Le patronat hausse le ton contre la baisse des allègements de charges
latribune.fr

Le patron du Medef Patrick Martin s'insurge depuis plusieurs semaines contre le projet de baisse des allègements de charges du gouvernement Barnier.
Abdul Saboor
latribune.fr

Le patron du Medef Patrick Martin s'insurge depuis plusieurs semaines contre le projet de baisse des allègements de charges du gouvernement Barnier.
Abdul Saboor
[Article publié mardi 22 octobre à 7h24 et mis à jour à 9h08] Avant même la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale début octobre, le patron du Medef, Patrick Martin, s'était insurgé contre la baisse des allègements de charges prévue par le gouvernement. Ce lundi, c'est l'ensemble du patronat qui a décidé de se faire entendre dans un communiqué signé à la fois par le Medef, la Confédération des PME (CPME), l'U2P (entreprises de proximité), la Fédération nationale des Syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) et l'Udes (Union des employeurs de l'économie sociale et solidaire).
Les diminuer représenterait, selon elles, « une charge supplémentaire de plus de 5 milliards d'euros que devraient supporter » les entreprises, rognant « mécaniquement leurs marges », au risque d'entraîner des « destructions d'emploi », notamment pour les salariés proches du Smic.
Interrogé sur BFM TV, ce mardi, Patrick Martin a évoqué « un risque de destructions d'emplois par centaines de milliers », et notamment de l'ordre de 186.000 dans l'économie sociale et solidaire. Redoutant une hausse du coût du travail dans l'Hexagone qui est déjà « supérieur aux autres pays », le patron du Medef n'a pas caché que, dans ces conditions, « il n'y aura pas d'augmentations de salaires ».
Car le projet de budget pour 2025, actuellement en examen à l'Assemblée nationale, prévoit de limiter et répartir différemment les allègements de cotisations patronales, aujourd'hui fortement concentrés au niveau du Smic, dans l'espoir d'obtenir de nouvelles recettes et d'inciter les employeurs à augmenter les très bas salaires.
A LIRE AUSSI
Charles de Courson : « Les privatisations ne vont pas réduire les déficits structurels »
Dans le détail, ce nouveau cocktail d'allègements s'arrêterait en outre à 3 Smic, contre 3,5 Smic aujourd'hui. La réforme permettrait, selon le gouvernement, d'engranger au moins quatre milliards d'euros de nouvelles recettes.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Pour les dirigeants, les allègements de charges « dont bénéficient aujourd'hui les entreprises pour les rémunérations allant jusqu'à 3,5 Smic » ont « produit des résultats incontestables » en préservant « l'emploi, en particulier des populations faiblement qualifiées ». En particulier, dans les secteurs aux « rentabilités faibles », qui, « n'ayant pas la possibilité de répercuter à leurs clients (...) l'augmentation de leurs charges, seraient mis en difficulté ».
À lire également
Les patrons de TPE pas convaincus par la politique de Michel Barnier
Un baromètre IFOP/Fiducial consulté par La Tribune révèle que près de 70% des patrons de TPE ne font pas confiance aux mesures économiques du gouvernement Barnier. Par ailleurs, 77% des patrons sont pessimistes sur le climat des affaires. D'autant que la consommation des Français demeure toujours atone d'après les dernières enquêtes de conjoncture de l'Insee, malgré un léger regain de pouvoir d'achat en 2024. Et les restrictions budgétaires pourraient encore assombrir ces perspectives sur la consommation des ménages, les investissements et la croissance.
(Avec AFP)
latribune.fr