Que ce soit les propos d'un manager qui questionne une femme en lui demandant si elle « se sent capable de prendre ce poste », d'un autre qui conseille : « Mieux vaut s'habiller en jupe avec ce client », d'un recruteur qui, devant un CV, sourit en disant, tel un bon mot : « Oh, elle a l'air jeune, elle va nous faire un enfant », ou d'un collègue qui ne cesse de couper la parole à une femme dans une réunion, tous ces agissements sont considérés, selon la définition officielle, comme du sexisme ordinaire.
« Ce sont tous ces propos ou ces comportements qui peuvent paraître anodins mais qui infériorisent et disqualifient celles, les plus nombreuses, et ceux, parfois, qui les subissent », précise Maya Hagege, déléguée générale de l'Association Française des Managers de la Diversité (AFMD), qui coordonne, depuis 2021, #StOpE (pour Stop au sexisme ordinaire en entreprise), l'initiative lancée en 2018 par Anne-Laure Thomas (Directrice Diversités, Equité & Inclusion pour L'Oréal en France), Morgane Reckel (Directrice associée Diversité & Inclusion, EY France) et Anne-Sophie Béraud (Global lead Diversity, Inclusion & Social Care chez Accor), pour mutualiser leurs efforts contre le sexisme ordinaire au travail, en partenariat avec Brigitte Grésy, experte des questions d'égalité. D'une poignée au départ, le nombre des membres s'élève aujourd'hui à près de 200 (199, exactement : entreprises privées, institutions publiques, associations, établissements de l'enseignement supérieur...). En effet, le sexisme étant un phénomène de société, « il n'est pas possible d'éviter qu'il ne soit également présent dans les entreprises », souligne Caroline Courtin, directrice Diversité, Egalité et Inclusion à BNP Paribas. Et « il y a une vraie volonté des employeurs d'avancer sur le sujet du sexisme ordinaire, et de ne pas le faire seul », relève de son côté Anne-Sophie Beraud.
Les membres du collectif se mobilisent en signant d'abord un acte comportant huit engagements (dont afficher et appliquer le principe de tolérance zéro, informer pour faire prendre conscience des comportements sexistes et de leurs impacts, former de façon ciblée sur les obligations et les bonnes pratiques de lutte contre le sexisme ordinaire...), puis en partageant tout au long de l'année des bonnes pratiques.