L'inflation et les problèmes d'approvisionnement pourraient durer jusqu'à fin 2022, dit Le Maire

Le ministre de l'Economie ne voit "pas d'amélioration avant la fin de l'année 2022" au sujet de la flambée des prix de l'énergie et de la hausse des coûts des matières premières, qui tirent l'inflation. Ces deux phénomènes pourraient grever le pouvoir d'achat des Français, entraînant une potentielle contraction de l'activité.

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Face à la hausse du prix des carburants, le ministre a répété qu'il était plus favorable à des aides ciblées pour aider les ménages en difficulté qu'à une baisse généralisée des taxes.
Face à la hausse du prix des carburants, le ministre a répété qu'il était plus favorable à des aides ciblées pour aider les ménages en difficulté qu'à une baisse généralisée des taxes. (Crédits : Reuters)

La France a beau être la locomotive de la croissance en zone euro, avec une hausse de son PIB de 6,2% prévue cette année, les nuages ne sont pas pour autant tous dissipés. Deux des facteurs pouvant gripper la machine de la reprise sont bien présents au-dessus du ciel tricolore : l'inflation et les problèmes d'approvisionnement. Selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, ces menaces pourraient persister jusqu'à la fin 2022.

"On n'arrête pas de dire que l'augmentation des prix est transitoire. Tout dépend de ce qu'on entend par transitoire", a expliqué le ministre sur BFMTV hier, ajoutant qu'il ne voyait "pas d'amélioration avant la fin de l'année 2022, au mieux, parce que la reprise est très forte".

Ces deux phénomènes pourraient grever le pouvoir d'achat des Français, entraînant une potentielle contraction de l'activité.

Cette inflation qui grimpe, grimpe

En France, l'indice des prix à la consommation a augmenté de 2,2% sur un an selon les derniers chiffres dévoilés par l'Insee ce jeudi matin, soit 0,1 point de plus que lors de la précédente estimation. Il s'agit d'un record depuis novembre 2018. L'inflation française est toutefois moins forte qu'en zone euro, où elle est prévue à 3,2%. En Allemagne, elle vient d'atteindre 4,1% pour le mois de septembre. Sur l'ensemble de l'année, en zone euro, les économistes tablent sur une inflation à 2,1%, soit un chiffre légèrement supérieur à l'objectif de la Banque centrale européenne (2%).

Les institutions internationales se veulent toutefois rassurantes. Ni le FMI, ni la Banque centrale européenne ne considèrent l'inflation comme une menace à long terme, parlant de hausse transitoire et maîtrisée.

La réouverture de l'économie mondiale depuis le début de l'année a entraîné des frictions importantes entre l'offre et la demande partout sur la planète, limitant la disponibilité des matières premières, notamment sur le bois, l'acier, l'aluminium. La Chine a préempté de nombreuses productions afin de reconstituer ses stocks et faire face à la reprise de son économie, intervenue avant celle américaine puis européenne. 
Ces tensions entraînent une hausse des prix finaux pour les consommateurs. 

Mais c'est surtout la flambée des prix de l'énergie qui dope l'inflation. "Sur un an, la hausse des prix de l'énergie accélère en septembre (+14,9% après +12,7%). La hausse des prix du gaz naturel et de ville se poursuit sur un an (+38,8% après +31,2%). Les prix des produits pétroliers gonflent (+19,6% après +16,9%) en lien avec ceux du gazole (+19,3% après +15,3%)", indique l'Insee dans sa note du mois de septembre.

Des mesures d'urgence

Face à la hausse du prix des carburants, le ministre a répété qu'il était plus favorable à des aides ciblées pour aider les ménages en difficulté qu'à une baisse généralisée des taxes, dont le coût pour les finances publiques est selon lui trop élevé. Toutefois, un projet "cousue-main" et ciblé pourrait prendre plusieurs semaines à être mise en place, alors que la hausse frappe immédiatement et de plein fouet les ménages aux plus faibles revenus. 

"L'aide doit aller à ceux qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur voiture pour chercher une activité ou exercer une activité", a-t-il déclaré, soulignant que "la responsabilité de l'Etat, c'est de protéger".

Cette aide pourrait aller aux indépendants, aux salariés, aux fonctionnaires et à ceux qui cherchent du travail, a précisé Bruno Le Maire, indiquant que le dispositif retenu  pourrait fonctionner sur une base déclarative. Mais le gouvernement ne dispose pas d'une base de données pour ceux qui utilisent leur voiture à des fins professionnelles. Verdict imminent puisque l'annonce est prévue d'ici à la fin de la semaine.

Les députés ont par ailleurs adopté hier en première lecture la loi visant à instaurer le bouclier tarifaire. Ce dispositif consiste en un gel des tarifs réglementés du gaz et une limitation à 4% du tarif réglementé de l'électricité début 2022, via la fiscalité. Coût de l'opération : 5,1 milliards d'euros de recettes en moins sur le budget 2022. 

Le chèque énergie, destiné à atténuer la flambée du prix du gaz et qui donnera lieu à un versement exceptionnel de 100 euros en décembre pour les ménages modestes qui y sont éligibles, est lui versé en fonction des revenus déclarés au fisc.

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Commentaires 5
à écrit le 21/10/2021 à 10:31
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Bref! C'est pas croyable, comme une absence de croissance nous libère des problèmes futurs! Et dire que certain la recherche a tout prix!

à écrit le 21/10/2021 à 9:29
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Ces pénuries de composants et de matières premières sont la directe conséquence de la désindustrialisation massive de la France depuis plus de 15 ans ; *** si nous avions une guerre aujourd'hui, la France serait incapable de produire ses armes et de ...

le 22/10/2021 à 7:08
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c'est une autre guerre celle de la speculation a outrance couvert par les mondialistes il suffit de voir comment la chine impose une baisse des prix du charbon ce qui pourais ce faire par d'autre nation sur d'autre produits mais la finance veille...

à écrit le 21/10/2021 à 9:23
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C'est Nono himself qui l'a provoqué l'inflation par les taxes sur l'énergie, et il veut pas les rebaisser. 500 millions par centimes il parait, mais comme ça a augmenté de 30 centimes depuis le premier janvier, l'état engrange 15 Mds. Ils pourraient ...

à écrit le 21/10/2021 à 8:26
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Vous arrêtez l'économie volontairement et maintenant vous êtes incapables de la faire repartir, ça commence à faire beaucoup alors même si cette incompétence parce que c'est de l'incompétence même s'il y a une idée derrière c'est désastreux d'impuiss...

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