L'apprentissage en plein boom

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Fin 2019, il y avait ainsi 485.800 apprentis contre 437.000 un an plus tôt, selon le ministère qui met en avant pour la première fois une progression à deux chiffres.
Fin 2019, il y avait ainsi 485.800 apprentis contre 437.000 un an plus tôt, selon le ministère qui met en avant "pour la première fois une progression à deux chiffres". (Crédits : Reuters)
Le nombre de jeunes entrés en apprentissage a progressé de 16% en 2019 pour atteindre un nouveau record de 353.000. De leur côté, les régions dénoncent "les mensonges" de la ministre du Travail Muriel Pénicaud qui s'approprie, selon elles, les bons résultats sur l'apprentissage obtenus grâce à leur action.

Les voyants sont au vert pour l'apprentissage. Selon des chiffres communiqués par le ministère du Travail ce mardi 4 février, plus de 350.000 nouveaux contrats d'apprentissage ont été signés en 2019, soit une hausse de 16%. À la fin de l'année 2019, l'administration a recensé 485.000 apprentis sur le territoire français contre 437.000 un an plus tôt. Cette hausse spectaculaire arrive après des années favorables entre 2016 et 2018 et négatives entre 2013 et 2015. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, s'est félicitée de ces chiffres sur les réseaux sociaux. Dans un communiqué, l'association des régions de France n'a pas tardé à réagir, dénonçant les "mensonges" de la ministre. 

"La croissance à deux chiffres dont se prévaut à longueur d'interviews Mme Pénicaud, ce sont les régions qui en sont à l'origine ! Rappelons les chiffres que la ministre ne mentionne jamais : depuis 2015, le nombre d'apprentis a progressé de 10%. Les régions ont financé l'apprentissage à hauteur de 9 milliards d'euros sur les cinq dernières années, dont près d'un milliard d'investissements".

L'apprentissage retrouve des couleurs dans le secondaire

Les chiffres favorables de l'apprentissage s'expliquent en partie par une hausse dans le secondaire (CAP et bac pro) entre 2018 et 2019 (+8%), passant de 188.005 à 203.000. "En 2019, 70.949 jeunes ont formulé des vœux en faveur d'un apprentissage sur Affelnet (la procédure d'affectation), soit une augmentation supérieure à 40% en deux ans" expliquent les services de la rue de Grenelle. Pendant longtemps, la dynamique des chiffres de l'apprentissage s'est principalement reposée sur la croissance des entrées dans l'enseignement supérieur. Dans un dossier réalisé par l'Insee en 2018, les auteurs affirmaient que :

"La crise marque le début d'une phase de stabilité puis de reflux : entre 2008 et 2015, le nombre de nouveaux contrats a baissé de 9 %. Les entrées d'apprentis du second cycle du secondaire chutent de 24 %, alors que l'apprentissage dans le supérieur continue de se développer (+ 48 %)."

Ouvertures supplémentaires de CFA

La loi de septembre 2018 portant sur la liberté de choisir son avenir professionnel a libéralisé le marché des organismes de formation "qui souhaitent dispenser des actions de formation par apprentissage et pour lesquelles un niveau de financement pour chaque contrat est dorénavant assuré". Suite à ces différentes mesures d'assouplissement, 965 centres de formation des apprentis (CFA) ont été recensés avant le passage de la loi contre 1.200 au 31 décembre 2019 d'après les chiffres du ministère. Enfin, l'apprentissage a été élargi. Il est désormais ouvert jusqu'à la veille des 30 ans.

Une hausse dans toutes les régions et tous les secteurs

Sur le plan géographique, toutes les régions ont bénéficié de cette hausse selon les statistiques du ministère du Travail. Les hausses les plus importantes concernent la Corse (+27,3%), l'Auvergne-Rhône-Alpes (+23,8%) et l'Occitanie (+21,6%). Parmi les moins dynamiques figurent la Nouvelle Aquitaine (+10,2%), l'Ile-de-France (+12,8%) et le Centre-Val de Loire (13,9%). L'ensemble des régions connaît une croissance à deux chiffres sauf dans quelques zones d'Outre-mer comme la Martinique (2,6%) ou la Réunion (+4,5%).

Au niveau des entreprises, cette hausse a profité à tous les secteurs. Dans le bâtiment par exemple, le nombre d'apprentis a progressé de 13% et dans l'industrie, les chiffres de l'UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie) indiquent une hausse de 11%. Plusieurs réseaux comme les maisons familiales rurales ou les chambres de métiers et de l'artisanat ont également noté une embellie des inscriptions.

Les régions tirent à boulets rouges

Le bilan du gouvernement est loin de faire l'unanimité. Pour l'association des régions de France, la transformation amorcée par l'exécutif "fait peser un risque majeur sur le système d'apprentissage. Les « 554 intentions de création d'un CFA » dont se prévaut Mme Pénicaud se heurteront à la réalité du terrain, avec des fermetures ou des restructurations de très nombreux CFA, en particulier les CFA interprofessionnels, ceux en zones rurales ou ceux qui forment aux métiers rares". Les relations entre le gouvernement et les collectivités locales restent toujours aussi tendues.

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Commentaires
a écrit le 05/02/2020 à 22:41 :
Une mauvaise réforme. Les régions ont raison, on va faire péter le système de formation, et es apprentis seront des sous employés à bon marché.

On en reparle dans 2 ans!
a écrit le 05/02/2020 à 21:16 :
Les commentaires des présidents de région sont scandaleux. Comment peuvent ils accuser la ministre de mentir quand c'est l'action du gouvernement qui permet le développement de l'apprentissage même si celui ci est financer par les régions. On est vraiment une triste époque ou on manque beaucoup de respect !
a écrit le 05/02/2020 à 8:26 :
c'est une bonne nouvelle car en la matière il nous faut ratrapper l'Allemagne et le +vite le mieux.
a écrit le 05/02/2020 à 3:13 :
Ici, dans une ecole, l'eleve qui presente des difficultes des l'age de 14 ans est automatiquement dirige vers un panel de metiers qu'il peut choisir de stages en stages durant une annee.
Une fois son choix determine, il va continuer a travailler comme un collegien afin de parfaire son education.
Pendant trois annees il va apprendre les rudiments de son futur job.
A 19 ans l'armee va l'appeler pour une duree de 2 ans ou il continuera son cursus.
Au sortir de son service il pourra exercer son travail et s'inserer socialement.
Voila comment son utilises les taxes et impots que nous payont. Projet particulier pour un futur commun.
Voila comment un petit pays possede une industrie forte et tres productive qui exporte son savoir-faire dans le monde entier.
Nous parlons de la Coree du sud. Bonne annee.
a écrit le 04/02/2020 à 19:06 :
Une grande réforme de la formation professionnelle passée inaperçue parce qu'elle concerne les prolos et que ça n'intéresse pas les médias
a écrit le 04/02/2020 à 17:16 :
Ben vous êtes marrant vous, les élections c'est dans deux ans maintenant il va bien falloir qu'ils trouvent un minimum de trucs à dire même si vu le désastre des réformes les chances que l'oligarchie représente notre président sont de plus en plus minces.

Des politiciens serviles faut dire qu'il y en a tellement...
a écrit le 04/02/2020 à 15:33 :
"En 2019, 70.949 jeunes ont formulé des vœux en faveur d'un apprentissage sur Affelnet (la procédure d'affectation), soit une augmentation supérieure à 40% en deux ans" expliquent les services de la rue de Grenelle".

Très peu donc, et reste à savoir si ce vœux a été effectué par choix ou sous la contrainte d'être éjecté du système en cas de refus.
Réponse de le 04/02/2020 à 17:00 :
pas que des jeunes, loin de là, qui font de l apprentissage
Réponse de le 04/02/2020 à 17:43 :
@nico

Ce qui est entre guillemet ,c'est un extrait de l'article.Sinon , je sais lire :

"Enfin, l'apprentissage a été élargi. Il est désormais ouvert jusqu'à la veille des 30 ans".

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