Thibaut Guilluy, DG de France Travail : « On ne joue pas avec les chiffres »
Fanny Guinochet (propos recueillis)
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Nouvelles catégories de demandeurs d'emploi, vigilance resserrée sur les abus... Thibaut Guilluy répond à nos questions sur le futur de France Travail.
ENTRETIEN EXCLUSIF — Anticipant une forte hausse du chômage en 2025, France Travail parie sur l’IA et la data pour affronter une année cruciale. Rencontre avec Thibaut Guilluy, directeur général de l'agence.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Le 1er janvier 2025, tous les allocataires du RSA devront être inscrits à France Travail. Comment cela va-t-il se passer ?
THIBAUT GUILLUY — Au cours du mois de janvier prochain, tous les bénéficiaires actuels du revenu de solidarité active et plus de 200 000 jeunes en mission locale vont être inscrits automatiquement à France Travail, soit au minimum 1,2 million de personnes supplémentaires.
S'y ajouteront toutes les personnes qui, à partir de janvier, feront une demande de RSA ou solliciteront un accompagnement auprès de tout acteur du réseau pour l'emploi (conseils départementaux, missions locales, etc.). Aucune nouvelle démarche ne sera nécessaire. Les nouveaux inscrits déjà accompagnés poursuivront leur parcours.
Les autres auront un entretien téléphonique ou physique avec un conseiller, pour les orienter vers le parcours d'accompagnement le plus adapté dans le délai le plus court possible. Là où, aujourd'hui, il faut parfois attendre entre trois et cinq mois, il ne faudra plus qu'entre quinze jours et un mois avant d'entrer dans un parcours.
Comment absorber autant de nouveaux inscrits ?
La réforme sera progressive puisque nous avons deux ans, selon la loi, pour proposer un accompagnement rénové aux actuels bénéficiaires du RSA. S'agissant de la charge de travail pour nos conseillers, nous adaptons les modalités d'accompagnement à l'autonomie et aux besoins de chaque demandeur d'emploi.
Par exemple, nos conseillers suivent entre 40 et 50 jeunes en difficulté dans le cadre du contrat d'engagement jeune, mais pour des demandeurs d'emploi plus autonomes - certains cadres, créateurs d'entreprises, etc. -, le conseiller peut en suivre plusieurs centaines. D'où l'importance de l'entretien qui suit l'inscription pour connaître de façon plus fine les attentes de chacun (aspirations professionnelles, mobilité...).
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