Le ministre de l'Economie souhaite « atténuer » la hausse des cotisations patronales
latribune.fr

Le ministre de l'Économie et des Finances, Antoine Armand (photos d'illustration)
Stephanie Lecocq
latribune.fr

Le ministre de l'Économie et des Finances, Antoine Armand (photos d'illustration)
Stephanie Lecocq
[Article publié lundi 4 novembre 2024 à 8h38, mis à jour à 9h18] Le ministre de l'Économie, Antoine Armand, souhaite « atténuer » la hausse des cotisations patronales sur les bas salaires prévue dans le budget 2025. « Le gouvernement entend les inquiétudes exprimées par les entreprises et le groupe EPR (Ensemble pour la République, ndlr) notamment, concernant l'impact potentiel sur l'emploi » des cinq milliards d'euros de suppressions d'allègements de charges prévues, a-t-il déclaré dimanche au quotidien économique Les Echos.
Des propos réitérés ce lundi matin au micro d'Europe 1 et de CNews. « La quantité d'heures travaillées en France ne suffit plus à financer notre modèle social. Si on veut le conserver, il faudra travailler davantage. C'est un constat. Sur une année, les Français travaillent globalement moins que nos voisins », a donc insisté le ministre.
La conséquence, selon lui : « Cela signifie moins de cotisations, donc moins de financement de notre modèle social, moins de recettes, moins d'emplois, et enfin moins de croissance. Travailler un petit plus est donc indispensable. »
Pour rappel, le projet de budget pour 2025 prévoit de limiter et répartir différemment les allègements de cotisations patronales, aujourd'hui fortement concentrés au niveau du Smic. L'objectif ? Obtenir de nouvelles recettes et d'inciter les employeurs à augmenter les très bas salaires. Ce nouveau cocktail d'allègements s'arrêterait en outre à 3 Smic, contre 3,5 Smic aujourd'hui. Une limite plus basse. Mais l'exécutif a touché une corde sensible en s'attaquant aux exonérations de cotisations patronales, dont le montant a doublé en dix ans et tutoie aujourd'hui les 80 milliards d'euros.
Concernant le dérapage du déficit public, dans son interview aux Echos, le ministre a indiqué qu'il réunira « dans les prochains jours » un comité scientifique chargé d'évaluer les modèles économiques de Bercy. En effet, le déficit public a subi un lourd dérapage en 2024, Antoine Armand ayant estimé fin octobre qu'il pourrait finalement atteindre 6,2% en 2024 alors que l'ancien gouvernement prévoyait 5,1% pour cette année.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

À lire également
Le gouvernement souhaite le ramener à 5% du PIB dès 2025 via un effort budgétaire de 60 milliards d'euros dont 20 milliards proviennent de hausses d'impôts et 40 milliards de réductions des dépenses. Antoine Armand n'exclut donc pas la possibilité de nouvelles économies « en cours d'année si besoin » pour y parvenir.
(Avec AFP)
latribune.fr