La majorité des entreprises dont l'activité baisse veulent geler les recrutements
latribune.fr
Les inquiétudes sur l'emploi et la remontée du chômage sont revenues fortement dans l'actualité avec notamment la hausse des défaillances d'entreprises.
Gonzalo Fuentes
Selon une étude de l'Association nationale des directeurs de ressources humaines, pas moins de 55% des entreprises qui connaissent ces difficultés ont décidé de geler les recrutements en CDI, mais aussi en CDD. L'étude met aussi en avant l'inquiétude sur l'emploi des seniors.
Le plein emploi s'éloigne et le recrutement se grippe... Plus d'une entreprise sur deux qui connaît une stagnation ou une décroissance de son activité économique fait le choix de geler les recrutements, selon une enquête de l'Association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH), rendue publique ce jeudi.
Pour rappel, les inquiétudes sur l'emploi et la remontée du chômage sont revenues fortement dans l'actualité avec notamment la hausse des défaillances d'entreprises et l'annonce de plans sociaux dans plusieurs entreprises.
Ainsi, pas moins de 55% des entreprises qui connaissent ces difficultés ont décidé de geler les recrutements en CDI, mais aussi en CDD, ou diminuer le nombre de postes (51%), selon cette étude.
L'emploi des seniors comme autre préoccupation
Si le premier sujet pour les directeurs des ressources humaines reste la « simplification » de l'administratif (« règles sur la durée du travail » ou les « difficultés d'embauche de la main d'œuvre étrangère », par exemple), s'ensuivent l'« emploi des seniors » et la « formation et transitions professionnelles », ajoute l'enquête.
« Quand vous regardez les chiffres, le taux d'emploi des seniors ne s'est pas franchement amélioré », relève Benoît Serre, vice-président délégué de l'ANDRH, qui pointe l'importance « d'assurer des transitions professionnelles » notamment via la formation. « On ne peut pas passer son temps à constater qu'il y a des transformations profondes du travail, de l'organisation du travail, notamment liées à l'IA », et ne pas accentuer la formation des salariés, ajoute Benoît Serre.
Pour Audrey Richard, présidente de l'ANDRH, les entreprises ont « un vrai rôle au niveau des reconversions à faire ». « Si on pouvait, par exemple, concentrer les financements et les modèles d'apprentissage sur les métiers du futur » y compris pour les seniors, « ce serait la meilleure manière d'emmener les gens vers un avenir professionnel », ajoute-t-elle.
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Et « 94% des entreprises » se disent « favorables à la possibilité d'obtenir un contrat d'apprentissage en cas de reconversion professionnelle » quel que soit l'âge du salarié, précise l'enquête.
Négociations syndicales autour de l'embauche des seniors
Pour mémoire, syndicats et patronat ont achevé ce jeudi leurs discussions sur de nouvelles règles sur l'assurance chômage, mais continuaient à négocier un accord sur l'emploi des seniors, réclamé par les syndicats après la réforme des retraites.
Le projet d'accord comprend notamment la création d'un contrat dit de « valorisation de l'expérience » pour faciliter l'embauche des chômeurs âgés. Une partie du salaire pourra être payée par l'Unédic pour compenser un éventuel manque à gagner par rapport au salaire précédent. Ces contrats prévoient également que le salarié puisse être mis d'office à la retraite dès qu'il a droit à une retraite à taux plein.