La déprime s'installe et elle n'a rien de saisonnier. Chez les chefs d'entreprise, entrepreneurs, investisseurs, financiers, voire bon nombre de salariés, cette baisse de moral date de cet été. À l'incertitude politique née de la dissolution de l'Assemblée nationale en juin s'est ajoutée l'inquiétude économique, avec le dérapage des comptes publics et les mesures envisagées par le gouvernement et l'ensemble des partis politiques pour enrayer les déficits. Le tout dans un contexte géopolitique volatil, alors que la croissance de l'Union européenne patine (à 0,8 % dans la zone euro cette année) et que l'Allemagne, son moteur traditionnel, entame une deuxième année consécutive de récession.
Les effets n'ont pas tardé à se manifester. Selon une note de la direction générale du Trésor s'appuyant sur les données de l'Insee et publiée début septembre, « l'incertitude économique ressentie a augmenté en juin 2024 dans l'industrie et dans le bâtiment. Les chefs d'entreprise ont revu à la baisse leurs prévisions d'investissement pour le troisième trimestre 2024, alors qu'elles avaient augmenté au deuxième trimestre ». « Dès la fin du mois de juin, les demandes d'actuels et de nouveaux clients concernant les modalités d'expatriation se sont multipliées au cabinet », remarque un avocat fiscaliste parisien, qui a dû recruter de nouveaux collaborateurs face à cet afflux. Pour l'essentiel, ces candidats au départ sont de relativement jeunes actifs, entre 35 et 50 ans, entrepreneurs ou cadres dirigeants.