La CFDT devient le premier syndicat dans le privé

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La réformiste CFDT de Laurent Berger est devenue la première organisations syndicale dans le secteur privé aux dépens de la CGT, d'après les résultats de la dernière mesure de la représentativité syndicale.
La "réformiste" CFDT de Laurent Berger est devenue la première organisations syndicale dans le secteur privé aux dépens de la CGT, d'après les résultats de la dernière mesure de la représentativité syndicale. (Crédits : © Jacky Naegelen / Reuters)
Fait inédit, la CGT a perdu sa place de première organisation syndicale dans le privé au profit de la CFDT. Selon les données du ministère du Travail. A l'issue des élections déterminant la représentativité, la CFDT a obtenu 26,37% des suffrage et la CGT 24,85%.

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, ne pouvait pas cacher sa joie, saluant un résultat « historique ». On peut le comprendre.... Son organisation syndicale est devenue la première dans le secteur privé aux dépens de la CGT qui recule d'une place. C'est « La » principale information, après la publication par le ministère du Travail des résultats de la mesure de la représentativité syndicale qui intervient désormais tous les quatre ans à la suite d'une réforme de intervenue en 2008. La CFDT a recueilli 26,37% des suffrages, la CGT 24,85%, FO 15,59%, la CFE-CGC 10,67% et la CFTC 9,49%.

Savoir quelles organisations peuvent négocier des accords interprofessionnels

Déjà, lors de la première mesure d'audience en 2013, la CGT et la CFDT s'étaient retrouvées au coude à coude, il s'en était fallu d'un cheveu : 26,77% des voix pour la CGT, 26% pour la CFDT, suivies de FO (15,94%), la CFE-CGC (9,43%) et la CFTC (9,3%).

Parmi les syndicats dits non-représentatifs - ceux qui ont fait moins de 8% des voix -, l'Unsa est montée à 5,35% (4,26% en 2013) et Solidaires est restée stable à 3,46% (3,47%).

Si, cette fois on se concentre sur le poids "relatif", qui prend en compte le seul périmètre des syndicats jugés représentatifs au plan national, la CFDT a recueilli 30,32%, la CGT 28,57%, FO 17,93%, la CFE-CGC 12,27% et la CFTC 10,91%.

C'est ce poids relatif qui est valable pour apprécier si accord interprofessionnel est considéré comme majoritaire. C'est également à partir de ces résultats que les postes de conseillers prud'homaux (collèges salariés) sont répartis depuis la suppression des élections prud'homales.

Mais comment, dans le détail, est appréciée cette représentativité syndicale ? Celle-ci a été décidée par une loi d'août 2008. Jusque ici, depuis un arrêté de 1966, seuls les syndicats affiliés aux 5 organisations syndicales CGT, CFDT, CFTC, FO et, pour les cadres, la CFE-CGC, bénéficiaient d'une représentativité de droit ce qui signifiait que ces syndicats n'avaient pas besoin de faire la preuve de leur représentativité pour avoir un délégué syndical dans une entreprise et pour négocier des accords (entreprises et branches). A l'inverse, d'autres syndicats non affiliés à ces confédérations devaient faire la preuve de leur représentativité, les syndicats SUD par exemple. Depuis 2008 donc, à l'issue d'une période transitoire, ces règles sont révolues. Tous les syndicats sont placés sur un même pied d'égalité. Il n'y a plus de "présomption irréfragable de représentativité".

Le nouveau critère principal: les résultats aux élections

Pour éviter toute les contestations possibles et pour mettre fin à l'éternel débat sur la représentativité syndicale, le principe qui prévaut, c est le nombre de voix recueillies lors de différentes élections : les institutions représentatives du personnel dans les grandes entreprises, le vote de représentativité dans les très petites entreprises (qui a eu lieu fin 2016) et, pour les branches relevant du secteur de l'agriculture, les élections dans les chambres agricoles.

Ce vendredi 30 mars, le ministère du Travail a donc révélé les résultats « agglomérés » de ces différents scrutins. Ils permettent donc de savoir quelles sont les organisations représentatives dans chacun des quelques 800 branches professionnelles et au niveau national.

Au niveau de la branche, le seuil de représentativité pour négocier un accord est fixé à 8%. Idem au niveau national, on l'a dit. Au total, plus de 5,66 millions de salariés du privé se sont exprimés, soit un taux de participation de 42,76%. C'est 195.518 salariés de plus que lors de la précédente mesure de l'audience syndicale.

La CGT reste en tête si l'on additionne secteurs public et privé

La CFDT est donc désormais la première organisation syndicale dans le privé. Mais sa percée a surtout eu lieu dans les établissements de plus de 11 salariés. En effet, la CGT reste la première organisation auprès des salariés des TPE (25,12%), devant la CFDT (15,49%). La CGT est aussi en tête dans le secteur public.

Ce qu'a tenu a précisé Philippe Martinez, le secrétaire général de la centrale : "C'est un résultat qui montre que ce qu'on craignait, c'est-à-dire qu'on a un déficit d'implantation qui se confirme (...). Mais quand on prend le public et le privé, la CGT reste la première organisation syndicale".

Il est certain que la CGT a dû pâtir auprès des salariés du flottement constaté à la tête de la confédération depuis le départ de Bernard Thibault en 2013... Et sa succession totalement ratée qui s'est traduite par « l'affaire Thierry Lepaon », le nouveau secrétaire général débarqué en 2015 et remplacé par Philippe Marinez.

Reste que pour le prochain président de la République, alors que des réformes sociales importantes s'annoncent, c'est plutôt un atout d'avoir la « réformiste » CFDT comme première organisation dans le privé...

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a écrit le 04/04/2017 à 9:42 :
Le mode de scrutin servant à la représentativité des organisations syndicales mis en place par la loi Bertrand du 20 août 2008, qui vient pour la deuxième fois de donner des résultats, (2009-2012 puis 2013-2016), ne peut pas être considéré comme satisfaisant aux yeux d'un démocrate attentif.

C'est un système étrange qui agrège les résultats des élections des institutions représentatives du personnel, dans des conditions variables sur une période étalée sur quatre ans ! . C'est le contraire d'un scrutin direct et sincère. Ce n'est pas une photo, ni un constat, c'est un cliché bougé-brouillé, indirect qui perd tout sens.

Il est aléatoire: car les élections de CE sont théoriquement prévues tous les 4 ans, dans une partie seulement de 3 % des entreprises (qui regroupent 50 % des salariés). Les élections de DP sont prévues à partir de 11 salariés dans une mince partie des 200 000 entreprises. Dans le million de TPE existantes, il y a des élections "spéciales" à très faible participation par correspondance (10% puis 8 %). En réalité, trop peu d'entreprises ont des IRP, CE, des DP: seulement 4,923 millions de salariés ont eu l'occasion de se prononcer au moins une fois sur une ou plusieurs listes présentées par un ou des syndicats selon la CGT et 5,243 128 selon le ministère (+3,30 % de votants). 68 043 procès-verbaux envoyés par les DRH, seulement, ont été compilés selon le ministère qui affirme que c'est une hausse de 18,4 % par rapport à 2012.Ce résultat est estimé à 60 % des 9 millions de salariés inscrits dans ces entreprises où le patron a organisé un vote pour les IRP. C'est donc peu sur un total de 23 millions de salariés qui sont dans toutes les entreprises incluses celles sans IRP, ou sans syndicat.

Le recollement national de ces élections organisées par les patrons se transmet par les « DRH » au Ministère : le favoritisme patronal a tout loisir de s'exercer à tous les stades de ces opérations.Le vote pour les CE s'effectue souvent sur les critères de gestion (oeuvres sociales) et non pas pour l'action syndicale en général, laquelle est heureusement plus vaste: comment voulez vous, par exemple, mesurer avec un cycle de 4 ans, étalé entre janvier 2013 et décembre 2016, la représentativité des syndicats et l'opinion des salariés après l'immense bataille pour ou contre la loi El Khomri qui coure de mars à septembre 2016 ?
a écrit le 03/04/2017 à 11:48 :
Combien de milliers d'entreprises et de centaines de milliers licenciements pour en arriver là ? L'incroyable destruction de l'industrie française est la cause principale et non le vote CFDT (qui a perdu beaucoup d'électeurs), une industrie qui passe de 20% à 10% du PIB, annonçant des lendemains durs à vivre.
En fait beaucoup de gens ne peuvent plus voter, comme les salariés actuels des PME TPE ... La CFDT n'a jamais soutenu le monde salarié. C'est au départ une création du PS version SFIO pour s'introduire dans le monde du travail où ils ne pouvaient le faire. La conséquence fut de passer leur temps à casser du syndicat et diviser les salariés.
Pas étonnant qu'ils soutiennent la loi El Khomry ! Leurs dirigeants en fin de mandat deviennent tous des hauts fonctionnaires, sauf certains qui vont dans les finances comme Nicole Notat ! Quand je vois le dirigeant actuel de la CFDT, je vois Macron avec sa cravate !
Dans les entreprises où j'ai travaillé, la CFDT plaçait ses responsables aux postes dominants en complet accord avec la direction. Comment défendre les salariés comme ça ? Ils sont comme le PS, des opportunistes au langage mensonger qui cache leurs intentions. C'est pour cela que les principaux journaux qui sont la propriété de Bolloré, Niel et autres dangereux personnages, soutiennent tous la CFDT. Bonjour la démocratie ...
a écrit le 03/04/2017 à 10:59 :
travailler dans le privé , 42 ans la cfdt a jamais été avec les ouvriers ils ont signé des accords pour certains départ de retraite coté atlantique 55% du dernier salaire et les autre alsace 100%du dernier salaire voilà encore des inégalités plus confiance dans tout ses syndicats
a écrit le 02/04/2017 à 11:28 :
Depuis le temps que les médias des milliardaires attaquent la CGT il fallait bien s'en douter mais celle-ci n'est pas innocente non plus et c'est bien laissée entrainer dans la compromission générale, dans le grand mensonge pensant que cela n'aurait que peu d'incidence et ne voyant pas que le stalinisme s'accorde parfaitement avec le néolibéralisme.
a écrit le 02/04/2017 à 10:51 :
Le phénomène n'est pas propre aux syndicats mais force est de constater que leurs dirigeants se servent de leurs adhérents pour consolider leurs pouvoirs personnels , les privilèges et les revenus qui vont avec en créant des systèmes dont le seul objectif est de faire de l'obstruction et non pas des propositions !!!
Pour cela il suffit de quelques dizaines de personnes au niveau national qui s'octroient se cooptent pour occuper des postes dans différentes instances : organismes de formation, médecine du travail, aide à la construction , mutuelles santé .Au final ils verrouillent et rendent irréformables des secteurs entiers de notre pays !!!
a écrit le 01/04/2017 à 19:04 :
La CFDT est une branche du Parti socialiste. Pas étonnant donc qu'après une mandature socialiste, la CFDT se soit solidifiée, d'autant plus que pratiquement plus personne ne connait le parti communiste, dont la CGT est une branche. Quant aux grèves: si la droite est élue, la CFDT va en organiser de nombreuses et si la gauche est élue, c'est FO qui va s'en charger. Les syndicats sont tout simplement le reflet de leur maison-mère/parti :-)
Réponse de le 03/04/2017 à 9:08 :
En parlant de branche , Medef, UPA, CPME sont de droite , cela équilibre.
a écrit le 01/04/2017 à 18:19 :
7 % de participation sur 4,5 millions de salaries des TPE on mis fin au regne de la CGT ,vive la CFDT , plus de greve , enfin les salaries seront enfin representes jusqu'a bruxelles ( Edouard Martin ancien membre de la CFDT , maintenant député europeen ,pense a eux ) .
Réponse de le 03/04/2017 à 9:54 :
@bellino :

"7 % de participation sur 4,5 millions de salaries des TPE on mis fin au regne de la CGT "

Dans l'article :
En effet, la CGT reste la première organisation auprès des salariés des TPE (25,12%), devant la CFDT (15,49%).
a écrit le 01/04/2017 à 16:48 :
la cfdt merite par sa falcute de tous negosie comme le font les syndicalites allemants;le monde change est le syndicalisme doit s adapte aussi ; les entreprises ont besoin des syndicalistes pour avoir de reprensentent pour dicuste en cas de conflits ;mais ce que je sait ce n est pas les dirigents syndicaux qui font la valeur du syndicat; c est le syndicalite de base;, c est comme en politique vous en avais des bons mais aussi beaucoup de mauvais???
a écrit le 01/04/2017 à 14:08 :
tout fout le camp, la CGT est devenue bien trop molle, pas assez grèves, moins de brutalités sur les personnes, moins de vols dans les CE, allez la CGT un effort pour reprendre votre rôle de destruction. J'ai quelques noms d'entreprises en France qui marchent bien, votre mail svp pour l'adresse afin que vous puissiez les détruire.
a écrit le 01/04/2017 à 13:21 :
De plus en plus de salariés comprennent que la CGT n'est pas claire, pire, elle est synonyme de boulet.

La CGT nationale ne signe pas grand chose et préfère être constamment dans les rapports de force ... alors que la CGT locale est plus réaliste et n'a pas comme objectif d'engraisser les nantis du siège. finalement, la CGT est surtout implantée, là où sont les fonctionnaires.

Reste que la CGT plombe et/ou est précipite les entreprises à la fermeture. Pas bon !

Alors que la CFDT est plus lucide et trouve des compromis. Donc, plus constructive, réaliste et pragmatique. C'est finalement ce que les salariés non fonctionnaires, recherchent en priorité.

Reste que c'est le début de la fin pour la CGT. Les temps ont changé, les pratiques doivent également changer.
Réponse de le 03/04/2017 à 9:56 :
"la CGT est surtout implantée, là où sont les fonctionnaires".

Dans l'article :
En effet, la CGT reste la première organisation auprès des salariés des TPE (25,12%), devant la CFDT (15,49%).
a écrit le 01/04/2017 à 12:22 :
c est assez simple.
moins d industries dans notre pays donc moins d ouvrier et pas syndique a la cgt.
direction chomage
a écrit le 01/04/2017 à 12:12 :
Ce n'est pas une bonne chose pour le monde ouvrier , car les droits(les acquis sociaux)vont reculer comme les retraites se délitent depuis + de dix ans sous l'effet de la CFDT en accord avec tous les gouvernements et patronat . Il n'y aura plus le garde fou CGT/FOles salaires sont au plus bas par l'effet de mauvaises économies gouvernementales ce que l'on appel crises à répétition depuis 16 ans , les pouvoirs d'achats diminuent l' économie marchande en souffre et les emplois diminuent de ce fait . Il n'y a que les valeurs spéculatives qui créent de nouveaux milliardaires comme jamais vu dans le pays .
a écrit le 01/04/2017 à 8:59 :
Lorsque l'on voit le bilan de la CGT chez PSA avec l'homme du chômage de masse M. Mercier qui a trompé tous les salariés d'Aulnay sauf lui car il a encore un beau bureau cégétiste chez PSA, sa paie tous les mois comme son jumeau pourvoyeur de chômage chez Goodyear , les salariés du privé commencent à comprendre que la CGT ne défend pas l'emploi mais une idéologie anti entreprise et bien au delà des grands groupes. La CGT est comme sa jumelle FO des centrales hors monde du salariat privé qui ont une responsabilité dans le chômage de masse que connaît malheureusement notre pays. Leur gagne pain le public et encore majoritaire sur le plan des bulletins mais minoritaires sur l'ensemble des salariés qui votent de moins en moins pour ces centrales déconnectées hors mane du CE et autres.
a écrit le 31/03/2017 à 19:19 :
Avec la re-glaciation Martinezienne suivant les années d'ouverture de Thibaut, il n'y a rien d'étonnant.

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