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ÉconomieFrance

La popularité de Macron et Philippe s'érode

Photo de Grégoire Normand

Grégoire Normand

Publié le 25 mai 2018 à 03:00 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:56

macron philippe

macron philippe

Reuters/Philippe Wojazer

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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La multiplication des conflits pèse sur la popularité d'Emmanuel Macron et celle d’Édouard Philippe. Selon le dernier baromètre mensuelle BVA- La Tribune-Orange-RTL, 56% des interrogés affirment avoir une mauvaise opinion du chef de l’État (+ 8 points par rapport à janvier et + 21 points par rapport à mai 2017). A l'inverse, 40% des répondants indiquent avoir une bonne opinion du président (- 7 points par rapport à janvier et -22 points par rapport à mai 2017).

La popularité du chef de l'État plonge à nouveau au mois de mai. Après un léger regain d'opinions favorables au mois d'avril, Emmanuel Macron connaît un déclin de popularité  au cours de ces dernières semaines selon le dernier baromètre exclusif BVA-La Tribune-Orange-RTL (*). Cette baisse intervient alors que le climat des affaires en France s'est replié pour le cinquième mois consécutif. Le moral des chefs d'entreprise dans les services a nettement fléchi même s'il se maintient à un niveau élevé selon un communiqué de l'Insee publié ce jeudi 23 mai. Par ailleurs, le taux de chômage est remonté au cours du premier trimestre rappelant ainsi que le pari d'une baisse durable du nombre de chômeurs est très loin d'être gagné. Ce week-end, plusieurs partis et syndicats ont appelé à manifester contre la politique d'Emmanuel Macron dans un contexte de grogne social qui perdure.

> Lire aussi : Emploi : un premier trimestre au ralenti

40% d'opinions favorables

D'après les réponses obtenues par l'institut de sondages, le président de la République a recueilli 40% d'opinions favorables, soit une baisse de trois points par rapport au mois précédent. A l'opposé, 56% des interrogés indiquent avoir une mauvaise opinion du locataire de l'Elysée, soit deux points de plus. Depuis le mois de février dernier, la part des opinions défavorables n'est jamais passée en dessous du seuil des 50%. Après un an de présidence, M.Macron a perdu 22 points de bonnes opinions et a gagné 21 points d'opinions défavorables. Selon l'organisme de sondages, l'ancien banquier d'affaires a perdu du terrain chez les électeurs de droite.

"Si, sur le plan politique, le chef de l'État perd du crédit auprès des sympathisants PS (22%; -9),il enregistre surtout un très net recul chez les sympathisants de droite (40% ; -9), et plus encore chez les sympathisants LR (40% ; -14), alors que ces derniers se montraient jusqu'à présent plutôt bienveillants."

Du côté de Matignon, Édouard Philippe perd quelques points chez les individus interrogés par BVA. La part des opinions favorables est passée de 45% à 43% alors que celle des mauvaises opinions est passée de 51% à 53%. Pour l'institut de sondages,

"Il enregistre également un recul assez net, mais plus tempéré que pour Emmanuel Macron, auprès des sympathisants LR (53%; -7). Le Premier ministre subit ainsi le même mouvement critique qu'Emmanuel Macron dans sa famille politique d'origine, auprès de laquelle il demeure néanmoins plus populaire que le Président."

Conflits sociaux : les Français divisés

Au-delà de la baisse de popularité du tandem de l'exécutif, BVA a interrogé les Français pour tenter de comprendre les raisons de ce recul. Pour les sympathisants de droite, il semble que la perte de crédits s'explique par "un manque de fermeté" dans un certain nombre de conflits sociaux. Ils évoquent notamment cette forme de laxisme à l'égard  des zadistes de Notre Dame des Landes (78%), des cheminots (62%), ou encore des personnes qui s'opposent à la réforme de l'accès à l'enseignement supérieur (51%).

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D'une manière générale, les méthodes utilisées par le gouvernement pour gérer le  conflit suscitent des réactions contrastées chez les personnes interrogées avec la formation de trois groupes de répondants relativement équilibrés. Selon BVA, environ un tiers des Français pensent qu'Emmanuel Macron se montre trop ferme face aux opposants (35% en ce qui concerne les cheminots, 37% à l'égard des fonctionnaires, 36% à l'égard des jeunes hostiles à la réforme de l'accès à l'enseignement supérieur). "Une opinion plus partagée parmi les personnes appartenant aux catégories sociales plus modestes, les salariés du public et les sympathisants de gauche".

A l'opposé, un autre tiers des interrogés indique un manque de fermeté face aux opposants "(34% à l'égard des cheminots, 34% à l'égard des jeunes opposés à Parcoursup), mais avec une tolérance plus élevée à l'égard des fonctionnaires puisqu'ils sont moins nombreux à demander de la fermeté à leur égard (26%)." Enfin, un dernier tiers estime que l'action de l'exécutif est adaptée (28% à l'égard des cheminots, 27% face aux opposants à la réforme de l'université, 34% à l'égard des fonctionnaires).

[Cliquez sur le graphique pour l'agrandir]

Toujours sur la question des conflits, la moitié des interrogés indique que le gouvernement n'accorde pas assez place au dialogue avec les corps intermédiaires tels que les représentants des opposants ou les syndicats. L'exercice vertical du pouvoir assumé par l'Elysée semble avoir un impact sur l'opinion publique. En revanche, 36% des interrogés affirment que le couple de l'exécutif accorde assez d'importance au dialogue.

Nicolas Hulot toujours en tête

Dans le classement de la cote d'influence des personnalités politiques, l'actuel ministre de la transition écologique et solidaire a encore gagné deux points par rapport à la précédente enquête. 40% des répondants souhaitent que l'ancien journaliste ait davantage d'influence dans la vie politique française. A la seconde marche du podium arrive le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand. L'ancien ministre de Nicolas Sarkozy gagne deux points d'opinions favorables (33%). Enfin, sur troisième marche du podium figure Marion Maréchal Le Pen. L'ancienne députée du Vaucluse gagne un point à 32% alors qu'elle ne s'est pas représentée aux dernières législatives de 2017. En revanche, l'actuelle présidente du Front national Marine Le Pen est en perte de vitesse. L'ancienne avocate a perdu 5 points par rapport au dernier baromètre réalisé en avril. Elle collecte 23% d'opinions en sa faveur.

La République en Marche en perte de vitesse

Le parti de la majorité perd du terrain au sein de l'opinion. La jeune formation est passée de 55% d'opinions favorables au moment de l'élection d'Emmanuel Macron à la fonction suprême alors qu'elle stagne autour de 40% depuis le mois d'avril. Le Parti socialiste stagne également autour de 20% depuis 5 mois, un score comparable aux résultats obtenus par BVA en mai 2017. Chez lez Républicains, les opinions favorables se situent à 27% ce mois-ci tandis que celles du Front national sont juste derrière à 26%. Même si la République en marche est en perte de vitesse, peu de forces politiques se démarquent vraiment dans le dernier baromètre laissant ainsi un vaste espace pour le parti présidentiel.

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(*) Méthodologie : Enquête réalisée auprès d'un échantillon de Français recrutés par téléphone puis interrogés par Internet du 23 au 24 mai 2018 sur la base d'une échantillon de 1000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l'échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, profession de la personne de référence du ménage et de la personne interrogée, région et catégorie d'agglomération.

Grégoire Normand

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