Lingots d'or, voiture de luxe... l'Etat vend des biens saisis aux fraudeurs
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Les objets exposés à Bercy proviennent de 14 enquêtes. (Photo d'illustration)
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Les objets exposés à Bercy proviennent de 14 enquêtes. (Photo d'illustration)
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Dans la salle des conférences du ministère de l'Économie et des Finances, ce jeudi 30 janvier, une effervescence peu commune a animé les lieux. Des amateurs de belles voitures, des collectionneurs de montres de luxe et des acheteurs avertis se sont pressés pour assister à une vente exceptionnelle orchestrée par l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc). Près de 300 lots ont été mis en vente, composés de voitures haut de gamme, de bijoux et montres de luxe, de lingots d'or et de pièces de vaisselle de grandes maisons.
La vente a finalement rapporté 3,7 millions d'euros, taxes comprise, pour une mise à prix d'un total de 2,4 millions, a précisé à l'AFP Stéphane Meijer, responsable des ventes des enchères du Domaine (DNID).
Cette vente, ouverte au public, représentait un enjeu bien plus important qu'un simple évènement d'enchères. En 2024, l'Agrasc a saisi plus de 1,3 milliard d'euros d'actifs dans le cadre d'enquêtes pénales. Grâce à ces ventes, l'État non seulement renfloue ses caisses, mais participe aussi à l'indemnisation des victimes et au financement d'actions publiques et sociales. Une partie des fonds est ainsi allouée à la lutte contre la criminalité, notamment via la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA).
Les objets exposés ce jeudi à Bercy provennaient de 14 enquêtes menées par l'Office national anti-fraude (ONAF) sous la direction de plusieurs parquets, dont ceux de Paris, Lyon, Bordeaux et Metz. Ces affaires concernent des fraudes fiscales, sociales, douanières et des blanchiments d'argent. La célèbre Porsche 911 GT3 RS, vedette de la vente, a été saisie dans le cadre d'une fraude à la TVA. Les 23 lingots d'or, estimés à 65 000 euros pièce, sont issus d'une enquête pour blanchiment impliquant des transferts de fonds entre la France et Dubaï.
« Tous ces objets font partie de saisies dans le cadre d'enquêtes menées par l'ONAF, l'Office national anti-fraude. Concrètement, on a des gens qui devaient de l'argent au fisc. Les jugements ne sont pas encore passés, mais l'Agrasc nous confie ces objets pour les vendre », a expliqué à l'AFP Stéphane Meijer, responsable des ventes du Domaine (DNID). Christophe Perruaux, directeur de l'ONAF, insiste sur l'importance de ces saisies : « Notre obsession est de montrer que le crime ne paie pas. »
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L'Agrasc ne se limite pas aux biens matériels de luxe. Les cryptomonnaies prennent une place croissante dans les saisies. En 2023, près de 28 millions d'euros en cryptoactifs ont été récupérés par la police et la gendarmerie, un chiffre encore jugé insuffisant au regard des 3,5 à 6 milliards d'euros générés chaque année par le narcotrafic. Les enquêteurs s'adaptent à cette nouvelle réalité en multipliant les techniques d'investigation, retrouvant parfois des « seed-phrases », ces codes d'accès aux portefeuilles numériques, dissimulés sur des post-it ou même au dos de photos de famille.
L'argent récupéré dans ces enchères est réinvesti dans plusieurs domaines. Outre son versement au budget général de l'État, il finance également des initiatives ciblées, comme la lutte contre le proxénétisme, comme le révèle Ouest-France. En 2024, deux millions d'euros issus de ces ventes ont été alloués aux associations d'aide aux victimes de prostitution.
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Avec cette vente de prestige, l'État affiche clairement sa politique de fermeté face à la fraude et à la criminalité financière. Loin d'être une simple opération de communication, elle s'inscrit dans un dispositif plus large visant à décourager les pratiques illégales et à garantir que les fonds détournés soient réinjectés dans des usages d'intérêt général.
(Avec AFP)
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