La rupture conventionnelle dans le viseur d’Élisabeth Borne

Nicolas Prissette
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Lafargue Raphael/ABACA via reuters

Nicolas Prissette
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Lafargue Raphael/ABACA via reuters
Branle-bas de combat à Matignon. La hausse du chômage au troisième trimestre - qui devrait se poursuivre, selon l'Insee - fait bondir Élisabeth Borne. « Nous n'allons quand même pas laisser le chômage remonter sans rien faire », s'agace-t-on Rue de Varenne, dix jours après la publication des chiffres par l'Institut de la statistique. La Première ministre a demandé à Olivier Dussopt, qui lui a succédé l'an dernier Rue de Grenelle, de lui fournir des propositions « en urgence », une requête partagée avec ses homologues de Bercy. Un rendez-vous avec eux est fixé le 15 décembre, la date pourrait être avancée. Entre-temps, le ministre du Travail comparaîtra devant la justice à partir de demain pour soupçon de favoritisme lorsqu'il était maire d'Annonay (Ardèche).
À lire également
Sans attendre, Matignon lance ses pistes. La rupture conventionnelle pourrait ainsi faire l'objet d'une réforme. L'exécutif constate que ce dispositif, né en 2008 à l'issue d'un accord entre patronat et syndicats, a aujourd'hui des effets pervers sur l'emploi. À la différence d'une démission, il permet de percevoir des indemnités d'assurance chômage. Ce qui encouragerait les partants à s'inscrire à Pôle emploi tout en pesant sur les comptes du régime. « Il n'y a plus beaucoup de démissions, tout le monde veut négocier », observet-on. L'essor est vif. Plus de 500 000 séparations à l'amiable ont été conclues l'an dernier, contre 420 900 en 2017. Le gouvernement vient déjà de relever le prélèvement social sur les chèques de départ pour freiner le mouvement. Une nouvelle restriction serait donc envisagée.
Nicolas Prissette