Le « Make Europe Great Again » de Macron
Philippe Mabille
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PHILIPPE MABILLE
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Le parallèle est saisissant. En 2012, à quelques mois de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy et François Hollande plaident de concert pour que la Banque centrale européenne soutienne plus la croissance. Le premier veut ouvrir un « dialogue » avec l'institution de Francfort, alors présidée par l'Italien Mario Draghi, conscient que la perspective de réécrire en ce sens le traité de Maastricht est audacieux. Le second pousse pour « renégocier » ledit traité : « Mieux vaut que l'objectif de l'emploi et de la croissance soit affirmé avec autant de force que le rétablissement des comptes », selon François Hollande, qui fera de la finance l'adversaire sans visage à abattre dans son célèbre discours du Bourget le 22 janvier 2012.
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Douze ans plus tard, dans un autre discours qui restera sans doute dans l'Histoire comme fondateur d'une nouvelle vision de l'Europe, un autre président français, Emmanuel Macron, a comme un miroir évoqué la nécessité de réviser le traité de Maastricht. « On ne peut pas avoir une politique monétaire dont le seul objectif est l'inflation, qui plus est dans un environnement économique où la décarbonation est un facteur d'augmentation des prix structurels. Nous devons lever le débat théorique et politique de savoir comment intégrer dans les objectifs de la Banque centrale européenne au moins un objectif de croissance, voire un objectif de décarbonation, en tout cas de climat pour nos économies », a-t-il énoncé au milieu de son discours fleuve de la Sorbonne jeudi en fin de matinée.
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