"Le risque existe d'un retour au business as usual" (note du Quai d'Orsay) 2/4

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L'après Covid-19 : révolution ou retour au business as usual ?
L'après Covid-19 : révolution ou retour au "business as usual" ? (Crédits : DR)
Quels retours d'expérience pour les Etats après la crise du Covid-19. Dans le domaine de l'économie le Centre d'analyse, de prévision et de stratégie du Quai d'Orsay s'interroge sur le monde économique de demain.

Quel monde économique de demain après la sortie de la crise aussi bien sanitaire qu'économique ? C'est l'un des volets de la note prospective du Centre d'analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) révélée par Le Monde et consultée par La Tribune. Intitulée "Premières réflexions en vue du jour d'après", cette note du groupe de réflexion du ministère des Affaires étrangères estime que "le risque existe d'un retour au 'business as usual', à l'image du G20 qui a fini par perdre son élan réformateur avec l'éloignement de la crise de 2008, alors même que les défis majeurs - climat, inégalités - se faisaient plus pressants". D'autant que s'il y a des changements majeurs, ils ne pourront intervenir que dans un contexte a priori encore davantage contraint, notamment en termes de marges de manœuvre budgétaires et monétaires après la crise sanitaire.

La mondialisation revisitée de "fond en comble" ?

Pourtant, le CAPS imagine bien un "retour de bâton contre l'idée des bienfaits de l'intégration économique internationale", ou plus vulgairement la mondialisation qui a jusqu'ici assuré la prospérité et la sécurité d'une majorité d'hommes et de femmes sur Terre. Cette nouvelle vague de contestation du modèle économique balaiera-t-elle tout ou s'ajoutera-t-elle "aux préoccupations environnementales ou à l'arsenalisation des interdépendances asymétriques (sanctions, levier migratoire, chantage énergétique)". Toutefois, l'abandon de ce modèle soulèverait "à son tour d'énormes risques et défi", estime le groupe de réflexion du Quai d'Orsay.

"Si l'on veut préserver une forme d'intégration économique, ce sont donc le degré et les modalités de l'intégration qui doivent être revisités de fond en comble", estime le CAPS.  A commencer par le rôle de l'Etat, dont "la responsabilité vis-à-vis de ses citoyens ne peut être uniquement régalien et se doit d'être aussi tournée vers des politiques publiques assurant la fourniture de services de base". Au-delà, le CAPS estime que la nature du fonctionnement de notre économie et des business models (réduction des coûts, flux tendus) ainsi que les formes prises par la mondialisation économique (importance des transports, fragmentation des chaînes de valeur, extrême spécialisation, profitabilité contre stabilité), pourront être "interrogés".

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a écrit le 03/04/2020 à 22:10 :
Sans chercher à philosopher sur la nature humaine à coup de formulations pompeuses et incompréhensibles comme " l'arsenalisation des interdépendances asymétriques...!!??? "(Kesako??), je pense que la mondialisation perdurera avec une généralisation au continent africain ( qui apparemment ne se sort pas très mal, comme l'Asie du SE, de cette pandémie) avec des délocalisations de l'Usine du Monde au travers de la ceinture logistique de la Silk Belt en devenir.
La technologie chinoise de plus en plus dominatrice ds les télécoms et le matériel électronique gd Public se délocalisera partiellement ds les pays de l'OCDE, à proximité d'une dde HT de gamme , tt en bénéficiant d'une MO qualifiée et d'infrastructures développées.
Un pays comme la France cherchera a relocaliser des biens désormais stratégiques ds la santé, la chaîne de valeur automobile... en partenariat avec l'UE, mais également pour s'assurer une auto suffisance alimentaire ds des produits agricoles de qualité, remettant partiellement en question des accords internationaux type CETA ou Mercosur.
a écrit le 03/04/2020 à 15:13 :
J'ai comme impression que le quai d'orsay s'occupe des affaires qui lui sont étrangères. En quoi la crise de 2008 a changé fondamentalement l'homme ? L'homme ne changera pas après le covid19. Il y aura quelques ajustements par ci et par là mais le business as usual reprendra, car on ne change pas une machine d'une telle lourdeur en un claquement de doigt. Dans les pays riches nous avons perdu le sens du temps et nous refusons les sacrifices. Or changer demande du temps et des sacrifices et ce qui nous caractérise par rapport à l'Asie, c'est le court terme et le moindre effort.
Réponse de le 04/04/2020 à 2:08 :
Non, ce qui nous caractérise par rapport à l'Asie c'est l'incompétence, en particulier de nos politiques et surtout de droite (bon à ne faire que des déficits, voir notre déficit 2019 qui a augmenté par rapport à 2018) , et nos soi-disant experts, surtout économiques.

Et c'est un habitant d'un pays dont les 2 dernières grandes batailles (indépendantes d'autres pays), sont mai 1940 et Dien-Bien-Phû qui vous le dit.... (Et je ne cite pas Cao-Bang, pour ceux qui connaissent un peu la guerre d'Indochine)
a écrit le 03/04/2020 à 13:47 :
Il n'y a aucun risque, ce sera "business bas usual", il faudra bien consommer le pétrole qui déborde de partout. Vas y les avions,vas y les voitures, vas y tout ce qui consomme du pétrole.
Le pétrole c'est le progrès (en principe), mais réellement, c'est le MAL, la malédiction absolue.
a écrit le 03/04/2020 à 12:34 :
Tout est dans les postulats de départ. Dès lors qu'on part de l'affirmation que "… les défis majeurs - climat, inégalités - sont plus pressants" on aboutit aux conclusions qu'elle induit.
D'autres auraient pu juger d'autres défis plus presssants, comme la recherche médicale, la chute de la productivité ou le ralentissement de l'innovation. D'autres auraient pu relever la dégradation de l'éducation ou bien, notamment en France, le retard dans l'installation d'un réseau de communication à haut débit.
Paroles d'experts … as usual.
a écrit le 03/04/2020 à 11:40 :
"pourront être "interrogés""

Ben avec ça on est tranquille rien ne se fera, les dragons célestes vont continuer de tout ravager dans le seul nom de leur patholgique cupidité.
a écrit le 03/04/2020 à 11:17 :
échec d une équipe de politiciens du nouveau monde par manque d anticipation ! la vie des gens ne leur apartient pas
a écrit le 03/04/2020 à 11:07 :
Effectivement il faut tout revoir dans la mondialisation et surtout notre dependance à l'empire du milieu, retablir une souveraineté financière, economique et industrielle en France pour les secteurs strategiques comme la medecine,l'electronique, les télécoms, l'armement. La mondialisation effrenée à tout va à vécu. Je ne sais pas vraiment ce qu'elle nous apporté : beaucoup de produits chinois ? apprendre le mandarin ? oui il faut revoir la mondialisation a tous les niveaux de la fusée, du sol au plafond. Totalement et surtout ne plus être dependant de l'ogre chinois qui veut tout rafler. si on prend l'exemple de la 5G, il faut absolument que tout ou partie de la technologie 5G soit developpée en Europe comme pour l'internet du futur, les serveurs informatiques ou encore les smartphones futurs. Oui à la souveraineté industrielle en France et tout pour les nouvelles technologies pour les futurs processeurs et les composants de l'informatique quantique !
Réponse de le 03/04/2020 à 12:53 :
A qui la faute de la délocalisation d'une énorme partie de nos industries? A nous mêmes avant tout. Qui a envoyé faire ses pantalons, ses chaussures, ses télés en Chine ? Personne n'y a été forcé. Ce sont les profits juteux que nos industriels ont voulu faire sur notre dos qui est la cause de tous ces dérèglements . Et en a-t-on réellement profiter? Et les gouvernements successifs ont laissé faire. On aurait, au moins, pu continuer à garder en France, la production utile au marché intérieur. Nous n'aurions pas perdu des emplois industriels qui nous manquent désormais. Si il fallait se battre pour la compétitivité de nos produits sur les marchés extérieurs, rien n'aurait interdit de les faire fabriquer à l'étranger.
Réponse de le 03/04/2020 à 21:08 :
N'oublions pas que la mondialisation a eu ses vertus.
Elle a permis de conforter le PA des masses laborieuses des pays de l'OCDE ces 30 dernières années qui se sont gavées sans retenue du made in PRC au prix dérisoires.
Par la division du travail induite, elle a formidablement fait reculer l'extrême pauvreté ds le monde.
Plus de la moitié de la Chine maoïste en 79 vivait en dessous du seuil de pauvreté qd Deng Xioping lança son slogan prémonitoire :"Enrichissez vous !"
Et désormais, des pays comme l'Ethiopie, le Vietnam, le Laos...bénéficient d'une certaine délocalisation chinoise de productions textiles ou de gde consommation pour des raisons de surcouts salariaux.
Les effets pervers de la mondialisation, on les retrouve ds les montagnes de déchets et de gaspillage (par l'obsolescence programmée en particulier) produits par ces mêmes pays addicts à la surconsommation de masse.
Mais surtout par l'épuisement accéléré des ressources de la planète, dt le plus vital d'entre tous: l'eau douce, et une pollution aux CO2, NOX, particules fines, métaux lourds...exportée à gde échelle en Chine justement, dt la pollution de l'air des mégapoles n'est certainement pas étrangère à la propagation de la pandémie.
a écrit le 03/04/2020 à 11:05 :
Il faut en finir avec ces tankers polluants , cette pression sur les salaires en raison de l'exploitation de populations pauvres, Bangladesh, Éthiopie etc....
Pourquoi consommer des cerises en janvier , prendre l'avion pour se bronzer dans des pays lointains. Les avions qui sont particulièrement nocifs pour l'environnement,
on prétend qu'ils ne représentent que 1,5 % de la pollution mondiale, on fera le bilan après le confinement. Cette crise sanitaire va peut-être permettre que la réserve halieutique augmente. Ces bateaux usines Chinois et Japonais qui raclent les fonds marins , détruisant tout. On peut espérer qu'après le confinement, les politiques vont réfléchir et changer de paradigme.
Réponse de le 03/04/2020 à 14:29 :
Ne soyez pas plus vert que les Jadot, et autres politiciens verdâtres qui pullulaient. Ils sont aux abonnés absents confinés. Le coronavirus n'a rien à voir avec les cerises qui traversent la terre pour venir dans votre assiette. D'ailleurs, vous n'êtes obligés pas d'en manger. Le monde reviendra tel qu'il était avant cette épidémie. Vous oubliez que les haricots verts qui viennent du Kenya en hiver font vivre sur place une population que certains ne veulent pas voir arriver chez nous. Alors il faudrait se mettre d'accord. De même si on achète des produits à l'étranger, ces pays peuvent ainsi nous acheter nos produits en retour. Peut être pourriez vous lire l'économie pour les NULS durant ce confinement ?
a écrit le 03/04/2020 à 10:41 :
la demondialisation dont on parle, ce n'est pas le near shoring qui a de toute facon lieu depuis pas mal de temps ( pour des raisons de couts, delais etc, cf TCO pour analyse des couts)
ici, il s'agit d'un peu d'opportunisme tout a fait deplace d'alter ultra neo paleo gauchistes, qui apres avoir seme le bordel, ne veulent pas payer les pots casses de leurs actions
la france a mis les boites dehors, elles ne reviendront pas, et surtout pas vu l'environnelent economique a la francaise ( loi pacte, loi florange etc)
elles iront peut etre un peu plus pres, en pologne ou au maroc, mais certainement pas en france......... le roi est nu, vive le roi
kirschner aussi a explique a apple que s'ils voulaient vendre 3 millions d'iphones en argentine ils devaient construire une usine en local a 5 milliards......
notez que plus le pays est petit, plus la capacite de negociation sera faible
on monte une usine en chine pour la chine, pareil pour les etats unis ou l'inde
on n'en monte pas une pour le portugal ou la france
pour l'europe on rejoint la premiere categorie, mais encore une fois ca ne sera pas en france.........
last but not least, votre unsine ' relocalisee en france et fermee par corona virus' vous pose autant de pbs que votre usine chinoise dans le meme cas; faut plutot eclater les risques, ce qui est infaisable pour la grosse indutrie ( cf ecoonomies d'echelle)
Réponse de le 03/04/2020 à 19:26 :
Alors, comment expliquez nous que la France a été le 1er pays de l'UE pour les IDE en 2018 et 2019, permettant de créer ou conforter plus de 30000 emplois qualifiés chaque année ??
Et comment expliquez nous également que les groupes allemands emploient plus de 300 000 emplois ds leur filiales française ??
C'est très facile de dénigrer et de plus c'est porteur, car c'est à la mode chez les commentateurs patentés compétents pour faire du baratin mais incompétents pour fournir la moindre preuve de ce qu'ils avancent.
Et n'oubliez pas une chose, l'usage de l'anglicisme cache svt la misère.
a écrit le 03/04/2020 à 10:09 :
Ah bon ? On nous aurait encore menti ?
On est pas des perdreaux de l'année, on se doutait bien qu'il y avait anguille sous roche.
Bien que parfois ânonnés par des personnes de bonne foi ces messages qui dans le fond veulent dire demain on rase gratis ne servent qu'à restaurer la confiance si cher à la société exclusivement marchande... Ne vous révoltez pas on s'est gourrés mais demain ce sera le paradis, on dirais un message d'Habemus papam !

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