Le gouvernement s'attaque au chômage de longue durée

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L'amendement du gouvernement prévoit que les partenaires sociaux, dans le cadre de la convention d'assurance chômage, puissent se prononcer ou explorer la possibilité d'avoir une allocation chômage de longue durée, a déclaré Muriel Pénicaud devant le Sénat, qui a entamé le 10 juillet l'examen du texte.
L'amendement du gouvernement prévoit que "les partenaires sociaux, dans le cadre de la convention d'assurance chômage, puissent se prononcer ou explorer la possibilité d'avoir une allocation chômage de longue durée", a déclaré Muriel Pénicaud devant le Sénat, qui a entamé le 10 juillet l'examen du texte. (Crédits : Gonzalo Fuentes)
La ministre du Travail Muriel Pénicaud a annoncé au Sénat mardi 10 juillet que le gouvernement envisageait de mettre en place une nouvelle allocation chômage pour les chômeurs de longue durée. Il faut encore que les partenaires sociaux se mettent d'accord dans le cadre de la négociation de la nouvelle convention Unedic voulue par Emmanuel Macron.

Le gouvernement s'attaque à un vaste chantier. Lors d'un débat sur le projet de loi visant à réformer l'apprentissage et la formation professionnelle au Sénat, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a annoncé devant le Sénat le 10 juillet que le gouvernement envisageait la création d'une allocation pour les chômeurs de longue durée (*). Si le taux de chômage au sens du bureau international s'est établi à 9,4% de la population active à la fin de l'année 2017 (contre 10,1% à fin 2016), celui du chômage de longue durée a diminué moins vite. Il est passé de 4,6% à 4,2% entre 2016 et 2017.

À l'heure où les partenaires sociaux se réunissent ce mercredi 11 juillet pour définir l'agenda social de la rentrée, la proposition de la ministre devrait susciter quelques réactions.

Une nouvelle allocation

Lors de son intervention, Muriel Pénicaud a précisé que le gouvernement envisageait de déposer un amendement à son texte de loi qui prévoit que :

"les partenaires sociaux, dans le cadre de la convention d'assurance chômage, puissent se prononcer ou explorer la possibilité d'avoir une allocation chômage de longue durée car au moment même où l'emploi repart, où il y a beaucoup de perspectives et où on crée des emplois, il y a néanmoins un chômage de longue durée sur lequel les partenaires sociaux pourraient avoir envie de faire quelque chose."

La durée d'indemnisation pour les chômeurs de longue durée irait au-delà des deux ans prévus actuellement, a poursuivi la ministre. Aujourd'hui, un chômeur de longue durée est indemnisé pendant deux ans avant de basculer dans l'Allocation de solidarité spécifique (ASS).

Un second article à l'amendement prévoit que les partenaires sociaux puissent entrer "dans le dispositif de la négociation de l'assurance chômage toute de suite", à savoir de septembre à fin 2018 ou début 2019. « Plusieurs des partenaires sociaux ont exprimé au gouvernement qu'il y ait un agenda social plus important, entre eux, mais aussi avec le gouvernement, pour ouvrir un certain nombre de ces sujets », a dit la ministre.

« C'est dans ce contexte que le président de la République leur a proposé de les rencontrer mardi prochain, le 17 juillet, pour pouvoir discuter du champ de cet agenda social », a-t-elle poursuivi, rappelant que parmi les différents sujets qui pourraient être abordés, Emmanuel Macron a évoqué le 9 juillet, devant le Congrès, la santé au travail et l'assurance-chômage.

« Mais il faut savoir que les conventions d'assurances chômage ont un calendrier et qu'il n'est pas possible de déroger à ce calendrier sans disposition législative », d'où la nécessité de déposer cet amendement, a-t-elle souligné.

Le phénomène inquiétant des chômeurs de longue durée

Le chômage de longue durée est loin d'être un phénomène nouveau. Pour autant, la crise de 2008 a fortement accentué le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi selon les chiffres de l'organisme public. Ils étaient environ 2,59 millions dans cette situation à la fin du premier trimestre 2018 sur plus de six millions d'inscrits. Ce qui représentait environ 41% du total des inscrits à la fin du mois de mars.

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Par catégorie, ce sont les demandeurs inscrits entre un an et deux ans qui sont les plus nombreux (1,1 million). Mais plus inquiétant encore, ce sont les chômeurs de très longue durée qui ont tendance à croître encore plus rapidement, comme l'illustre le graphique ci-dessous. Il y a d'ailleurs plus de chômeurs de très longue durée si on fait la somme des deux catégories (de deux ans à moins de trois ans et trois ans ou plus).

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Par ailleurs, ces chiffres ne prennent pas en compte tous ceux qui ne sont même plus inscrits à Pôle emploi, soit parce qu'ils ne recherchent pas d'emploi par découragement, soit parce qu'ils ne sont pas disponibles rapidement pour travailler ou n'y trouvent pas un intérêt financier. C'est ce que l'on appelle le "halo du chômage".

Lire aussi : Retour à l'emploi : le calvaire des chômeurs de longue durée

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(*) Un chômeur de longue durée est un actif au chômage depuis plus d'un an. À partir de 24 mois, on parle de chômage de très longue durée.

(Avec agences)

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Commentaires
a écrit le 13/07/2018 à 13:58 :
Il semblerait qu'il y ait une petite erreur de calcul de vitesse:

''Si le taux de chômage au sens du bureau international s'est établi à 9,4% de la population active à la fin de l'année 2017 (contre 10,1% à fin 2016), celui du chômage de longue durée a diminué moins vite. Il est passé de 4,6% à 4,2% entre 2016 et 2017.''

Baisse relative chômage toutes durées confondues:
(1-(10,1/9,4))*100= -7,4%

Baisse relative chômage longue durée:
(1-(4,6/4,2))*100= -9,5%

=> Le chômage de longue durée baisse plus vite que le chômage toutes durées confondues.

Si en plus on retire le chômage longue durée du tout confondus, la baisse du chômage longue durée est encore plus rapide...
a écrit le 12/07/2018 à 14:25 :
Problème difficile à résoudre, d'autant qu'à partir d'un certain temps passé au chômage il y a perte de compétences, voire de repères sociaux ou même exclusion.
Autre difficulté à gérer par pole emploi, je crois qu'ils essayent de mettre en avant les chômeurs très longue durée, sauf qu'ils sont rarement opérationnels et que les entreprises ne sont pas là pour gérer cela. D'autant plus difficile pour les plus âgés rencontrant des problèmes de "repositionnement professionnel". Par comparaison, les sociétés d’intérim ont tendance à récupérer les cas plus faciles disposant déjà de toutes les formations et certifications métier.
Question rémunération, au delà de deux ans ce n'est plus de l'assurance chômage, c'est autre chose ; de l'orientation, de la réinsertion, de la formation, de la préretraite, du travail social, un revenu de survie, etc ...
De toute façon si on n’appelle pas un chat un chat, ou si on nie un problème, il est peu probable que l'on trouve des solutions viables. Ce qui veut dire, qu'autant on peut avoir une volonté d'upgrader les compétences grâce à la formation, autant on ne peut nier les difficultés économiques à divers niveaux. Le marché allant toujours plus vite que son ombre, cela impose de prévoir des voies de secours pour les plus exclus qui ne pourront pas suivre. Certes on peut se montrer optimiste et favoriser les entrepreneurs qui font vivre le pays, repartir au mieux et sans cesse les revenus et la productivité mais il faut être conscient des limites de la méthode Coué. Le "travailler plus pour gagner plus" se heurtant aux limites de l’économie de marché, tout autant que "ce qui est fait ailleurs, ne peut être fait ici", du moins pas si on n’y apporte une valeur ajoutée. Sans compter les évolutions technologiques et industrielles qui vont continuer à nous soulager de tâches ingrates, au prix de moins de travail, ou d'un travail différent.
a écrit le 12/07/2018 à 12:34 :
Le titre est erroné et devrait être : "Le Gouvernement s'attaque aux chômeurs de longue durée".
a écrit le 12/07/2018 à 9:52 :
Il parait évident que ce gouvernement est plus pour le travail que pour l'assistanat comme la plupart des pays du monde, vu de France cela parait étrange mais finalement c'est assez banal.
a écrit le 11/07/2018 à 23:27 :
Ou comment faire supporter à l'assurance chômage des prestations dont il n'a jamais été prévu qu'elles lui incombent et qui est déjà en déficit avec les règles actuelles d'indemnisation.

Une surtout autre façon de déresponsabiliser l'Etat et faire des économies en faisant porter le fardeau par d'autres.

Je croyais qu'avec les réformes macron, le chômage devait baisser.... Pénicaud nous aurait t'elle menti?
On comprend pourquoi le gouvernement des technocrates se refuse à commenter les courbes du chômage, ce genre de proposition dynamite la com présidentielle qui prétend que le chômage baisse sensiblement.
a écrit le 11/07/2018 à 21:39 :
une manoeuvre dilatoire de la ministre pour cacher la décision déjà prise par Macron :
baisser l'indemnisation du chômage de plus de dix milliards d'euros par an , sur un total effectif en base 2016 de plus de trente sept milliards d'euros .( il l'a dit donc il le fera )
les salariés qui bénéficiaient d'une assurance chômage équivalente à une assurance auto tous risques , vont se retrouver avec une assurance de type "au tiers" qui ne leur garantira que des "clopinettes" . ils vont se mordre les doigts de la suppression de cotisation salariale qui va les exposer à une plus grande précarité s'ils perdent leur travail . rappelons que les cotisations salariales produisaient un rendement de 12 ,5 milliards d'euros dont le gouvernement n'a pas pris d'engagement de compensation dans le temps .
il n'y a pas que les retraités qui vont payer plein pot l'augmentation de la CSG , le salariés vont bientôt s'apercevoir que leur hausse de prélèvement de CSG aura été compensée en monnaie de singe .
a écrit le 11/07/2018 à 21:32 :
Dans les 40% en 2017 : les chômeurs de longue durée ( + 3 ans...) ils ou elles ont quel âge ?
Réponse de le 12/07/2018 à 10:56 :
Chiffres de 2015 :

Parmi ces chômeurs de longue durée, ce sont les 25-49 ans qui sont logiquement les plus présents, représentant la catégorie d'âge la plus nombreuse. Mais cette proportion tend à diminuer face à l'augmentation du poids des seniors : les plus de 50 ans représentent désormais 31,6 % des chômeurs de longue durée (+ 8 points en cinq ans). Hommes et femmes sont représentés à peu près à parts égales (environ 40 %).Du côté des secteurs concernés : les services à la personne, le commerce, le transport et l'industrie sont les plus touchés par le phénomène.
Réponse de le 12/07/2018 à 12:19 :
Ce sont des «  secteurs d’activités » qui demandent beaucoup d’énergie et de vitalité.

beaucoup de personnes après 45 ans ont des maladies chroniques ( utilisation d’un médicament tous les jours pour une affection)

pour les 50 ans et plus : comment bien vieillir ? comment se réorienter ? comment optimiser son énergie et être utile avec une place dans la société et être production de «  positivité » pour soi et pour les autres ?

Peut être que c’est un travail sur «  les mentalités » qu’il faudrait faire mais le problème c’est le «  coût » pour aider les personnes a «  se voir autrement » , prendre le «  bon coté ( essayer de faire ce qu’ils ont toujours voulus faire )de leur situation face à la période de chômage »
a écrit le 11/07/2018 à 19:48 :
Qu'on me cite un gouvernement qui a fait baisser le chômage autrement qu'en truquant les statistiques. François MITTERAND prétendait que "contre le chômage, on a tout essayé"! Oui! Sauf la seule solution qui marche: la restauration de la marge des entreprises; on a essayé la France sans usines et la France sans travail (la fameuse cagnotte fiscale de Jacques CHIRAC) avec les brillants résultats que l'on sait. Espérons que la rencontre entre patrons et salariés aboutira à un résultat constructif.
Réponse de le 12/07/2018 à 10:06 :
C'est vrai que depuis que l'on participe a l'UE de Bruxelles puis a l'euro, on est sans cesse entrain de jouer sur les chiffres pour ne pas se faire "jeter"! Vue que l'on n'est plus maître de ses décisions sans en référer a cette administration hors sol qu'est la commission!
a écrit le 11/07/2018 à 19:02 :
Je ne sais pas ce qu'il cherche mais de toute façon, non seulement le lien est brisé avec le bas mais en plus la comparaison de revenu entre l'ASS et le chômage est par définition et volontairement incompréhensible. C'est l'essence de notre système social, rendre incompréhensible pour empècher toute forme d'optimisation.

Ce n'est pas ce genre d'article qui va évidement aider à comprendre où est le problème.

Le seul point que j'ai trouvé, c'est que l'ASS est un montant fixe pour tout le monde et le chômage dépend de vos anciens revenus... Pas à mettre aux crédit de Macron/Penicaut.

En même temps, quand on les entend parler de chômage, beaucoup ont peur...
Réponse de le 12/07/2018 à 4:36 :
"Vous ne savez pas ce qu'ils cherchent " ! Grand naif. Micron est un liberal dur de dur avec des instructions claires de ses maitres de Bruxelles. Detruire toute forme d'aide. Simple.
Les caisses sont vides et il est hors de question de les remplir.
a écrit le 11/07/2018 à 15:55 :
On sait comment le gouvernement s'attaque au chômage de longue durée, il leur suffit de faire du turn over dans le chômage! Avantage a ceux qui seront les plus bruyant, on les féra taire en leur donnant un job!

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