La facture des JO 2024 n'en finit pas de grimper : qui va payer?

Fanny Guinochet
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Les Jeux sont loin d'être faits. Le comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojo) cherche toujours à boucler son budget. Et dans le contexte d'inflation galopante, ce n'est pas une mince affaire. Le conseil d'administration, qui s'est tenu ce lundi, et auquel a assisté la ministre des Sports Amélie Oudéa- Castéra, a validé une rallonge de 400 millions d'euros, portant le budget à presque 4,4 milliards d'euros. (sans compter la partie infrastructures gérée par La Solideo - société de livraison olympique-). En cause de cette hausse des coûts, l'inflation qui a renchéri l'enveloppe prévue de 195 millions d'euros. La flambée des prix de l'énergie, mais aussi celle des matériaux, pèse lourd. Les frais liés à la construction ou à l'aménagement de la quarantaine de sites et infrastructures qui les accompagnent, sont en hausse de 165 millions d'euros. Des dépenses aussi ont été sous-évaluées, comme les frais liés à la sécurité. La seule soirée d'ouverture sur la Seine nécessite plus de moyens que prévu : 30 millions d'euros de plus. Côté recettes, le comité compte sur la contribution du CIO, le comité international olympique, mais aussi sur l'argent tiré de la billetterie - un quart des recettes - . De leur côté, les droits télévisés devraient représenter 750 millions d'euros... Enfin, la majorité des recettes devrait être apportées par les entreprises partenaires.
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Et justement, les sponsors sont le nerf de la guerre. EDF, Orange, Danone, Carrefour, BPCE, Sanofi, ... ont déjà donné leur accord, mais des partenaires de haut rang se font encore attendre. Et non des moindres. C'est le cas, par exemple, de LVMH, le géant du luxe, qui n'a toujours pas donné son aval malgré ses bénéfices record. Le groupe de Bernard Arnault est encore en discussion avec le comité. Les ministres de l'Economie, Bruno Le Maire, comme celui du Budget, Gabriel Attal tentent de convaincre les patrons. Ils n'ont de cesse, en ce moment, de solliciter les entreprises françaises pour qu'elles mettent au pot. Mais la période n'est pas propice. Face à l'envolée des prix de l'énergie, devant l'incertitude économique qui s'annonce en 2023, elles font souvent valoir qu'elles ont d'autres dépenses plus importantes à honorer en ce moment. Beaucoup aussi ne veulent pas donner pour donner... « Les JO ce n'est pas un dû, résume un patron français. Parce que l'on est une entreprise de l'Hexagone, on devrait forcément participer ! ... c'est limite du racket », s'agace-t-il. Les grands groupes du CAC 40 sont notamment perplexes quant à leur implication dans cet événement, alors que pour la plupart, la majorité de leur chiffre d'affaires est réalisé en dehors de l'Hexagone.
Fanny Guinochet