Deloitte est le premier des Big Four, ces géants mondiaux de l'audit et du conseil, devant PwC, EY et KPMG. Si le secteur enregistre mondialement une baisse d'activité, le numéro un, fondé au Royaume-Uni en 1845, enregistre en 2024, avec un chiffre d'affaires de 67,2 milliards de dollars, une croissance de 3,1% par rapport à l'année précédente. Implanté dans plus de 150 pays, Deloitte emploie 415 000 personnes, dont près de 8 000 en France. Gianmarco Monsellato, un avocat fiscaliste diplômé d'HEC entré chez Deloitte en 1993, dirige la filiale française depuis 2021.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Le nombre de défaillances augmente fortement en France, avec une hausse de 18% au premier semestre. Cette tendance risque-t-elle de se poursuivre ?
GIANMARCO MONSELLATO - On quitte le temps des modèles prévisibles pour entrer de plain-pied dans l'incertitude, encore plus redoutée ici qu'ailleurs, parce que le pays est bien plus cartésien que ses voisins européens. Les entreprises y seront de plus en plus exposées, comme le démontrent les débats parlementaires depuis plusieurs semaines, notamment sur le chapitre des taxations envisagées et des hausses d'impôts divers. Quelles que soient les mesures budgétaires finalement adoptées par la prochaine loi de finances, les entreprises subiront les conséquences de la baisse nécessaire des dépenses publiques. D'autant plus que leurs capitaux propres n'ont pas suffisamment augmenté depuis la pandémie, ce qui se traduit par un taux de défaillances actuel supérieur de 20% à celui d'avant la crise sanitaire. Il s'approche même des plus hauts niveaux historiques, avec 13 000 défauts déclarés au troisième trimestre, soit plus de 63 000 en un an.