Retraites : Macron devrait camper sur ses positions malgré un conflit qui s'enlise

Emmanuel Macron devrait défendre, ce mardi soir, lors de ses voeux son projet de système de retraite universel, alors que la grève entre dans son 27e jour et que les questions se multiplient sur une réforme contestée et toujours mal comprise.
(Crédits : Luc Gnago)

Il sera attendu au tournant. Emmanuel Macron devrait, sans surprise, à l'occasion des voeux présidentiels ce mardi soir, défendre le projet de réforme des retraites. A la veille du Nouvel An, le conflit semble toujours sans issue, alors que la concertation entre Edouard Philippe et les syndicats ne reprendra que le 7 janvier. L'allocution du chef de l'Etat suscite de fortes attentes des syndicats comme de l'opposition qui espèrent clarifications ou concessions alors que le mouvement reste soutenu par une majorité de Français (51%). Mais ils pourraient d'être déçus: Emmanuel Macron, en retrait depuis des semaines, paraît décidé à laisser Edouard Philippe en première ligne, tout en tenant bon sur les principes du projet le plus ambitieux de son quinquennat.

Lors de sa courte allocution enregistrée, il devrait réaffirmer son "ambition forte" pour une réforme des retraites qui "corrige de nombreuses inégalités", a affirmé l'Elysée lundi à l'AFP. Il devrait aussi se "redire ouvert au dialogue" mais "sans entrer dans le détail". Pas question apparemment de modifier ou moduler l'âge-pivot, ce qui aurait pu rallier au moins la CFDT. Plus globalement, il devrait rappeler sa volonté de poursuivre les réformes en "invitant les Français à résister à la tentation de l'immobilisme", tout en appelant à "l'apaisement, pas l'affrontement".

"Apaiser le débat": ce fut aussi le message dès lundi du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Mais, a-t-il ajouté, "le dialogue, ce n'est pas d'exiger le retrait" du texte. "Nous ne cherchons pas le conflit pour le conflit, nous cherchons à mener une réforme qui est nécessaire", a abondé mardi sur France Inter la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie, Agnès Pannier-Runacher.

Concessions discrètes

Reste que durant le week-end, le gouvernement et la CGT ont continué leurs joutes verbales: le secrétaire d'État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a accusé le syndicat de pratiquer un syndicalisme "de blocage", voire "d'intimidation" envers les non-grévistes, le numéro un de la CGT Philippe Martinez accusant lui le gouvernement d'organiser "le bordel" et de jouer "le pourrissement" du conflit. Et depuis la présentation du projet de réforme par Jean-Paul Delevoye cet été, les questions se multiplient sur une réforme dont l'impact pour chacun est incertain, faute de connaître comment sera fixée la valeur du point qui régentera le futur système.

"Apaiser le débat": ce fut aussi le message dès lundi du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Mais, a-t-il ajouté, "le dialogue, ce n'est pas d'exiger le retrait" du texte. "Nous ne cherchons pas le conflit pour le conflit, nous cherchons à mener une réforme qui est nécessaire", a abondé mardi sur France Inter la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie, Agnès Pannier-Runacher. Reste que durant le week-end, le gouvernement et la CGT ont continué leurs joutes verbales: le secrétaire d'État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a accusé le syndicat de pratiquer un syndicalisme "de blocage", voire "d'intimidation" envers les non-grévistes, le numéro un de la CGT Philippe Martinez accusant lui le gouvernement d'organiser "le bordel" et de jouer "le pourrissement" du conflit.

Et depuis la présentation du projet de réforme par Jean-Paul Delevoye cet été, les questions se multiplient sur une réforme dont l'impact pour chacun est incertain, faute de connaître comment sera fixée la valeur du point qui régentera le futur système. "Il y a eu des avancées très claires le 19 décembre, montrant que le système universel peut être dans une certaine mesure individualisé. C'est notamment le cas pour la prise en compte de la pénibilité ou le départ en retraite progressif. C'est de tout cela qu'on discutera en janvier. Le gouvernement a bien compris qu'on reprochait au système de points d'être trop mécanique", résume un conseiller ministériel.

Quoi que dise le chef de l'Etat ce mardi, la grève dans les transports pourrait se poursuivre jusqu'à la reprise des négociations. En ce cas, elle atteindra le 2 janvier, avec 29 jours, le record de la plus longue grève connue en France depuis 30 ans. L'an dernier, Emmanuel Macron avait déjà dû faire face à la colère sociale avec les "gilets jaunes". Il avait alors lâché 10 milliards d'euros d'aides et renoncé à la taxe contestée sur le carburant.

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Commentaires 27
à écrit le 01/01/2020 à 10:24
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.....article 68 ...... et vite !

à écrit le 01/01/2020 à 0:45
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Le conflit ne s'enlise pas, il se délite. La SNCF n'a plus que 7% de grévistes et près des 2/3 des conducteurs grévistes ont repris le travail. Beaucoup de cheminots ont compris que leur régime spécial devient indéfendable à l'époque où de façon plus...

le 02/01/2020 à 14:16
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Pourquoi cette reforme t'interesse puisque tu es en retraite avec les modalités d'avant, donc pas concerné.

à écrit le 31/12/2019 à 19:15
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Si les franciliens soutiennent la grève comme on le dit qu'ils assument joyeusement leur sadomasochisme @

à écrit le 31/12/2019 à 17:47
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Que la majorité (51%…) des Français soient contre le projet retraites d'Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe n'est pas une raison pour y renoncer t : un homme d'Etat est celui qui avance dans l'intérêt de son pays, pas en fonction des sondages. En F...

le 31/12/2019 à 18:23
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"Que la majorité (51%…) des Français soient contre le projet retraites d'Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe n'est pas une raison pour y renoncer" Et encore, si l'on retirait de ces sondages les retraités actuels qui ne sont pas concernés ,le % ...

le 31/12/2019 à 18:44
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Le bon sens en ai une par contre. Désirez vous que vos impôts de l'année prochaine pallient aux non cotisation des agents de l'état durant la carrière des travailleurs actuels? Pour ceux proche de la retraite il y a quelques milliards a donner... D'o...

le 31/12/2019 à 19:45
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D'accord avec vous. En suivant l'opinion de la majorité des français dans 20 ans la France sera un pays sous-developpé sans industrie et sans nouvelles activités, incapable donc d'assurer des retraites par repartition.

le 01/01/2020 à 8:54
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"Que la majorité (51%…) des Français soient contre le projet retraites d'Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe n'est pas une raison pour y renoncer" On aura tout lu , de la part de LREM décomplexé... C'est d'ailleurs pour ce comportement qu'il y a un...

à écrit le 31/12/2019 à 17:23
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Bjr, quelque chose qui me gêne dans ce fouillis, la Pénibilité. Oui, elle est apparente dans certains métiers mais en réalité elle existe dans tous les métiers : le boulanger qui se lève tôt, l'agent de surfaces qui peine à se baisser, les caissières...

le 01/01/2020 à 8:58
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Bien sur ! et si il n'y a plus de négociation au niveau de certaines branches pour la valeur du point ou les ages de départ en retraite, il va y avoir des métiers pénalisés. Aujourd'hui, vu la reconnaissance déjà acquise pour certains (police, pompi...

à écrit le 31/12/2019 à 16:22
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pour apaiser le débat nous commandé les nouveaux LBD et prévenons que l'année 2020 sera encore plus saignante pour les opposants, nous passerons le cap des 1 décès, 24 yeux crevés, 5 mains arrachées, et des centaines de tirs par armes de guerre et no...

le 31/12/2019 à 18:24
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"nous pensons avec notre chef et ses 17 000 adhérents " Les mêmes d'ailleurs qui se moque de la faiblesses des syndicats.

à écrit le 31/12/2019 à 15:09
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tant qu’on n’a pas réglé le problème du chômage dans notre pays, franchement, ce serait assez hypocrite de décaler l’âge légal » de départ à la retraite...... voila ce qu'avait dit macron et la il y crache dessus alors inutile d’écouter les vœux d'un...

le 31/12/2019 à 16:12
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pas loin de penser pareil mais....pour revenir à 1 actif pour 3 retraités, soit déjà bien moins que les 1 pour au démarrage, avec 13 millions de retraités, il faut 39 million de travailleurs : problème : la population active('en commençant à compt...

le 31/12/2019 à 23:24
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@sherpa: Sommes-nous capables d'y rajouter un gain en productivité?

à écrit le 31/12/2019 à 14:17
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A Chamonix, à La Mongie, à Cervinia, sur les plus hauts sommets d'Europe et du Monde, un 1er de Cordée, les oreilles bien propres sans bouchon de cérumen et les lunettes bien propres, professionnel responsable lucide, DÉCIDE TOUJOURS DE RENONCER e...

le 31/12/2019 à 15:40
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Bon début de plaidoirie en destitution du 1er de cordée. La fin approche avec l'avalanche des milliards perdus. Au parlement de jouer l'article 68.

le 31/12/2019 à 18:00
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pour compléter 1er de Cordée voici une condamnation exemplaire ... à méditer par les crs policiers qui tirent à vue en tir tendu sur des civils citoyen sans armes et sans protection : "Le jugement du tribunal correctionnel de Lyon est tombé ce ...

le 31/12/2019 à 18:55
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Belle plaidoirie,mais pourquoi vous en prendre a Eric Woerth?

le 31/12/2019 à 20:19
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@Jessifer Il semble que 1er de cordée fait référence au discours de Philippe en sept 2018 à Chamonix sur le sujet de la santé ... 15 mois après l'on voit ou en sont les dégâts dans la santé en France, les hopitaux ou les malades meurent par man...

à écrit le 31/12/2019 à 14:10
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un clan qui se discrédite chaque jour un peu plus dans le mépris ! la rue a finalement raison cotre le libéralisme a tout va qui profite a la minorité au pouvoir

à écrit le 31/12/2019 à 14:02
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Macron ou la fuite en avant de la politique des GOPE de l' UE. Un petit rappel bienvenu pour comprendre pourquoi Macron ne peut pas faire machine arrière qui est mis en place, installé pour faire la politique de l' UE. Aucu...

à écrit le 31/12/2019 à 13:56
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La journée des véreux n'est en effet pas propice à annoncer l'ouverture accélérée à la concurrence du rail, la séparation (encore!) de RFF et de la SNCF qui sera mise sous tutelle (procédure de sauvegarde..).

à écrit le 31/12/2019 à 13:52
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Son projet est simple, avec sa retraite universelle, les pensions vont baisser car calculée sur 42 ans au lieu de 25. On ne pourra plus partir avant 64 minimum. l'état veut en réalité s'accaparer des réserves des complémentaires estimées à 165 mill...

le 31/12/2019 à 23:46
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Vous avez raison, c'est le pire des retours en arrière : l'Etat qui ne parvient pas à équiliber son budget général de fonctionnement et d'investissement prétend équilibrer et gérer la securité sociale maladie et la SS vieillesse. Cela donne déjà les...

à écrit le 31/12/2019 à 13:42
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Ben il a été programmé pour cela...

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