La grève contre la réforme des retraites bat le record de 1986-87

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(Crédits : Reuters/Benoit Tessier)
La mobilisation contre le projet de réforme des retraites, qui affecte principalement depuis 29 jours la circulation des trains et les transports parisiens, a battu jeudi le record de 1986-87 à la SNCF pour une grève en continu.

Le mouvement social contre la réforme des retraites joue les prolongations. Après un mois de décembre ponctué par des manifestations, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a appelé les Français à faire grève. De son côté, le gouvernement continue de défendre l'instauration d'un âge pivot de départ à 64 ans à l'échéance 2027 afin d'équilibrer durablement le régime, un sujet perçu comme un véritable "chiffon rouge" pour la plupart des syndicats, y compris les plus réformistes comme la CFDT. Une nouvelle journée interprofessionnelle de manifestations et de grève est prévue le 9 janvier contre cette réforme qui prévoit le remplacement des 42 régimes existants par un système universel par points. Voici les principaux mouvements ayant perturbé les transports depuis 33 ans.

  • 1986/87: 28 jours, sans trêve de Noël

La grève pour la défense des salaires et conditions de travail dure du 18 décembre 1986 au 14 janvier 1987 à la SNCF, soit 28 jours sans trêve de Noël. Début janvier, le mécontentement gagne d'autres services publics, RATP et EDF en tête, tandis qu'à la SNCF le mouvement s'essouffle à partir du 9. La direction de la SNCF parle déjà de "modernisation" tandis que les cheminots affirment revenir au travail "la rage au ventre" avec l'impression de ne pas avoir été entendus.

  • 1995: 22 jours contre la réforme des retraites

La grève contre le projet de réforme d'Alain Juppé, qui porte notamment sur les régimes de retraites des fonctionnaires et des agents de services publics, paralyse le trafic de la SNCF et de la RATP pendant 22 jours, du 24 novembre au 15 décembre 1995.

Les fonctionnaires observent également plusieurs journées de grève et les manifestations se multiplient. Alain Juppé renonce finalement à la réforme des retraites tout en maintenant le reste de son plan de redressement de la Sécurité sociale.

  • 2010: 15 jours pour le fret, 17 pour les retraites

Le projet de réforme des retraites du gouvernement de François Fillon, prévoyant le report de l'âge de la retraite de 60 à 62 ans, déclenche une mobilisation interprofessionnelle qui met à l'arrêt la SNCF pendant 17 jours en octobre. L'entreprise ferroviaire avait déjà connu deux semaines de grève en avril contre une réorganisation de son activité fret. Des blocages de raffineries, de terminaux portuaires et de dépôts de carburant mettent à sec une station service sur trois au plus fort des grèves en octobre.

  • 2018: 36 jours de grève sur 3 mois à la SNCF

Du 3 avril au 28 juin 2018, les cheminots mènent une grève marathon d'un format inédit, au rythme de deux jours d'arrêt de travail sur cinq. Soit 36 jours en trois mois pour un mouvement qui perturbe des voyages pendant les vacances scolaires de printemps, et coïncide avec certaines journées de grève pour les salaires à Air France (15 jours entre fin février et mai).

Le mouvement s'effrite au fil du temps et ne parvient pas à bloquer la réforme qui va transformer la SNCF en société anonyme et mettre fin aux recrutements au statut de cheminot à partir du 1er janvier 2020.

  • Plusieurs grèves de deux semaines

La SNCF a également connu plusieurs grèves de deux semaines, comme en mars-avril 2001 lorsque les agents de conduite contestaient un projet de réorganisation de l'entreprise, et en juin 2014 contre une réforme ferroviaire. En juin 2016, les cheminots s'étaient mobilisés pour la défense de leur régime spécial, à quelques jours de l'Euro de football et en pleine contestation contre la loi travail. Les pilotes d'Air France ont pour leur part fait grève pendant 14 jours en septembre 2014 pour s'opposer à un projet de développement de la filiale à bas coût Transavia France.

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Commentaires
a écrit le 03/01/2020 à 7:52 :
Établir une comparaison avec mai 68 n'est pas raison. En 68 la France entière, ses usines, ses approvisionnements en carburant, l'ensemble de ses commerces universités, etc. étaient à l'arrêt. Aujourd'hui Paris n'est pas la France, c'est une province. Ne trompez pas les lecteurs avec des amalgames qui visent le sensationnel.
a écrit le 02/01/2020 à 17:19 :
Au fait à quel moment on explique aux salariés qu ils vont être traités deux fois, car c'est bien l étymologie de traire et non retrait qu il faut regarder! une première fois par le système français par répartition et une deuxième fois par le système par capitalisations via un roi par action très élevé, sans compter la fracture sociale du rendement par action via les fameux plans de transformation visant à transformer l investissement en crédit impôt recherche, les ressources humaines en plan inhumain d externalisation de la main d'oeuvre via une transformation de matière grise en service à la carte, offshore sans taxe de préférence le tout en totale illégalité du droit du travail mais ca, c est taboo! Enfin il y a la facture républicaine, quand des élus et des nominés, fussent ils ministres, tpg, recteur etccc...empruntent un train de vie digne de Louis 14, et certainement pas dans les standards anglais ou allemand; nous narguent en nous expliquant qui n y a pas de marche de manoeuvre? Idem pour les militaires bénéficiant au bout de 15ans de service de retraite équivalente à celle de professeur en activité pour les 25 années suivantes... Pour terminer, une police qui protège tout mais qui est incapable d enrayer les violences et vols à Paris... va t il falloir encore payer pour protéger nos concitoyens retraites?
Réponse de le 02/01/2020 à 21:39 :
Vous me faites un excellent Président .....................
.....................du club de Pêche de Verson ( 25 habitants).
Réponse de le 03/01/2020 à 7:59 :
Au club de pêche nous avons des objectifs, le premier c est d éduquer nos concitoyens au respect des ressources afin de faire cohabiter toutes les espèces dans le même milieu aquatique, objectivement, l état et lrem sont une classe unique faite de truite et poisson chat...heureusement que nous sommes la pour apporter transparence dans cette rivière avant qu elle ne ressemble à l amazon, si chargée en boues que seuls piranhas et crocodiles y survivent, la méthode bolsonaro pour guide... Vivement le chamboule tout en France...
a écrit le 02/01/2020 à 16:16 :
50millions de provinciaux s'en tapent le coquillard !
a écrit le 02/01/2020 à 13:30 :
Greve de riches ! Chauffeurs de la RATP , conducteurs de TGV , avocats , contrôleurs aériens , intermittent du spectacle ... la CGT est un parti bourgeois défenseur de privilèges .
Réponse de le 02/01/2020 à 16:19 :
Les contrôleurs aériens ne font pas grève. Métier à risque ( bonne vue, bonnes oreilles), ils conservent comme les pompiers leur statut particulier. Normal !
Réponse de le 03/01/2020 à 9:54 :
@put ... et surtout ils sont représentés par un de leur ancien collègue , M. Djebbari ! qui touchera d'ailleurs sa retraite en partie grace à leur système privilégié...
a écrit le 02/01/2020 à 12:25 :
Pas de quoi pavoiser, pour une grève politique avant tout, qui cherche à mobiliser les pauvres pour défendre les privilégiés, et qui n'est donc pas très suivie : ils ne sont pas fous, les pauvres !
Et on aimerait bien que les dirigeants de gauche qui hurlent à l'agression capitaliste prennent un peu la défense de tous les travailleurs qui rament depuis un mois pour aller bosser, même si c'est contraire à leur idéologie ringarde.
a écrit le 02/01/2020 à 11:33 :
Longue peut-être, suivie par contre...avec 7% de grévistes à la SNCF au dernier pointage, aucun record de battu !
Réponse de le 02/01/2020 à 15:39 :
L'élan venait du coeur, mais il ne servira malheureusement pas à grand-chose... À la SNCF, plusieurs grévistes qui avaient accepté de conduire des trains la nuit de la Saint-Sylvestre vont tout de même être mis au repos... faute d'engins à faire rouler. Selon les informations du Parisien, une poignée de cheminots grévistes avaient pris la décision de travailler dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, entre minuit et 6 heures du matin, afin de conduire les trains de la portion sud du RER D, entre Corbeil-Essonnes et Melun.Dans les colonnes du quotidien francilien, un des cheminots explique les motivations du groupe : "Nous ne voulions pas être tenus pour responsable si des accidents de la route se multiplient cette année. On nous a donné notre programme et nous devions faire rouler une dizaine de trains, soit environ 25.000 personnes à transporter, s'ils sont complets". Or, ce programme de circulation est désormais annulé, et les cheminots grévistes mais volontaires resteront chez eux pour le réveillon du Nouvel An. La décision a été prise par la direction de la SNCF qui a déprogrammé les volontaires, "sans aucune explication" : tous les trains devant circuler sur cette portion sud du RER D, cette nuit-là, ont été annulés.
a écrit le 02/01/2020 à 11:16 :
Logique vu que nos dirigeants battent le record de la fuite en avant !

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