L'activité du secteur privé poursuit plus rapidement son recul en France

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L'activité du secteur privé a de nouveau reculé en octobre en France, après une première baisse en septembre depuis le déconfinement, confirmant l'arrêt de la reprise économique, selon le cabinet IHS Markit.
L'activité du secteur privé a de nouveau reculé en octobre en France, après une première baisse en septembre depuis le déconfinement, confirmant l'arrêt de la reprise économique, selon le cabinet IHS Markit. (Crédits : Reuters)
Pour le deuxième mois consécutif en octobre, l'activité du secteur privé a reculé en France, selon le cabinet IHS Markit. Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a également averti que la croissance serait probablement négative pour le dernier trimestre.

L'activité dans les services, qui représentent la plus grosse part de l'activité en France, est passée de 47,5 en septembre à 46,5 en octobre, soit le niveau le plus bas de ces cinq derniers mois. L'indice composite global pour ce mois d'octobre, qui combine l'activité des services et celle du secteur manufacturier, s'est lui aussi replié à 47,3, contre 48,5 en septembre. Pour rappel, un chiffre en dessous de 50 signale une contraction de l'activité.

On assiste donc pour le deuxième mois consécutif à une « accélération » de la contraction de l'activité. Elle s'explique par les mesures de couvre-feu imposées par le gouvernement pour faire face à la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19, selon un communiqué du cabinet IHS Markit, qui prend chaque mois la température des entreprises du secteur privé.

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Baisse des services, légère progression de l'activité manufacturière

Cette contraction touche le secteur des services, tandis que la production manufacturière continue de progresser, même si c'est à un rythme moins soutenu. « Ce nouveau repli de l'activité globale reflète une forte détérioration de la demande », les entreprises interrogées par le cabinet ayant rapporté une deuxième baisse mensuelle consécutive des nouvelles affaires, souligne IHS Markit.

Cette baisse de la demande a conduit les entreprises à « de nouveau réduire leurs effectifs en octobre » et à diminuer leurs prix de vente malgré l'augmentation de leurs coûts. « Les entreprises privées françaises n'ont maintenant plus qu'à espérer que les dernières mesures imposées par le gouvernement parviendront à freiner la progression du virus, la clientèle des entreprises n'étant pas prête à s'engager dans des projets de grande ampleur alors que la contamination poursuit une trajectoire ascendante », estime Eliot Kerr, économiste chez IHS Markit, cité dans le communiqué.

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Alerte rouge pour la fin d'année

Selon Eliot Kerr, avec l'hiver qui approche, « une baisse marquée du nombre de cas et une réouverture totale de l'économie semblent toutefois fort peu probables », une situation de mauvais augure pour la période des fêtes de fin d'année, « habituellement cruciale » pour beaucoup d'entreprises.

Un sentiment partagé par Bruno Le Maire. Le ministre de l'Économie a prévenu ce vendredi 23 octobre que l'évolution du produit intérieur brut (PIB) français risque de repartir à la baisse au quatrième trimestre, du fait de la deuxième vague épidémique et du couvre-feu imposé dans de nombreux départements. Il se veut toutefois optimiste : « Je vous dis qu'il y aura un fort rebond de l'économie française en 2021 et que nous pourrons retrouver en 2022 notre chiffre de développement économique de 2019 », a-t-il déclaré sur Europe 1.

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Cette rechute probable de l'économie française « n'est pas une surprise », a ajouté le ministre, expliquant que cette éventualité a été intégrée dans la prévision de contraction du PIB de 10% faite par le gouvernement pour l'ensemble de l'année 2020.

Au total, les mesures annoncées dans le cadre de l'élargissement du couvre-feu à 38 nouveaux départements français - soit 54 départements désormais concernés - devraient coûter un peu plus de deux milliards d'euros selon Bruno Le Maire. Précisant qu'« il n'y a pas d'inquiétude à avoir », sur le financement de ces aides. « Nous avions prévu 9 milliards d'euros sur le fonds de solidarité, nous n'en avons dépensé que 6, donc nous pouvons tenir jusqu'à la fin de l'année avec les sommes que nous avions prévues. Si, au-delà, les mesures devaient se prolonger, nous rechargerions les dispositifs », a encore prévenu le ministre.

(Avec AFP)

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