Le ministre du Budget pas fermé sur des cessions de participation de l’État
latribune.fr
Pour le ministre du Budget et des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, « il faut toujours soupeser entre la cession de parts (...) et le manque à gagner par les dividendes que cela crée » (photo d'archive).
Le ministre du Budget a affirmé dimanche ne pas être « opposé », ni « choqué » sur le principe de céder des participations de l'État dans certaines entreprises pour éponger la dette française. Laurent Saint-Martin a toutefois émis quelques réserves.
Et si l'État réduisait sa participation dans certaines entreprises pour diminuer sa dette ? Une vingtaine de députés, dont les ex-ministres Olivia Grégoire et Gérald Darmanin, ont défendu cette piste dans une tribune publiée dans La Tribune Dimanche. L'actuel ministre du Budget, Laurent Saint-Martin, la perçoit comme un « débat intéressant ». Interrogé au micro de France Inter et France info dimanche midi, il a précisé ne s'y être « jamais opposé ».
Pour rappel, dans leur texte, les députés suggèrent de céder « des participations dans lesquelles l'État lui-même ne comprend d'ailleurs plus vraiment ni son rôle, ni sa mission ». « Que faisons-nous encore dans Orange, Stellantis, la FDJ ? », interrogent-ils. Ils ciblent « notamment 180 milliards de participations dans des entreprises cotées ».
Et ajoutent :« Vendre seulement 10% de ces participations rapporterait autant, voire plus, que la hausse contre-productive de l'impôt sur les sociétés ou l'augmentation des charges du travail prévues par le gouvernement », affirment-ils.
Laurent Saint-Martin a toutefois émis quelques réserves. Il a rappelé qu'« il faut toujours soupeser entre la cession de parts qui permet le remboursement de la dette (...) et le manque à gagner par les dividendes que cela crée si vous cédez vos parts », prenant notamment l'exemple de la participation de l'État dans EDF. Dans le budget 2025, « il y a un dividende exceptionnel qui est versé par EDF, entreprise publique. Si demain EDF n'était plus une entreprise publique, ce dividende-là ne participerait pas à la réduction de notre déficit », a-t-il expliqué.
« À chaque fois, il faut regarder secteur par secteur, entreprise par entreprise », a-t-il plaidé,« mais le principe d'avoir une revue de portefeuille des participations de l'État et de se demander quelle est la pertinence aujourd'hui de ces participations ne me choque absolument pas ».
Une vision que partagent justement les députés du parti Renaissance. « Il ne s'agirait que de céder quelques participations sans pour autant mettre en risque le maintien des remontées de dividendes futurs (qui demeureraient importants compte tenu de l'ampleur de nos participations) », abondent-ils.
Les parlementaires précisent par ailleurs qu'ils déposent un amendement sur ce sujet pour le budget 2025. Or, selon le ministre Laurent Saint-Martin, cette question « n'est pas le sujet du budget 2025 » mais une prérogative de son confrère au ministère de l'Économie, Antoine Armand, car cela permettrait de « réduire la dette mais pas le déficit », a-t-il indiqué lundi sur BFMTV.
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L'examen de la partie « recettes » du projet de budget 2025 commence ce lundi à 21h30 dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, à peine deux jours après son rejet en commission des Finances où il a été largement réécrit. Le texte revient toutefois dans sa version initiale, comme d'habitude pour les textes budgétaires, ce qui laisse présager des heures de débats difficiles. Laurent Saint-Martin a d'ailleurs défendu lors de ces deux interviews le projet porté par le gouvernement de Michel Barnier.
« Ce budget n'est ni un matraquage fiscal ni austéritaire. C'est un budget d'équilibre »,a-t-il assuré dimanche.
Le ministre a aussi contesté les prévisions de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), qui table sur un ralentissement de la croissance à 0,8% sur 2024, soit 0,3 point de moins que la prévision de l'exécutif. Les économistes estiment que « la croissance serait pénalisée en particulier par l'affaiblissement de l'investissement » des entreprises, que l'incertitude politique incite à la prudence, et notent également un impact négatif sur l'activité des mesures de réduction de redressement des finances publiques.
Un avis que ne partage pas Laurent Saint-Martin. Pour lui, le projet de budget «n'est pas de nature à ralentir trop fortement cette croissance-là », s'est-il justifié. « Nous avons prévu une croissance de 1,1%, qui est déjà une croissance effectivement impactée par le ralentissement que ce budget peut créer », a-t-il indiqué. Et de conclure : « Donc nous estimons que 1,1% de croissance est une prévision réaliste ».