Ce village d'irréductibles macronistes résistera-t-il encore et toujours ? Dans la 7e circonscription des Hauts-de-Seine les militants engagés derrière le député Pierre Cazeneuve se sont mobilisés dès l'annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale. « Le 9, à 21 h 05, j'ai appelé mon imprimeur pour le tract de campagne ; à 21 h 10, j'ai appelé mon banquier pour obtenir un prêt », raconte celui qui dès lors, dans le bistrot où il dîne ce soir-là, les yeux rivés sur un écran de télévision, redevient candidat. La nuit est blanche jusqu'au lendemain. Avec ses collaborateurs, une équipe de jeunes trentenaires, il organise les trois semaines à venir. L'objectif est d'aller convaincre « un à un » les électeurs de Garches, Rueil-Malmaison et Saint-Cloud, ceux qui hésitent, tentés par un vote de gauche, déçus par Emmanuel Macron, ou séduits par les promesses de Jordan Bardella.
« Pendant les européennes, on a senti moins d'engouement sur le terrain, décrit Pierre Cazeneuve, qui fut de 2020 à 2022 chef de cabinet adjoint à l'Élysée. Notre électorat de centre gauche a choisi Raphaël Glucksmann. D'autres, qui ne nous ont pas trouvés assez durs sur les sujets régaliens, sont allés chez Bardella ou Bellamy. Après sept ans de mandat du président, on observe une lassitude à notre égard. » L'usure du pouvoir, des petites phrases qui ont déplu et une incompréhension face à la dissolution sont les raisons invoquées pour expliquer le rejet dont fait l'objet le chef de l'État.