Le ministre de l'Economie a évoqué lundi quelques pistes de son projet de loi destiné à favoriser les "nouvelles opportunités économiques" (#noé), qui sera présenté au Conseil des ministres en janvier.
"C'est une bataille culturelle". Il va falloir repenser "notre façon de produire, d'entreprendre, d'innover". C'est en tout cas ce qu'a déclaré le ministre de l'Economie Emmanuel Macron ce lundi 9 novembre à Bercy, lors d'une concertation publique entre chercheurs, économistes, financiers, et chefs d'entreprises, qui ont pu échanger sur les "nouvelles opportunités économiques de croissance" (#noé) offertes par la révolution technologique actuelle.
Premier intervenant : le Français Frédéric Mazella, fondateur de BlaBlaCar, leader du covoiturage entre particuliers. Un bon exemple de réussite à la française, puisque la jeune pousse lancée en 2006 fait désormais partie du cercle des licornes, les startups valorisées plus d'un milliard de dollars...
De quoi mentionner la fuite des cerveaux, à éviter à tout prix. "La mère des batailles, c'est d'attirer et de retenir les talents", a ainsi rappelé Emmanuel Macron, glissant qu'il fallait en finir avec "les corporatismes". Et de poursuivre:
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"Il faut aider les gens à réussir" (...) "L'Etat a un rôle à jouer et il est important : accompagner et soutenir plutôt que brider et empêcher"
Autre exemple de "talent", le ministre a cité à de nombreuses reprises la plateforme technologique qui met en relation passagers et voitures de transport avec chauffeur, née aux Etats-Unis en 2009, Uber. Tout en rappelant que l'entreprise n'était certes pas française, mais que ça n'était pas une raison pour ne pas l'intégrer dans le modèle hexagonal. Bien au contraire. Emmanuel Macron a ainsi assuré qu'il fallait "lui permettre de payer des impôts en France". Ajoutant en filigrane que l'optimisation fiscale pratiquée par l'Américaine était loin d'être nouvelle, et surtout qu'une solution à ce problème étudié à Bruxelles devrait être rapidement trouvée.
Et comme Uber cristallise les craintes liées au salariat, notons à cet égard que le ministre a rappelé que si les chauffeurs professionnels roulant pour la plateforme créée par Travis Kalanick sont des indépendants, la majorité des taxis le sont aussi.
Emmanuel Macron a notamment insisté sur le fait qu'Uber ne s'inscrivait pas dans l'économie collaborative comme Airbnb ou Blablacar, mais qu'il s'agissait d'une entreprise avec des professionnels. Tout en notant au passage la nécessité de faire converger les statuts d'auto-entrepreneur et d'artisan - source de tensions entre taxis et VTC -, afin qu'ils aient la même simplicité déclarative et fiscale. Avec une absence de cotisations en cas d'absence de chiffre d'affaires, puis avec un pourcentage progressif.
Enfin, pour apaiser ceux qui seraient tentés de croire que ce type de métiers tend à conduire à la fin du salariat, le ministre a également rappelé que le nombre de non-salariés était en baisse depuis les années 1990. Ce que montre d'ailleurs ce tableau de l'Insee.
Par ailleurs, Emmanuel Macron en a profité pour rappeler:
"On n'a pas très bien réussi en France la bataille de la robotisation".
Aussi, il s'agit de ne pas rater celle de la révolution numérique qui présente "un potentiel immense pour la France en termes d'activité et d'emploi, a-t-il souligné:
"La clef, c'est qu'on arrive à gagner cette bataille en innovant plus vite, mieux, et en pensant tout de suite mondial"