L'optimisme plonge aussi chez les chefs d'entreprise

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Avec un indicateur de l’optimisme en chute libre, le sentiment que c’est « très bien en ce moment » baisse de 9 points (47%), et les chefs d’entreprise se montrent réservés quant aux perspectives, pour les douze prochains mois, de leur entreprise (-15 points, 67%), de l’économie française (-19 points, 35%) mais également de l’économie mondiale (-23 points, 34%).
Avec un indicateur de l’optimisme en chute libre, le sentiment que c’est « très bien en ce moment » baisse de 9 points (47%), et les chefs d’entreprise se montrent réservés quant aux perspectives, pour les douze prochains mois, de leur entreprise (-15 points, 67%), de l’économie française (-19 points, 35%) mais également de l’économie mondiale (-23 points, 34%). (Crédits : Reuters/Gonzalo Fuentes)
L'indicateur de l'optimisme des chefs d'entreprise mesuré par OpinionWay perd 33 points en un mois. Ce décrochage brutal est particulièrement criant chez les dirigeants des petites entreprises qui expriment de sérieux doutes sur les perspectives économiques.

Les déboires s'accumulent pour Emmanuel Macron. Alors que la colère des gilets jaunes reste vive, le chef de l'État est confronté à une véritable perte de confiance chez les chefs d'entreprise. Selon la dernière grande consultation réalisée par OpinionWay pour CCI France/La Tribune/Europe 1, l'indicateur qui mesure l'optimisme des dirigeants est au plus bas depuis son arrivée au pouvoir pour atteindre 92 points contre 125 en octobre. L'indice perd 33 points en un mois.

Cette chute vertigineuse traduit une érosion de la confiance des patrons dans l'économie française alors que la croissance a perdu du terrain en début d'année, et que la colère des milliers de Français est loin de rassurer le patronat. Dans un entretien accordé à La Tribune, le président de CCI France, Pierre Goguet, rappelait que "les conséquences pourraient être catastrophiques" notamment dans le secteur du commerce et de la distribution qui préparent les fêtes de fin d'année.

Lire aussi : "Gilets jaunes" : "les conséquences pourraient être catastrophiques" (CCI France)

Forte baisse dans les petites entreprises

Cet effondrement de l'optimisme est particulièrement visible pour les entreprises qui ont entre 1 et 9 salariés. L'indice est passé de 125 points à 90 points entre octobre et novembre. Chez les entreprises de 10 salariés ou plus, la baisse est beaucoup plus modeste avec un indicateur passant de 120 points à 113 sur la même période. Sur l'appréciation actuelle de la situation, le sentiment que "c'est très bien en ce moment" chute de presque 10 points passant de 56% à 47% quand celui relatif à "c'était mieux hier" progresse de 6 points passant de 31% à 37%.

L'érosion de l'optimisme est également très marqué pour les perspectives des 12 prochains mois. La confiance des dirigeants pour les projections de leur propre entreprise chute de 15 points par rapport à la dernière enquête pour atteindre 67%. Concernant les perspectives de l'économie française, les patrons apparaissent également beaucoup moins confiants. Ils ne sont plus que 35% à être confiants contre 54% lors de la dernière consultation. Enfin, la chute de la confiance à l'égard de l'économie mondiale est encore plus spectaculaire (-23 points) passant de 57% à 34%. Les économistes de l'OCDE ont d'ailleurs révisé leurs prévisions à la baisse récemment pour la croissance du PIB mondial passant de 3,7% en 2018 à 3,5% en 2019 et 2020.

Lire aussi : Croissance mondiale : l'OCDE alerte sur les risques

Taxes énergétiques : peu d'impact sur les coûts de production

En plein débat sur la fiscalité écologique, 65% des patrons interrogés considèrent que la hausse des taxes énergétiques sur les coûts de production aura un faible impact sur ces derniers. Sur ce total, 31% jugent qu'elle aura un très faible impact et 34% un assez faible impact. À l'inverse, 27% indiquent que cette hausse aura un assez fort impact et 7% un très fort impact. Si la fiscalité environnementale est parfois accusée de peser sur la compétitivité-prix des entreprises, c'est loin d'être le cas lorsque l'on interroge les dirigeants.

Évidemment, il existe quelques disparités selon les secteurs ou selon la taille des sociétés. Par exemple, si 82% des entreprises du commerce déclarent que cette augmentation aura des conséquences sur les coûts de production, elles sont 51% à faire le même constat dans la construction. Il existe enfin de fortes divergences entre les petites entreprises de moins de 9 salariés (66% estiment que les coûts de production seront alourdis) et celles qui ont des effectifs supérieurs à 10 salariés (39% pensent que l'impact sera faible).

La moitié des entreprises n'ont pris aucune mesure écologique

A l'approche de la COP 24 qui doit se dérouler en Pologne dans quelques jours, la question du rôle des entreprises dans le réchauffement climatique devrait être au centre des préoccupations. Si quelques entreprises font des efforts en matière d'écologie, d'autres n'ont pas adopté de mesures en faveur de l'écologie. Les résultats obtenus pas OpinionWay auprès des chefs d'entreprise sont à cet égard particulièrement accablants. 50% assurent avoir pris aucune mesure et 45% affirment avoir engagé une seule mesure. Sur le total, seulement 5% déclarent avoir adopter plusieurs dispositifs en faveur de l'environnement.

Parmi les mesures avancées par les dirigeants, figure en première position la réduction ou l'optimisation de la gestion de leurs déchets (48%, 67% parmi les plus grandes entreprises). Elles ne sont en revanche que 6% à déclarer avoir recours aux énergies renouvelables. "Les entreprises de 10 salariés ou plus se montent les plus vertueuses : 70% d'entre elles appliquent au moins une mesure écologique dans leurs structures (contre 49% parmi les plus petites), dont 18% qui appliquent plusieurs mesures (vs 5%)" souligne l'organisme de sondages.

Pour autant, si les grandes entreprises sont les plus avancées, elles ne sont pas toujours favorables à l'application de certaines mesures. "57% des dirigeants d'entreprises de 10 salariés et plus sont opposés à la mise en place d'un chèque carburant, financé par les entreprises, pour les salariés qui utilisent leur véhicule personnel pour se rendre sur leur lieu de travail, soit autant que les entreprises de moins de 10 salariés (57% également)" souligne OpinionWay. L'adoption de mesures en faveur de l'environnement représente ainsi un véritable défi pour les entreprises à l'avenir.

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(*) Méthode : enquête réalisée auprès d'un échantillon de 629 dirigeants d'entreprise. Les interviews ont été réalisées par téléphone du mercredi 15 au jeudi 22 novembre 2018. La représentativité de l'échantillon a été assurée par un redressement selon le secteur d'activité et la taille, après stratification par région d'implantation. Précision : le terrain a débuté deux jours avant le premier jour de mobilisation des "Gilets jaunes" et s'est terminé deux jours avant le deuxième jour de leur mobilisation.

* Vous désirez exprimer votre avis, émettre une idée sur les questions économiques ? Rejoignez la Communauté CCI des entrepreneurs en participant à la plateforme d'échanges et de débats : www.grandeconsultation.fr

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a écrit le 29/11/2018 à 7:54 :
Je ne suis pas à plaindre mais la politique autoritaire, arrogante , méprisante avec pour ma part une première erreur avoir imposé à M. de Villers une démission, la deuxième sa priorité sur les ordonnances qui n'étaient la priorité des chefs d'entreprise le premier sujet qui occupe l'Entreprise le cout du travail directement lié à ce qui aurait du être la priorité des priorités al gestion de la dépense publique , mais également le tour de passe passe très politique de l'augmentation de la CSG qui a servi principalement à boucher les trous budgétaires et non comme il l'avait promis un plus salarial ce plus a été à minima. etc etc fait qu'aujourd'hui d'un vote d'adhésion en 2017 devient un rejet d'une politique qui ressemble de plus en plus à l'ancien monde. Aussi j'ai décidé depuis environ 6 mois de consommer sans investissement, les projets sont remis à plus tard.
a écrit le 28/11/2018 à 22:12 :
LES Francais quel que soitleur niveau de vie en on marre d etre les recormans d'impots et de taxes en tout genre pour payer une administration mediocre et en surnombre de surcroit et qui passe son temps a les empecher de vivre!!!
a écrit le 28/11/2018 à 14:00 :
Avec les taxes sur l'essence , le gouvernement a fait une erreur politique majeure.
En ne reculant pas et en clamant haut et fort qu'il suffit de faire de la pédagogie, il fait une deuxième faute politique majeure. Les français n'ont pas besoin de pédagogie, ils ne sont pas idiots et ont parfaitement compris le pourquoi des taxes. Par contre le gouvernement a besoin que les français fasse preuve de pédagogie parcequ'il n'a pas l'air de comprendre le quotidien des français.
Avec une telle équipe à la tête du pays, il y a de quoi être pessimiste.
a écrit le 28/11/2018 à 11:14 :
sinon c'est une amende de 4ème catégorie plus une taxe plus une cotisation plus la tva.
a écrit le 28/11/2018 à 9:13 :
Ces sondages ne sont fait que pour satisfaire ceux qui les conçoivent, commandent et commentent ....
Le propre d'un chef d'entreprise c'est d'être optimiste sinon il ne se serait jamais lancé dans l'aventure et les aléas, les difficultés font partie de son quotidien .......
a écrit le 28/11/2018 à 8:54 :
C'est un véritable effondrement économique français auquel on risque d'assister si on n'enterre pas vite fait la fiscalité écologique et la chimère de la transition énergétique. Ca n'empêche pas de réfléchir à comment réduire et si possible supprimer l'énergie fossile mais sans se précipiter et sans l'action désordonnée, fébrile, incohérente et improvisée à laquelle on assiste actuellement en la matière de la part de l'exécutif.
Réponse de le 28/11/2018 à 9:23 :
M.MACRON imite l'apprenti sorcier.
Réponse de le 28/11/2018 à 14:39 :
Bah oui, continuons à polluer à tout va!
Réponse de le 28/11/2018 à 16:20 :
@ Niko

Quelle est la part de la pollution mondiale de la France....Et tu penses que le matraquage fiscal est proportionnel ?
Réponse de le 28/11/2018 à 16:30 :
La FR produit 0.9% de la pollution mondiale, l'Allemagne 2.3%. Mais Jupiter stoppe pollution et réchauffement, à nos frontières. Quand chacun aura sa voiture solaire, les 60 Milliards Eur/an de Taxes seront intégralement basculées sur l'auto solaire. TAXE POLLUTION = PRETEXTE 100% MENSONGER.
Réponse de le 28/11/2018 à 16:41 :
@Niko : en matière d'émissions de GES par habitant, la France n'a de leçons à recevoir d'aucun autre pays européen (merci le nucléaire). Certes il y a une remontée des GES depuis 2015, liée entre autres à la vogue des SUV mais surtout au haro sur le diesel et le retour de l'essence (sans raison objective car en matière de particules les diesels récents font mieux que les essence récentes et même en matière de NOx ils se sont considérablement améliorés avec les catalyseurs SCR). Au passage, l'insertion de plus de renouvelables non pilotables dans le mix électrique français (avec diminution du nucléaire) va considérablement faire augmenter les émissions de GES françaises, comme on le voit en Allemagne.
a écrit le 28/11/2018 à 8:46 :
tout le monde a remarque que la seule reforme majeure, c'est le passage a 80 kmh sur route.......... forcement, l'avenir est ' tel que hollande l'a laisse en rigolant'
a écrit le 28/11/2018 à 8:25 :
Nous avons des comptables à la tête du pays qui ne pensent que rentes financières, du coup incapable de se projeter au sein de l'économie réelle nos néolibéraux se noient au sein du dogme des possédants ne voulant que faire de l'argent avec de l'argent.

ON comprend l'inquiétude des chefs d'entreprise avec des dirigeants politiques aussi peu visionnaires car formatés à n'engraisser que les plus gros au détriment de tous les autres.

On espère avec eux que le cauchemar lrem se termine au plus tôt, pas sûr que le pays puisse se relever de cette "gestion" des citoyens français par la finance. Ils nous font croire qu'ils sont concernés par l'économie, ce qui n'est pas faux comme moi je suis concerné par la santé de la vache que je vais manger, alors qu'ils ne sont là que pour la vampiriser.

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