Manuel Valls, un retour politique inattendu aux Outre-mer
La Tribune (avec AFP)

Le portefeuille ultramarin dont Manuel Valls hérite n'est pas sans turbulences.
Reuters
La Tribune (avec AFP)

Le portefeuille ultramarin dont Manuel Valls hérite n'est pas sans turbulences.
Reuters
Après une longue éclipse sur la scène politique française, Manuel Valls, ex-Premier ministre sous François Hollande, revient sur la scène politique, au ministère des Outre-mer. Un retour inattendu marqué par des défis majeurs, et le souvenir d'un parcours politique tumultueux.
Après son échec dans la conquête de la mairie de Barcelone et une tentative infructueuse aux législatives de 2022 dans la circonscription des Français de l'étranger, Manuel Valls, 62 ans, semblait relégué aux marges de la vie publique. Ce Catalan naturalisé français en 1982 avait pourtant connu une ascension fulgurante, passant de maire d'Évry à Premier ministre entre 2014 et 2016. Honni par une partie de la gauche pour ses positions jugées droitières, il revient désormais en tant que ministre d'État, chargé de gérer les crises multiples touchant Mayotte, les Antilles et la Nouvelle-Calédonie.
Le portefeuille ultramarin dont Manuel Valls hérite n'est en effet pas sans turbulences. L'ouragan Chido a laissé Mayotte en ruines, tandis que les émeutes de mai en Nouvelle-Calédonie témoignent d'une situation explosive sur le territoire. Dans les Antilles, la vie chère reste une préoccupation majeure. Face à ces dossiers complexes, son expérience pourrait s'avérer précieuse, notamment en Nouvelle-Calédonie, où il pourrait s'inspirer des accords de Matignon de 1988 qu'il connaît bien, ayant été proche de Michel Rocard à l'époque.
À lire également
Reste la chimie politique du personnage, Manuel Valls n'ayant jamais laissé indifférent. Défenseur acharné de la sécurité et de la laïcité, il a marqué son passage au ministère de l'Intérieur (2012-2014) par une rhétorique musclée. Premier ministre, il a polarisé avec son soutien à la déchéance de nationalité, l'approbation de l'interdiction du burkini, et la défense de la loi Travail. À gauche, on se souvient aussi de ses prises de position contre la « gauche passéiste », et de son appel à un « rapprochement des progressistes » de droite et de gauche. Une ligne idéologique qui lui a valu autant de soutiens que d'inimitiés.
La Tribune (avec AFP)