Contenir l’inflation autour de 2% : la BCE et la Banque de France "feront ce qu'il faut" (Villeroy de Galhau)

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a annoncé que l'institution qu'il dirige ainsi que la Banque centrale européenne "feront ce qu'il faut" pour ramener la hausse des prix autour de 2%, et cela dans la "durée". Si l'inflation est moins forte en France qu'en Europe, elle n'a jamais été aussi haute depuis 25 ans en zone euro. Même si le niveau n'atteint pas celui des Etats-Unis, où la hausse des prix a bondi de 7% en 2021.

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Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. (Crédits : SARAH MEYSSONNIER)

Est-ce le début d'un resserrement de la politique monétaire européenne jusqu'ici accommodante, marquée notamment par le rachat massif de titres d'Etat sur les marchés ? Face à la hausse continue de l'inflation, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a annoncé que l'institution qu'il dirige ainsi que la Banque centrale européenne "feront ce qu'il faut" pour ramener la hausse des prix autour de 2%, et cela dans la "durée". Ces derniers mois, l'institution bruxelloise a redéfinit sa cible de l'inflation, à 2%, alors qu'historiquement, son objectif était "proche mais inférieur" à 2%.

Inflation historique en zone euro

La hausse des prix à la consommation a atteint 5% sur un an au mois de décembre dans la zone euro, son niveau le plus élevé depuis 25 ans, donc depuis le lancement de la monnaie unique. En France, cette hausse n'a atteint que 2,8% sur un an en décembre, comme en novembre, ce qui est le taux le plus élevé depuis 2008.

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La BCE a multiplié par deux sa prévision d'inflation sur l'année 2022, et table désormais sur une hausse de 3,2% des prix, contre 1,7% précédemment. La plupart des économistes sont d'avis que l'inflation, tirée depuis l'an dernier par une très forte hausse des prix de l'énergie et des pénuries de certaines matières premières, va ralentir courant 2022, mais certains estiment qu'elle restera durablement à des niveaux plus élevés qu'au cours des années 2010, notamment à cause du coût de la transition écologique.

Contrairement à la réserve fédérale américaine, les responsables européens insistent sur le fait que la hausse de l'inflation sera transitoire.

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Des taux directeurs au plus bas

Pourtant, la présidente de l'institution, Christine Lagarde, a jugé "très improbable" un relèvement en 2022 de ses taux directeurs, actuellement à leur plus bas historique. Reste la question du rachat d'actifs des dettes d'Etat. La Banque centrale européenne a annoncé mi-décembre la fin d'ici à mars 2022 de son principal soutien face à la pandémie. Les achats nets de dette dans le cadre de son programme d'achat d'urgence contre la pandémie (PEPP), forts de 1.850 milliards d'euros, seront encore réduits au premier trimestre 2022 et expireront comme prévu fin mars. Toutefois, son programme traditionnel de rachat d'actifs sera maintenu et même un peu renforcé après l'arrêt de celui d'urgence, afin de limiter le durcissement de l'accès au crédit.

Aux Etats-Unis, alors que l'inflation atteint désormais 7%, Jerome Powell, le patron de la Réserve fédérale américaine, a annoncé qu'il envisageait au cours de l'année 2022 une augmentation des taux directeurs. Le président de la Fed a assuré que l'économie du pays n'avait plus besoin aujourd'hui d'une politique de soutien. Il justifie son optimisme en considérant que les conséquences de la propagation du variant Omicron du Covid-19 seront finalement bien moins pénalisantes pour l'économie américaine que les précédentes vagues, et que les goulets d'étranglement dans les chaînes d'approvisionnement qui sont en large partie responsables de la hausse des prix allaient se résoudre et faire baisser l'inflation.

De l'autre côté de la Manche, au Royaume-Uni, la banque centrale d'Angleterre a surpris tout le monde en fin d'année dernière en relevant ce jeudi son taux directeur à 0,25% et laissé la porte ouverte à d'autres hausses pour contrer une inflation britannique au plus haut en dix ans. L'institut monétaire britannique est la première banque centrale du G7 à relever ses taux depuis le choc initial du coronavirus.

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Commentaires 10
à écrit le 13/01/2022 à 14:50
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A quoi ça sert encore une banque de france ? Mis à part donner des salaires au copains de copains de copains...?

le 14/01/2022 à 0:57
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Ça sert la propagande du gouvernement. Et évidemment ça offre des postes bien gras.

le 14/01/2022 à 10:43
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Le galhau, vient d'être nommer à la BRI, histoire de faire un peu plus la culbute parasitaire salariale..

à écrit le 13/01/2022 à 11:31
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la crise covid a ouvert le retour a la speculation sur tout les marches au profit des institutions banquaire que leur metier était le contrôle de cette speculations

à écrit le 13/01/2022 à 9:35
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Pour faire plaisir à Macron ils veulent de l'inflation pour aider à resoudre la dette mais en spoliant les epargnants AVEC l'aide des journalistes qui n'ont jamais fait d'info sur l'augmentation de 3,4 % de la valeur locative pour le foncier pour s...

le 13/01/2022 à 19:03
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Tout a fait d'accord avec vous , chez nous on adore la surenchère de l'immobilier , alors que le paradoxe outre rain est de bloquer la montée des prix de l'immobiler pour réduire l'inflation. On voit bien que l'on tend vers l'enrichissement personnel...

à écrit le 13/01/2022 à 9:35
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Le contrôle de l'inflation passe en partie par la stabilité du prix de l'électricité et là...

à écrit le 13/01/2022 à 9:34
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2% d'inflation, c'est zéro inflation en fait. En dessous, on est en déflation. Et ça a été comme ça pendant 25 ans. Une déflation qu'on a créé de toutes pièces en délocalisant toutes sortes de productions dans les pays low-costs ? Pour protéger le...

à écrit le 12/01/2022 à 17:17
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Ne vous inquiétez pas brave gens l'inflation s'est arrêtée aux frontières de la France. 7 % aux USA qui ne plaisantent pas avec les stats et un petit 3 % ici. Résultat les taux d'intérêt du livret A sont à 0.5 % et les salaires stagnent donc perte ne...

à écrit le 12/01/2022 à 16:24
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Ils feront ce qu'il faut, mais ils le feront trop tard. La BCE aurait dû remonter ses taux d'intérêt il y a au moins six mois. Là, ils ne vont que pouvoir faire des mesures brutales qui vont amener une crise financière

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