L'optimisme des chefs d'entreprise s'effondre

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Plusieurs indicateurs indiquent que la méfiance des dirigeants d’entreprise traduit davantage le sentiment de traverser une mauvaise passe que de subir qu’un déclin durable précise OpinionWay.
"Plusieurs indicateurs indiquent que la méfiance des dirigeants d’entreprise traduit davantage le sentiment de traverser une mauvaise passe que de subir qu’un déclin durable" précise OpinionWay. (Crédits : Reuters/Gonzalo Fuentes)
L'optimisme des chefs d'entreprise a chuté de 25 points entre juillet et septembre pour atteindre son plus bas niveau depuis décembre 2018 selon le dernier baromètre OpinionWay réalisé pour La Tribune, LCI et CCI France.

Le moral des entrepreneurs est au plus bas. Selon le dernier baromètre réalisé par OpinionWay pour La Tribune, LCI, et CCI France, l'indicateur qui mesure l'optimisme des chefs d'entreprise a perdu 25 points entre juillet et septembre, passant de 114 à 89. Le ralentissement de l'économie mondiale et les perspectives assombries de la croissance française provoquent des inquiétudes dans les milieux d'affaires. Bien que l'économie tricolore semble pour l'instant résister, les difficultés économiques de l'Allemagne et de l'Italie, la perspective d'un Brexit sans accord le 31 octobre prochain ont plongé de nombreux entrepreneurs dans l'incertitude la plus totale. Après avoir atteint un point bas en décembre 2019, l'indicateur qui prend en compte les questions de confiance à l'égard de l'évolution de l'économie et d'appréciation de la situation actuelle avait connu une remontée spectaculaire de 23 points en cinq mois. Au début de l'été, l'indicateur s'est tassé avant de s'effondrer en cette rentrée.

>Lire aussi : L'économie française devrait stagner jusqu'en 2020

Chute du moral plus marqué chez les très petites entreprises

Dans le détail, la baisse du moral des entrepreneurs concerne à la fois les très petites entreprises et les plus grandes entreprises, affichant respectivement une diminution de 25 et 20 points en deux mois pour atteindre 88 et 89 points. Interrogés sur leur état d'esprit actuel, 41% des répondants se considèrent comme confiants (-4 points par rapport à juillet) et 25% déclarent être inquiets, c'est 5 points de plus qu'en juillet. L'indice qui mesure la confiance marque une chute spectaculaire avec 21 points en moins par rapport à juin. Derrière cette moyenne, il existe des disparités entre les secteurs. Ainsi, si 54% des patrons se disent confiants dans la construction, ils ne sont que 20% dans le commerce.

Concernant les perspectives sur les douze mois à venir, 71% des entrepreneurs interrogés dans le cadre du baromètre se disent confiants pour l'avenir de leur entreprise, c'est 8 points de moins que lors de la précédente enquête. S'agissant des projections pour l'économie française, 38% des répondants déclarent être confiants (-9 points par rapport à août). Enfin, le niveau de confiance relatif aux perspectives de l'économie mondiale est en baisse de 13 points chez les dirigeants. Ils ne sont plus que 29% à déclarer être dans cet état d'esprit.

> Lire aussi : Guerre commerciale, urgence climatique : le CEPII sonne l'alarme

Les entreprises peu impliquées dans la transition écologique

En dépit de la multiplication des mouvements de protestation et des efforts de communication renforcés pour quelques entreprises, les entrepreneurs interrogés par la société de sondages sont peu engagés dans la transition énergétique. Seulement 13% des dirigeants indiquent que leur entreprise a recours aux énergies renouvelables, et 34% que leur entreprise a entamé une transition vers l'économie circulaire.

"Les entreprises comptant 10 salariés ou plus, disposant de davantage de moyens autant en termes de finances que de personnels, sont plus nombreuses à s'être engagées dans la transition écologique et solidaire. 29% des dirigeants de ces entreprises déclarent avoir recours aux énergies renouvelables (contre 12% des entreprises plus petites) et 41% ont entamé une transition vers l'économie circulaire (contre 33% des entreprises plus petites)" expliquent les auteurs de l'enquête.

Peu d'entreprises se préoccupent de la cybersécurité

Les deux tiers des entrepreneurs interrogés (68%) ne se disent pas vraiment ou pas du tout préoccupés par les enjeux de cybersécurité. À l'opposé, 32% se sentent concernés par les questions de sécurité numérique. "Dans le détail, le risque d'une infection par un virus est celui que le plus de dirigeants craignent (31%), suivi par le vol de données sur un serveur (23%). Alors que les arnaques basées sur des systèmes d'imitation de voix se développent, l'usurpation d'identité ou la fraude est également un risque craint par 23% des dirigeants. 47% des dirigeants ne craignent aucun des risques cités" expliquent les auteurs du baromètre.

> Lire aussi : Cybersécurité : quelles pratiques doivent adopter les entreprises ?

L'autre résultat marquant est que 67% des répondants déclarent n'avoir déployé aucune action en faveur de la cybersécurité sur les 12 derniers mois. Les seules actions engagées par une partie des dirigeants sont le déploiement des nouveaux systèmes de pare-feu ou logiciels de sécurité (16%) ou le renforcement des systèmes de sécurité (14%). Malgré ce faible engagement, les entrepreneurs sont lucides sur leur niveau de connaissance sur ce thème. "Les dirigeants donnent ainsi une note moyenne de 4,7 sur 10 à la maturité de leur entreprise en termes de cybersécurité," ajoute le baromètre. Évidemment, il existe des écarts en fonction de l'effectif des entreprises. L'inaction des dirigeants en termes de cybersécurité est surtout présente chez les très petites entreprises (moins de 10 salariés). À l'inverse, 64% des entreprises comptant au moins 10 salariés ont pris des initiatives.

La fiscalité de production dans le collimateur des patrons

À l'issue d'une récente réunion du Conseil national de l'industrie (CNI), le Premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé un certain nombre de leviers pour accélérer l'implantation de sites industriels. Parmi les propositions évoquées, le chef du gouvernement a notamment encouragé les collectivités "à mener un maximum de procédures en amont de décisions d'implantations industrielles, pour offrir des sites clés en main et concrétiser des projets complexes en moins de 6 mois et autoriser les préfets à accélérer les délais des procédures (jusqu'à plusieurs mois) au cas par cas".

>Lire aussi : Les impôts de production dans le viseur du conseil d'analyse économique

Interrogés par OpinionWay sur les leviers à privilégier pour accélérer le développement industriel, les dirigeants (46%) réclament en premier une baisse de la fiscalité de production ( comme la contribution sociale de solidarité des sociétés-C3S, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises-CVAE). Viennent ensuite une simplification des démarches administratives (22%). Enfin 15% demandent un meilleur accompagnement pour intégrer les techniques de robotisation ou la numérisation dans leur cycle de production.

(*)Méthode : étude réalisée auprès d'un échantillon de 613 dirigeants d'entreprise. L'échantillon a été interrogé par téléphone du 11 au 18 septembre. La représentativité de l'échantillon a été assurée par un redressement selon le secteur d'activité et la taille, après stratification par région d'implantation.

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Opinion Way, CCI France, La Tribune, La grande consultation des entrepreneurs,,

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a écrit le 27/09/2019 à 18:25 :
L'optimisme des chefs d'entreprise s'effondre

En même temps que la misère, la précarité et la pauvreté s'étalent ...se répandent et que les violences policières massacrent les honnêtes gens qui alertent en manifestant pacifiquement [chacun a bien comprit que les blackblocks n'existent pas, ce sont des milices du pouvoir pour casser les manifestations]

Qui peut croire qu'une société en déclin peut générer de l'activité pour les entreprises ?
a écrit le 27/09/2019 à 11:06 :
Ce n'est pas une surprise. Les chefs d'entreprise vivent les fluctuations économiques bien avant la publication des statistiques qui sont très en retard sur l’événement en France, car la France ne se porte pas mieux que ses voisins, seul son système statistique est en retard. De plus le gouvernement français est favorable au brexit précipité ce qui incite les français à la prudence et à la thésaurisation. Le gouvernement est un facteur de risque inconsidéré au lieu d'être un facteur de stabilité réfléchie.
a écrit le 27/09/2019 à 10:29 :
En matière de cybersecurite, on ne peut pas comparer des E du CAC 40 avec les TPE , les enjeux ne st pas les mêmes.
La cybercriminalité cible principalement les gds groupes ds leur capacité de nuisance pour piller les savoir faire technologiques et industriels ou bloquer le fonctionnement des process.
La cybercriminalité de masse qui vise tt le monde peut être contrée par la MAJ régulière des outils appropriés. Les TPE st peut etre moins impactées vu leur nbre et sûrement les entrepreneurs ont d'autres priorités.
Concernant la transition écologique, un bon moyen c'est par ex d'encourager l'usage du bois ds la construction qui entretien voire développe les puits de carbone. Et les E qui y concourent participent de fait à la transition écologique...Un ex parmi tant d'autres.
a écrit le 27/09/2019 à 10:12 :
Et pourtant si il y a des gens qui doivent ne pas avoir le moral, ce sont les chômeurs ! et la confiance n'en parlons pas !!!!!

lorsque constat est fait sur le budget de l'état, a la fin il faudra sponsoriser avec les impôts ceux qui sont censé être premier de cordée.... Ah oui, c'est déjà le cas. à la baisse de l’impôt sur les sociétés, qui atteindra un taux de 25 % en 2022 il était à 33 % auparavant.

Après il est aussi démontré que malgré le climat économique mondial, la différence se fait souvent sur l'innovation et l'anticipation.

Si l'on regarde la chose a présent, ce ne sont donc pas les patrons qui vont te donner confiance, mais toi même dans un laissez faire économique ou me semble t'il si l'on regarde les retours pour la plupart des donneurs d'ordres c'est la fête au village !!!

La France étant le pays dans laquelle les sociétés versent le plus de dividendes au monde, cela montre donc bien que donner de l'argent a des "leaders" c'est un puits sans fond !!!

Et pour les résultats éco au niveau du chômage, c'est le grand néant, alors que l'état permet l'ubérisation a toutes les sauces !!! Vous imaginez si l'on devait a présent imaginer une entreprise privée sans financement d'état !!!

Ce n'est plus le cas si l'on regarde l'article.....
a écrit le 27/09/2019 à 10:08 :
Ils sont un peu "bipolaires" les chefs d'entreprises, le lundi tout va très bien le vendredi tout va très mal, ou alors la manipulation est à son comble...
a écrit le 27/09/2019 à 8:57 :
Depuis septembre, 3ème jour de chomage technique dans ma boite sidérurgique, la boite est méga dans le rouge (heureusement la maison mère renfloue. Mais pour combien de temps ?). Bref les gros sites industriels vont continuer à mourir car la France est pieds et mains liés aux marchés et comme on est trop cher dans ces industries lourdes, on fermera tous aux profits d'autres pays (Chine en 1er). De l'autre ca alerte coté écologie dans tous les sens mais rien n'est remis en cause pour faire quelque chose. L'économie et la croissance infinie sont les 2 éléments que les riches ne changeront rien. Au final si l'usine ferme, je pense trouver autre chose, mais certains resteront sur le carreau (~350 personnes).
Réponse de le 27/09/2019 à 9:45 :
Un conseil : partir et trouver autre chose avant que la boite ferme. Parce que si ça ferme, il y aura 350 personnes en recherche de reclassement. Certes, ça veut dire faire une croix sur les indemnités de licenciement éventuellement. Mais il est plus facile de chercher du boulot quand on est en emploi qu'au chômage.
Réponse de le 27/09/2019 à 14:10 :
les usines ne sont pas aux NORMES! Ajoutons à cela un transport sale...
Et le compte y est...Nous on nous explique de ne pas polluer...alors qu'eux peuvent..Est on s étonne que nos boites coulent
En clair un duel avec une épée en bois et une lame d acier... Bon courage !
Réponse de le 29/09/2019 à 11:33 :
C'est clair que si je devais parler normes, l'usine devrait déjà être fermée vu certaines machines qui renvoient tout et n'importe quoi dans l'air/l'eau. Le retraitement des polluants est loin d'être au norme et je suis pas un spécialiste... Donc tout ça fait que si l'usine ferme, d'un coté triste car c'était du beau matos que l'on fabriquait, mais de l'autre tant pis vu les résultats, l'ambiance, la pollution.
a écrit le 27/09/2019 à 8:43 :
"Les entreprises peu impliquées dans la transition écologique"

Elles subissent de plein fouet la chute du pouvoir d'achat des ménages et le dumping fiscal des mégas riches, on comprend bien que la lutte pour l'écologie soit le cadet de leur souci devant privilégier d'abord et avant tout leur survie !

C'est un peu comme si vous demandiez son avis sur le chômage en France à un coureur cyclise en pleine ascension d'un col hors catégorie.
a écrit le 27/09/2019 à 6:39 :
Tout le monde attend avec impatience la prochaine crise financière. Les gens en ont marre, de l'argent infini.
Réponse de le 27/09/2019 à 11:20 :
@Max.
Les gens qui attendent la crise a venir ne realisent pas les troublez que cette derniere declenchera.
Inflation galopante sur tous les produits alimentaires.
Produits petroliers, gaz electricite etc....
Profitez bien et si vous le pouvez, achetez des Louis, pesos, ou $ or.
Cordialement.

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