Les "gilets jaunes" toujours dans la rue pour leur acte 20

En dépit des différentes interdictions à manifester partout en France, le mouvement des "gilets jaunes" a maintenu sa mobilisation ce samedi 30 mars. Le ministère de l'Intérieur a recensé 5.600 manifestants à 14h00 en France, dont 1.800 à Paris. Un comptage contesté par les "gilets jaunes". Quelques échauffourées se sont produites à Avignon.

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(Crédits : Charles Platiau)

Les "gilets jaunes", indifférents au débat national lancé par Emmanuel Macron pour résoudre cette crise inédite, défilaient lors de leur vingtième samedi consécutif pour réclamer plus de justice sociale, en dépit des interdictions de manifester visant à éviter de nouveaux heurts.

Le ministère de l'Intérieur a recensé 5.600 manifestants à 14h00 en France, dont 1.800 à Paris. Un chiffre en baisse par rapport aux 8.300 annoncés par le ministère samedi dernier à la même heure (dont 3.100 dans la capitale). Le comptage des autorités est contesté par les "gilets jaunes", qui annoncent leur propre chiffre chaque semaine.

Dans la capitale ensoleillée, le cortège est arrivé à destination (place du Trocadéro) en milieu d'après-midi dans une ambiance bon enfant, selon des journalistes de l'AFP. A 14h, la police avait procédé à 25 interpellations, 20 verbalisations pour avoir manifesté sur le périmètre interdit et 8.053 contrôles préventifs, selon la préfecture.

Échaudée par les saccages sur les Champs-Elysées voici deux semaines, la préfecture de police de Paris (PP) a de nouveau interdit les manifestations sur la célèbre avenue, ainsi que dans un périmètre incluant l'Elysée et l'Assemblée nationale. La préfecture craint néanmoins "des déambulations erratiques" ou des "cortèges sauvages" lors de leurs dispersions.

Hausse attendue de la participation en région

Les autorités s'attendent à une hausse de la participation en région. Face au lourd dispositif policier déployé à Paris, elles craignent aussi une délocalisation des heurts dans les villes de province.

Vingt-sept arrêtés d'interdiction établis par les préfectures ont été recensés, selon une source policière. La nouvelle contravention de 135 euros, à laquelle s'exposent ceux qui bravent l'interdit, reste en vigueur après le rejet vendredi par le Conseil d'Etat du recours de la Ligue des droits de l'homme

A Bordeaux, plusieurs milliers de personnes manifestaient et de nombreux commerçants ont fermé boutique, répondant à l'appel du maire à décréter "ville morte" ce bastion du mouvement, face à la menace de violences. Le nombre de manifestants était évalué au double de la semaine dernière (soit près de 5.000).

A Nice, quelque 300 personnes se sont dirigées vers l'hôpital où Geneviève Legay, militante d'Attac, blessée il y a une semaine, est toujours hospitalisée. Le procureur a déclaré vendredi que la chute de la septuagénaire avait été provoquée par un policier, qui a rectifié son témoignage après avoir affirmé avoir poussé un homme.

"Le but est d'aller faire un petit coucou à Geneviève", a expliqué un responsable des "gilets jaunes" et de "lui apporter des ondes positives".

Les policiers en ont "ras le bol" d'être des "boucs émissaires", a dit à l'AFP Frédéric Lagache, secrétaire général du syndicat de police Alliance. "Cela fait vingt week-ends de suite que nous sommes mobilisés, vingt week-ends de suite sans repos et vingt week-ends de suite que l'on nous critique".

Des échauffourées à Avignon

Quelques échauffourées se sont produites à Avignon entre manifestants et forces de l'ordre, qui ont tiré des grenades pour les disperser.

"Vivre, pas survivre de mon salaire", a écrit à Lille Marie, 38 ans, sur son gilet jaune. "Je veux trois choses: la hausse des salaires, la baisse des taxes et le RIC (référendum d'initiative citoyenne) ! Je continuerai jusqu'à ce que j'ai obtenu les trois !".

"Je serai là jusqu'à la fin, même si c'est jusqu'à la fin du mandat de Macron, même s'il y a des violences. Tout ça est trop important", juge pour sa part Gladys Gabisson, une retraitée de 68 ans qui manifeste tous les samedis, à Lille.

Pour Alexandre Chantry, un des organisateurs du mouvement dans le Nord, "cette semaine le mot d'ordre, c'est la fin des expulsions, alors que s'achève la trêve hivernale. On ne veut plus de SDF qui meurent dans la rue".

Dans le centre de Toulouse, plusieurs centaines de personnes étaient présentes au départ de la manifestation. La préfecture de la Haute-Garonne a renouvelé son interdiction de manifester place du Capitole.

La Fédération bancaire française a appelé samedi à ce que cessent les violences qui ont visé des centaines d'agences depuis le début du mouvement.

Dans le cadre du grand débat visant à apporter des réponses concrètes aux revendications des "gilets jaunes", censé pourtant être achevé depuis une semaine, Emmanuel Macron poursuit ses rencontres avec les maires. Après la Bretagne mercredi, Emmanuel Macron doit clore jeudi en Corse son tour des régions.

Samedi dernier, pour l'acte 19, 40.500 personnes ont manifesté en France, dont 5.000 à Paris, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, contestés par les "gilets jaunes" dont le propre comptage a recensé 127.212 manifestants dans tout le pays.

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Commentaires 17
à écrit le 31/03/2019 à 14:52
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Le nombre d'actes ne plaide pas en leur faveur, réunissant quelques milliers de manifestants. La violence restant le seul et unique moyen d'occuper le devant de la scène médiatique. En observateur, je n'ai toujours pas compris leurs revendications en...

à écrit le 31/03/2019 à 9:54
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Le ridicule de ce mouvement, néanmoins fasciste dans ses bases, va finir par le tuer..On se demande bien ce que notre Président démocratiquement élu, M.Macron a fait aux GJ, si ce n'est revenir sur des mesures cosmétiques (les baisses de 5 euros des ...

le 31/03/2019 à 12:04
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Votre propagande pour l' oligarchie qui est à l' origine de la politique d' austérité qui a généré les Gilets Jaunes avec les GOPE-de-bruxelles-de-Macron est amusante à lire, croyez-vous que les français qui soutiennent les GJ à 60 % ...

le 31/03/2019 à 13:08
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@Biglouton: où avez-vous vu une politique d'austérité. Un pays qui est en déficit depuis 40 ans n'est pas austère. Cherchez le mal ailleurs, et dans votre tête.

le 31/03/2019 à 15:17
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et la csg et la non indexation des pensions et la hausse des mutuelles qui devaient sois disant ne pas augmenter , le gaz oil plus cher...etc c'est encore un parisien bien loti nous c'est la france des campagnes

le 01/04/2019 à 8:41
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Vous ne payez pas assez d'impôt puisque vous recevez par personne environ 1700 euros par mois de services publics, et que la redistribution voisine les 700 milliards. Reprenez vos cours d'arithmétique!

à écrit le 31/03/2019 à 7:11
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Marre de voir le même scénario tous les samedis et la destruction des biens et du commerce. Marre de ces idées communistes et de la jalousie des français envers celui qui tente de réussir !! Le vivre ensemble est sérieusement impacté.

le 31/03/2019 à 9:43
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Marre de ce president qui fait son cinema mais ne prend aucune decision marre de cette France qui n'est plus gouvernnee

à écrit le 30/03/2019 à 23:52
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Que représente aujourd’hui les gilets jaunes hormis une caricature d eux mêmes : Un groupe épars réunissant anarchistes Capricieux, extreme droite , extrême gauche , 120000ou 150000 personnes au comportement anti- démocratique inadaptées au réalit...

le 31/03/2019 à 0:17
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Les GJ ont encore le soutien de la moitié de la population alors que pour 70% des français Macron est un bon à rien, qui de plus est arrogant et donneur de leçons.

le 31/03/2019 à 8:27
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A Brehat. Melangez pas tout et pensez qu'il y a des gens qui tirent le diable par la queue des le molieu de chaque mois. Micron est incapable tout comme vous de comprendre cela. Ils ont raisons, on vous restreint de plus en plus votre liberte et v...

à écrit le 30/03/2019 à 23:19
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Ils sont devenus insupportables... Quotidien a interviewé deux black blocks récemment. Même discours incohérent que ce qu'on entend chaque samedi. Finalement c'est parole en jaune et action en noir. Totalement grotesque maintenant. J'interpelle le ...

le 31/03/2019 à 8:30
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C'est cela oui. Qu'on envoie l'armee et les tanks. Vous vous croyez au XIXeme ? Thiers est mort.

le 31/03/2019 à 10:13
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@matins calmes Pas de tanks au XIXe par contre, s'il faut une rallonge budgétaire pour faire rentrer dans leur niche tous ces bolchev qui s'imaginent être revenus en 1917, alors je cotise à l'aise

le 31/03/2019 à 10:24
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"et par la force"... surtout pas, il ne faut pas donner à ce résidu de bras cassés à QI négatif l'occasion de se fabriquer des martyrs. Ce qu'il faut c'est des sanctions pénales et pécuniaires extrêmement sévères (et appliquées) à l'encontre de ceux ...

le 31/03/2019 à 10:26
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@matins calmes Thiers est mort, et nous n'en avons malheureusement pas de nouveau. Mais un nouveau Jules Moch pourrait parfaitement faire l'affaire.

à écrit le 30/03/2019 à 22:29
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Démocratie = RIC + FREXIT, c' est pourtant facile d' entrer dans une démocratie apaisée.

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