Les pharmaciens pressent pour pouvoir vacciner, malgré la grogne des médecins

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Autoriser les pharmaciens à vacciner les patients "sous certaines conditions" permettrait d'améliorer la couverture vaccinale en France, a plaidé mardi 12 juillet la présidente de leur Ordre, Isabelle Adenot, appelant à l'arrêt des "guerres de chapelles", notamment avec les médecins.
Le médecin resterait "celui qui prescrit la vaccination", et les pharmaciens ne seraient habilités qu'à vacciner "des adultes" pour "des rappels", a-t-elle développé à l'occasion de la publication de la 9ème édition des Cahiers de l'Ordre national des pharmaciens.
Autres conditions nécessaires à la vaccination en officine, l'obligation pour les pharmaciens volontaires de se former et de disposer d'un espace dédié, à l'instar de ce qui se fait dans d'autres pays, comme aux Etats-Unis, depuis 1995, au Royaume-Uni depuis 2002, au Portugal depuis 2007, en Irlande depuis 2011 ou encore au Canada depuis 2012. "Selon les pays", la mesure a permis d'augmenter de 10 points voire plus la couverture vaccinale, assure-t-elle.
Or, "les Français ne se vaccinent pas assez", a rappelé Isabelle Adenot, chiffres à l'appui: près de 20% des 15 à 75 ans estiment ne pas être à jour de leur vaccin, et seuls 46% des plus de 65 ans étaient vaccinés contre la grippe lors de la saison 2014-2015, loin des 75% minimum visés par l'Organisation mondiale de la Santé.
Les pharmaciens, qui se plaignent de la situation "catastrophique" de leur secteur, ont également des intérêts économiques à faire valoir. La possibilité d'offrir des services de vaccination, si le service est monétisé, pourrait être une des solutions pour aider les pharmacies d'officines à améliorer leur santé économique.
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Dans son projet initial, la loi santé devait ouvrir la vaccination aux pharmaciens, mais la levée de boucliers suscitée chez les médecins avait contraint le gouvernement à rétropédaler. Plusieurs syndicats de médecins avaient appelé à la grève en 2014, suite aux annonces de Marisol Touraine.
La présidente de l'Ordre a également annoncé le déploiement en septembre du volet vaccination du dossier pharmaceutique (DP), ouvert par quelque "35 millions de Français". Les données concernant les vaccins délivrés pourront désormais y rester 21 ans, contre 4 mois pour les médicaments (hors biosimilaires).
Le DP a vocation à alimenter le dossier médical partagé (DMP), sorte de carnet de santé numérique, que doit relancer l'Assurance maladie, a rappelé Mme. Adenot.
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Face à la défiance montante de la population à l'égard de la vaccination, le gouvernement a lancé cette année une "grande concertation citoyenne" qui pourrait déboucher sur une évolution de la politique vaccinale, notamment sur les vaccins obligatoires.
(Avec AFP)
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