 16% pour atteindre le nombre de 2.200 dossiers instruits.

Ce recul semble le signe incontestable d'une amélioration. Cela ne fait aucun doute si l'on s'en tient aux paroles de Frédéric Pesin, le médiateur national du crédit aux entreprises, qui présentait le rapport annuel de la Médiation ce mardi 17 mars:

"Ainsi, près de 1.300 entreprises employant plus de 20.000 personnes ont été confortées dans leur activité, et plus de 370 millions d'euros d'encours de crédit ont été débloqués."

Le rapport annuel est tout aussi optimiste :

" En 2014, l'accès des PME au crédit de trésorerie et au crédit à l'investissement s'est nettement amélioré, d'après les enquêtes de la Banque de France : 79 % d'entre elles ont obtenu totalement ou en grande partie les crédits de trésorerie demandés au 4ème (contre 68% au 4ème trimestre 2013), tandis que 93 % ont pu obtenir le crédit d'investissement sollicité (contre 92% au 4ème trimestre 2013). Au total, la distribution globale des crédits délivrés  par les banques aux PME a augmenté de 1,7 % au cours de l'année 2014 tandis que le nombre de défaillances de PME diminuait sensiblement, en correspondance avec le fléchissement des saisines de la Médiation du crédit par des PME."

Statistiques à relativiser... pour éviter les fausses corrélations

Il n'y aurait donc plus de problème d'accès au crédit pour les entreprises tricolores ? On pourrait le penser. Et se réjouir.

Or, cette statistique doit être relativisée. Car, en réalité, elle témoigne des difficultés des entreprises tricolores face à la crise, notamment des très petites entreprises (TPE) qui représentent 97% des entreprises françaises.

Pourquoi les demandes de crédit ont-elles fondu comme neige au soleil ? Parce que les carnets de commande sont au plus bas, et que le taux d'utilisation des capacités de production a touché un plancher inédit l'année dernière. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que les litiges soient de moins en moins nombreux.

Il ne faut pas non plus négliger l'autocensure pratiquée par les chefs d'entreprises: certains de ne pas voir leur demande acceptée, ils ne la formulent pas.

Cependant, la médiation constate toujours des problèmes de financement à court terme et un nombre très limité des autorisations de découverts. Les très petites entreprises du secteur des travaux publics et de la restauration-hôtellerie sont les plus en difficulté selon le rapport de la médiation. La montée en puissance du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), qui sert surtout à soulager les tensions de trésorerie des entreprises, ne peut pas tout !

Le retour de la confiance ? 9% seulement envisagent de recruter

La situation peut-elle s'améliorer cette année ? Les dirigeants de TPE semblent y croire. Leur moral remonte ! Publié le 26 février, le baromètre de confiance réalisé par l'Ifop pour Fiducial est reparti à la hausse au premier trimestre.

Il reste toutefois à un très faible niveau. En effet, seulement un peu plus d'un quart des personnes interrogées (27%) se disent optimistes sur le climat général des affaires en France, soit une hausse de 15 points par rapport au quatrième trimestre 2014, qui constituait un plus bas.

Ils sont en revanche 73% à se déclarer pessimistes. Reste un point très très légèrement positif: c'est la proportion la moins importante depuis le deuxième trimestre 2012.

Pour leur propre activité, 46% des dirigeants de TPE se disent optimistes, soit une hausse de 7 points par rapport au quatrième trimestre 2014. Quant à la proportion de ceux qui estiment la situation financière de leur entreprise préoccupante, elle passe de 36% à 28%, soit le plus faible niveau depuis le deuxième trimestre 2012.

Dans ce contexte, 85% d'entre eux tablent sur une année atone. Ils ne sont que 9% à envisager des créations de postes.

La politique de Quantitative Easing entamée par Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), synonyme d'afflux massif de liquidités, permettra-t-elle de résoudre des difficultés d'accès au crédit ?

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Commentaires
a écrit le 18/03/2015 à 8:39 :
Je tire mon chapeau pour les dirigeant(e)s de TPE. Ils sont constamment face à des difficultés en plus de s'investir corps, âme et finances dans leur entreprise. Ils doivent faire face à une administration envahissante, à des banques qui sont plus là pour encaisser que pour aider, à des normes techniques incroyables, etc ... alors qu'ils n'ont pas les ressources physiques et financières pour répondre à toues ces contraintes et difficultés. Pourtant, les TPE sont les principales employeurs en France. Elle sont actives et réactives. Leur seul problème : les entrepreneurs sont tellement occupés à développer et/ou à faire survivre leur entreprise qu'ils ne passent pas de temps à manifester, à faire du lobbying, à se pavaner, à faire du spectacle et à engraisser X ou Y. Reste que sans les TPE, la France irait bien plus mal. De ce fait, au lieu d'aider les banques sans réelles conditions, le gouvernement (les différents gouvernements) devrait les aider en allégeant leurs charges de toutes sortes et en imposant aux banques, un minimum d'investissement/d'accompagnement financier aux TPE.
a écrit le 18/03/2015 à 7:49 :
Il est clair qu'une grande partie des TPE autocensure leur demande et pas forcément celles qui sont en difficultés. Il est préférable de monter en puissance sans les banques qui souvent ont mis des conseillers pour qui l’entreprise est une inconnue. Il est d’ailleurs paradoxal de voir que peu pour ne pas dire jamais de visite de conseillers sur le lieu de travail les banques connaissent de leur client que le compte sur l‘écran.
Pourtant des TPE ont des capacités de croissance mais ne croient pas dans les banques même celles qui se disent régionales, mot accrocheur à défaut de s’impliquer avec une vraie étude de risques. Les banques aujourd’hui souhaitent verrouiller le maximum pour cela elles s’associent!!!!! à des partenaires, par exemple créer un site, partenaires bien plus cher souvent que d’autres acteurs de même produit. Il ne faut pas se voiler la face les banques ne sont pas faites pour le « petit » et le politique sous la pression des financiers a refusé de scinder le système bancaire. Si aujourd’hui la France est dans une situation économique difficile la faute première en revient aux politiques mais juste derrière aux banques qui incapables d’évaluer les risques, préfèrent la simplicité fermer le robinet.
a écrit le 17/03/2015 à 22:24 :
"L'accès au crédit reste délicat pour les TPE"

En voilà un doux euphémisme...
a écrit le 17/03/2015 à 18:52 :
il faut bien avouer que quand segolene propose de faire plein d'investissements ' sans regarder la rentabilite', elle est la seule a croire a ses conneries
le reste se paye cash au quotidien, en lisant les ratios pour ceux qui savent, voire mieux.... en pratiquant soi meme la gestion ( avec son propre pognon, pas comme les socialistes qui ont plein d'idees pour les autres).....

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