Les aides à l'embauche d'un apprenti bien revues à la baisse en 2025
latribune.fr
L'année prochaine, les aides à l'apprentissage vont passer à 5.000 euros pour les PME, et 2.000 euros pour les entreprises plus grandes.
Martin Bertrand/ Hans Lucas via Reuters
Les aides à l'embauche d'un apprenti bien revues à la baisse en 2025
Grâce à ces aides, le nombre de contrats d'apprentissage a fortement augmenté en France. Leur coût significatif pour les finances publiques a toutefois conduit le gouvernement à réduire la voilure l'année prochaine.
[Article publié le mardi 31 décembre 2024 à 09h10 et mis à jour à 13h52] Une bonne nouvelle en demi-teinte. Si les aides pour l'embauche d'un apprenti vont être maintenues pour toutes les entreprises en 2025, leur montant va être abaissé, a confirmé le ministère du Travail lundi 30 décembre. Les montants vont donc passer à 5.000 euros pour les PME et à 2.000 euros pour les entreprises de taille intermédiaire. L'aide aux entreprises de 250 salariés et plus, elle, continuera à être soumise à des conditions supplémentaires, concernant la proportion d'alternants ou de contrats d'insertion professionnelle. Pour rappel, le dispositif actuel, qui prévoit une aide de 6.000 euros pour toutes les entreprises, expire fin 2024.
«En l'absence de décision, l'aide n'aurait concerné que les contrats préparant à des diplômes de niveau bac et infra bac, et pour les seules entreprises de moins de 250 salariés, soit moins d'un tiers des contrats», justifie le ministère dans un communiqué.
En réaction, l'U2P, organisation patronale représentant les entreprises de proximité, a réclamé au gouvernement de renoncer à ce projet. Dans un communiqué dévoilé ce mardi, l'organisation « s'étonne que cette mesure soit prise dans la précipitation, sans attendre le discours de politique générale du Premier ministre », le 14 janvier, « et regrette que les partenaires sociaux n'aient pas été davantage associés ».
Onéreux pour les finances publiques
Le gouvernement avait précisé que le choix a été fait « de préserver une aide pour chaque contrat, quel que soit le niveau de diplôme préparé ». Ainsi, « nous permettons également aux entreprises de bénéficier des compétences indispensables à leur développement », avait précédemment défendu la ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet, citée par le communiqué.
La décision gouvernementale doit encore faire l'objet d'un décret qui sera publié « courant janvier après saisine de la Commission nationale de la négociation collective, de l'emploi et de la formation professionnelle (CNNCEFP) », indique encore le communiqué.
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Grâce notamment à ces aides qui réduisent le coût d'un apprenti pour l'employeur, le nombre de contrats d'apprentissage a fortement augmenté en France, jusqu'à dépasser un million fin 2023. Résultat, leur coût pour les finances publiques a plus que doublé entre 2018 et 2021, dépassant les 20 milliards d'euros, selon France Compétences. Le projet de budget 2025, aujourd'hui caduc, prévoyait de faire 1,2 milliard d'économies sur ces aides.
Du pour et du contre
Mi-septembre, en marge des Worldskills à Lyon, une sorte d'olympiades des métiers, le patron du Medef, Patrick Martin, avait fait savoir qu'il était réticent à un « rabotage » des aides à l'apprentissage. « On est parfaitement conscient des contraintes budgétaires très fortes, mais ce serait un peu paradoxal », après le succès rencontré par l'apprentissage « à tous les niveaux de qualification », avait-il ajouté. Et de poursuivre : « Il faut être très attentif à ce que les considérations d'économie budgétaire nécessaires ne viennent pas casser cette dynamique »,avait-il mis en garde.
Mais le dispositif fait aussi l'objet de critiques. Outre le coût, ces types de contrats se seraient substitués, selon l'économiste rattaché à l'OFCE, Bruno Coquet, à des emplois en CDD ou CDI. Des effets de substitution estimés à 200.000 emplois, d'après l'expert. Par ailleurs, les aides à l'apprentissage profitent, selon lui, en grande partie, à des entreprises qui emploient des étudiants fortement diplômés (Bac +4, Bac +5, etc.).